‹ Traité d'agriculture pratique [microforme] (volume 2)Chapitre 44 sur 80 · FROMENT · texte numérisé non relu

FROMENT

RDINAIREMENT on sème les céréales sur deux labours, un d'automne et l’autre du printemps, dans les terres fortes comme dans les légères. (Ceux qui ont 7 des engrais doivent les répandre sur le © terrain avant de labourer, et ne pas les laisser trop longtemps exposer à l’air avant de les enterrer par le labour, parce qu'ils perdent de leur qualité; on ne doit point retarder, après le second labour, de semer, de crainte que la terre ne durcisse au point de ne pouvoir être convenablement émiettée par la herse.

Plusieurs veulent que l’on sème sous la raie et d’autres après le hersage; ils peuvent avoir des raisons fondées sur l'expérience ou sur des circonstances particulières ; mais en général} il est mieux de semer après avoir passé la herse une ou deux fois, car le blé trop enterré pourrit, ou lève si tard, que sa maturité est trop retardée pour être coupé avantageusem: ‘t dans le même temps que celui qui a été moins enterré par un simple hersage, aussitôt Le: ph

la semence.

LE CHAULAGE,

N doit être bien particulier sur le choix de la plus belle semence et de la plus nette; je ne saurais trop recommander

c© de cnauler toute espèce de grains avant de le semer; le chaulage, au moyen de

la chaux, détruit les germes de la carie

et du charbon, deux maladies qui n'existent dans le pays que depuis quelques années, maïs qui commencent à y causer de grands ravages, Le chaulage consiste à faire de l’eau blanehe

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avec de la chaux, dans une cuve; d'avoir un panier dans lequel on met les grains, que l’on enfonce dans la cuve ; on brasse les grains dans le panier avec une palette de bois, jusqu’à

ce qu’ils soient bien emprégnés, ensuite on les

étend sur un drap pour les faire essorer, et on les sème aussitôt après.

Il y a plusieurs manières de répandre la semence sur la terre, mais comme celle que l’on suit en Canada est bonne, et qu'elle est encore usitée en Europe malgré les nouvelles méthodes que l’on a essayées d'y introduire, j'engage les cultivateurs à s’y tenir ; j'ai vu des semeurs assez adroits pour semer avec une régularité étonnante, sans en répandre dans la raie qui sépare les planches.

Quand le grain est chaulé, on doit le semer plus clair que lorsqu’il ne l’est pas, ce qui est une épargne, et lui donne un fort degré de germination. |

Deux minots de blé suffisent pour un arpent de terre en superficie, ainsi que trois minots d'avoine, de pois, ou de fèves; quelques-uns mêmes prétendent que la moitié de cette quantité donnerait une meilleure récolte dans des terrains d’une moyenne fertilité.

Les cultivateurs ont sans doute eu de bonnes raisons pour avoir abandonné les semences de blé et de seigle, l'automne, dans le district de Québec; en sorte que je n’ose les engager à faire de nouveaux essais, en ne semant que quelques planches de ces grains l’automne, le long de leurs haies ou clôtures, où il se rassemble le plus de neige, qui les préserverait des gelées ; au reste, c’est ce que je pratique;

-avec succès, depuis plusieurs années dans mon

jardin, où je conserve, pendant les plus rudes hivers, des oignons, des cives, des échalottes, des panais, d:8 carottes, des sarsifis, des choux, du persil, du cerfeuil, etc., je ne doute pas que l’on en pourrait faire autant pour le froment et le seigle en plein champ, en les plaçant, comme je dis, le long des clôtures, où la neige s’accumule de bonne heure. :

Le maître n’oubliera pas de faire exécuter ces labours, ces semences, ces hersages par des élèves, et d’en nommer un nombre suffisant pour curer les sillons qui séparent les planches, de la terre et des grains qui y seront tombés, -de les faire jeter de droite et de gauch” sur les planches, et de faire suivre ces cureurs par -d'autres jeunes gens qui, un rateau à la main, émiettent la terre et couvrent le semis.

