L'AVOINE
ST un de ces graminées qui a été cul-
tivé en Canada depuis sa découverte ;
il yen a une infinité d'espèces ou de
variétés ; c'est aux cultivateurs à faire
choix de celle qui convient le mieux
à leur sol; elle intéresse essentiellement les habitants Ges parties septentrionales de l’Europe et de l'Amérique, puisqu'elle leur fournit la nourriture au moyen des graines, et celles de leurs animaux, au moyen de la paille.
L’avoine demande un terrain substantiel et frais ; n’exige qu’un labour lorsqu'elle est semée sur un chaume de froment ; on ne la fume point dans ce cas, ni lorsqu'on la sème sur des
jachères ,ou des prés; du reste elle veut les
mêmes façons et les mêmes soins que les autres céréales, sans omettre le chaulage.
On doit commencer les semences par cette plante, car elle a une végétation lente et longue, et les premières semées sont toujours les plus belles.
On la coupe, soit à la faux, soit à la faucille ; si c’est à la faux, elle forme des ondins, et à la faucille des javelles.
Les graines d'avoine sont un aliment pour les hommes et les bestiaux; la farine sert à faire des gruaux, des crèmes et des gâteaux qui ne sont pas sans délicatesse. Dans le Jura, on en fait des boulettes de la grosseur: du poing, que l’on fait sécher complètement au four, que l’on peut conserver un an dans un endroit sec, pour en faire des potages en les. écrasant avec un marteau ; mais la plus grande consommation est par les quadrupèdes et les volatiles.
Ji ne sera pas hors de propos de citer ici une expérience de Monsieur de Dael, qui en sema sur l’herbe d’une prairie basse, et la recouvrit d’un demi pouce de terre ; il obtint.une superbe récolte, et celle de la prairie le fut également l’année suivante ; ce serait un bon moyen de: raviver les vieilles prairies. |