LE CHARBON DES MOUTONS
IFFÈRE de celui qui affecte les autres animaux, en ce qu'il se manifeste aux parties dénuées de laine, par un gros bouton, dur et âpre, dont le centre est 7 noir, qui fait des progrès rapides, et
parvient à la grandeur d’une piastre.
Vers le milieu et tout autour de cette tumeur enflammée, il s'élève des vessies remplies d’une sérosité âcre, caustique, qui en coulant fait l'effet d’un corrosif, et communique le mal aux parties voisines ; quelquefois les environs de cette tumeur sont de couleur livide, et donnent des marques visibles de gangrène.
Ce mal est contagieux, et exige conséquemment qu'on tienne à part les bêtes qui en sont atteintes. Lorsque le mal est accompagné de la fièvre, l'animal est abattu, ne rumine plus, et meurt quelquefois le second jour, surtout lorsque le charbon s’affaisse ioutrh-Qoup, ou qu'il est accompagné de diarrhée.
Aussitôt que le charbon se manifeste, il faut l’amputer, ou le scarifier avec un instrument tranchant, pour le faire dégorger et empêcher les progrès de la gangrène ; le cerner ensuite avec l'esprit de vitriol, ou le beurre d’antimoine ; étuver la partie avec de l’eau-de-vie cam-
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phrée ;: ou avec une décoction de rue, ou de quinquina, une infusion de sabine et de sauge saturée de sel ammoniac, dans du bon vin; toucher toutes les parties livides avec l'esprit de vitriol ; faciliter la chûte de l’escarre avec du beurre ; aussitôt tombée panser la plaie avec le digestif ordinaire; laver la plaie, à chaque pansement, avec du vin chaud; donner, dans le cours de la maladie, si la fièvre n’est pas forte, des breuvages de deux drachmes de genièvre dans un verre de vin, et terminer la cure par un purgatif de deux drachmes de feuilles de séné, de pulpe de tamarin, et de sel de nitre, sur lesquels on verse une demi-livre d'eau bouillante.