Quand les grains de toutes espèces auront acquis six à huit pouces de hauteur, il les fera sarcler par un essaim d'élèves, à la main, qui suivront les sillons qui séparent les planches, et pourront, si les planches n'excèdent pas quatre rieds, l’exécuter sans marcher sur les grains, de droite et de gauche.

SEIGLE, E seigle est une des céréales assez bien connu dans ce pays pour me dispenser

2 d'en donner la description.

| Il ya des avantages qui l’ont rendu A précieux aux yeux des cultivateurs, et

l'ont fait adorter dès l'établissement de

‘la colonie; c’est lui qui, après le froment, -donne la farine la plus propre à être convertie en pain; il prospère dans des terres où ce

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dernier ne peut croître; il craint moins les gelées, et arrive plus promptement à maturité.

Tous les sols qui ne sont pas aquatiques fournissent des récoltes plus ou moins avantageuses de seigle ; en conséquence, on ne doit lui consacrer que ceux qui ne sont pas propres au froment comme ceux qui sont arides, sablonneux, crayeux, ou argileux.

Tous les engrais et amendements favorables à la production des autres céréales conviennent au seigle ; on lui donne les mêmes labours, les: mêmes façons et les mêmes soins que ceux qui sont indiqués ci-dessus pour la culture du froment, ainsi on y aura recours, et en les pratiquant, on en sera récompensé par d’abondantes récoltes.

Une chose que l’on ne connaît pas ici, c’est qu’en semant du seigle dans ) :s premiers jours de juillet, temps auquel on connaît si le fourrage sera abondant ou non, il y peut suppléer abondamment, puisqu'on pourra le faucher une couple de fois avant les gelées, et qu'il n’en donnera pas une récolte moins abondante dans son temps.

On emploie cent vingt livres de seigle, terme moyen pour semer un arpent ; on doit le couvrir bien peu ; un fagot d’épine, au lieu d’une herse, suffit pour l’enterrer.

Sa paille sert à couvrir les bâtiments, à lier les bottes de froment, d'orge, d'avoine, et de foin, à attacher les arbrisseaux, comme les gadelliers, les groseillers, etc. et à faire de la litière.

Ces grains servent à faire de la bierre et de leau-de-vie, à nourrir les hommes dans les

potages et en bouillies, et les animaux en patées ou en grains.

L'ORGE ST un graminée cultivé en Canada depuis son établissement; ïil n’y «a guères de fermes où l’on n’en voie un petit champ.

Il y ena plusieurs variétés; c'est aux cultivateurs à faire choix de la plus productive. Elles viennent dans toutes sortes de terre, pourvü qu'elles ne soient pas complètement stériles, ou trop marécugeuses; mais elles prospèrent mieux dans celles qui sont légères et chaudes, et principalement dans les calcaires.

C’est de toutes les céréales celle qui manque ‘à moins souvent, et qui mürit 1a plus vite; l'orge semée ex avril se coupe à la fin de juin ou au commencement de juillet, et laisse un terrain sur lequel on peut faire une seconde récolte de navets.

Quarante à cinquante livres d'orge suffisent pour un arpent de bonne terre ; on lui donne les mêmes façons, et on lui porte les mêmes Soins que ceux indiqués pour le froment.

On doit ia couper peu après qu’elle a cessé de végéter; c'est-à-dire, quand elle devient blanche, et que son épi s’est recourbé ; cette opération doit se faire de grand matin, pendant la rosée, afin qr'il se perde moins de grain, et la lier le soir mène du jour qu’on l’a coupée, et l’engranger le lendemain.

Su paille n’est bonne qu’à faire de la litière ; <’est sous la forme de gruau, d'orge mondée et perlée, qu’il est le plus avan‘ageux de manger

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ce grain ; elle est plus nourrissante en grains pour les chevaux que l’avoine; trempée et ‘encore mieux moulue et fermentée, elle augmente considérablement le lait des vaches, engraisse les bœufs, les cochons et les volailles, avec une incroyable rapidité, et leur donne une graisse de la meilleure nature; mais le grand emploi de l’orge est dans la fabrication

de la bière.

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