‹ Traité d'agriculture pratique [microforme] (volume 2)Chapitre 19 sur 80 · ESPECE PORCINE · texte numérisé non relu

ESPECE PORCINE

* E quadrupède est remarquable par sa conformation, ses habitudes, sa lascivité et sa gloutonnerie. Il prospère dans toutes les contrées et est peu difficile

CS dans le choix de sa nourriture.

L'éducation des cochons est d'une fa-

cilité extrême ; les bénéfices qu’ils don-

ment sont incontestables ; sa chair, son sang,

ses entrailles, jusqu'à son poil, tout est profi-

table, son fumier même est un engrais puissant.

Tls fournissent dans les métairies une viande

prête à devenir un mets fondamental du repas,

ou à assaisonner les herbages, les légumes et

les racines potagères, dont l’usage convient Aux cultivateurs.

Quoiqu'ils paraissent avoir du plaisir à se vautrer dans la fange, cependant ils n’éngraissent jamais dans la malpropreté ; en sorte qu’il est avantageux de les laver souvent à grande eau, et de les tenir nets en enlevant leurs ordures et leur donnant souvent de la litière, quand ils sont renfermés dans leurs porcherie,

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Choix des reproiucteurs. ,

Il y a plusieurs races de cochons, la première est celle à grandes oreilles ; mais comme elle n’est ni robuste ni féconde, on a donné lapréférence à la seconde, quoique moins robuste, parce qu'elle donne plus de profit au cultivateur, qu'elle s’engraisse plus facilement et plus promptement. Elle a la tête longue et grosse, le front saillant et coupé droit, l'oreille large et pendante. La troisième race a le poil noir et rude, le cou court et gros, le corps large et ramassé. (C’est du croisement de ces races qu'est sortie la race pie, fort répandue dans le pays et la plus estimée. Elle se distingue par les couleurs du poil mêlé de blanc, de noir et de roux.

Un cultivateur qui entend bien ses intérêts doit avoir soin d'améliorer la race de cochons qu’il possède, si elle n’est pas la meilleure; s'ils sont de la meilleure race il doit la propager, en faisant choix d’un bon verrat; et à cette fin il en choisira un qui ait les yeux petits et ardents; la tête grosse, le cou grand et gros et les jambes courtes et grosses, le corps long, le dos droit et large, d’un an et demi ou de deux ans.

Il doit choisir des truies conformées comme le verrat, du même âge, d'un naturel tranquille et fécondes, avec un ventre ample, des mamelles longues et nombreuses et des soies douces. Elles portent cent treize jours. Leur portée est de huit à douze petits.

Porcherie des truies portieres.

Aussitôt qu'elles sont pleines, il faut les sé-

parer du verrat et augmenter leur nourriture non pas au point de les engraisser, mais simplement pour qu'elles aient suffisamment du lait pour allaiter la famille naissante.

Quand elles sont délivrées il faut les fortifier en leur donnant un mélange d’eau tiède, avec du lait et de l’orge ramollis par la cuison, et ensuite tout ce qui sort de la cuisine et de la laiterie qu’on laisse sûrir exprès.

Elevage du porc.

Les premiers soins qu’on donne aux cochonnets est de les accoutumer à têter : au bout de trois semaines on doit ôter quelques-uns et n’en laisser à chaque mère que six ou huit.

Au bont de deux mois on les sèvre et les sépare des mères : on leur donne du petit lait chaud, dans le commencement, dans lequel on délaie du caillé, du son gras, de la farine d'orge, de seigle ou de blé-d’inde. Un mois après on augmente leur nourriture de feuilles de choux, de patates et d’autres racines potagéres on doit les accoutumer petit à petit au régime, ordinaire.

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