‹ Traité d'agriculture pratique [microforme] (volume 2)Chapitre 46 sur 80 · LE SARRASIN · texte numérisé non relu

LE SARRASIN

U blé noir, est une plante annuelle, qui

a la tige droite, cylindrique, rameuse,

lisse, charnue, rougeâtre, haute d’envi-

ron deux pieds ; les feuilles alternes, en

cœur, d'un vert clair, les inférieures

pétiolées, et les supérieures sessiles ; les

fleurs réunies en bouquets aux extrémités Ces rameaux.

Cette plante offre des avantages précieux sous plusieurs rapports, dont les: principaux sont l’abondance de ses graines, la rapidité de sa croissance, la propriété de réussir dans les sols les plus arides, et de servir à les améliorer lorsqu'on l’enterre pendant sa floraison.

Comme elle craint les gelées, on ne doit en Canada le semer que vers le dix de mai, bien

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Clair quand le but est une récolte de graines, mais épais quand c'est pour nettoyer un champ de mauvaises herbes, ou pour l’engraisser.

On le sème en général sur un seul labour à la volée ; cependant comme il gagne beaucoup à être biné et butté, je conseillerai de le semer en sillons assez espacés pour lui donner ces façons à la charrue; un bon hersage et un bon roulage concourent infiniment au succès du semis.

Je recommande de le semer sur les terres qui ont produit de l'orge et du seigle, aussitôt après qu'ils ont été coupés, parce qu'il aura encore le temps de fleurir avant les gelées, et qu'enterré, il améliorera tellement ces terres, qu’elles donneront une bonne récolte l’année suivante, sans autre engrais.

Je ne connais, dit Rozier, aucune plante qui fournisse un meilleur engrais que le sarrasin, et qui se réduise plus vite en terreau.

Les cultivateurs qui manquent d'engrais devraient donc l'employer comme je l'indique.

La farine du sarrasin fait de bonnes bouillies, d'excellentes crêpes, et des galettes fort nourrissantes ; dans plusisurs pays on en donne la graine aux chevaux au lieu d'avoine; on engraisse les bœufs, les cochons, les moutons et les volailles, avec ses graines; ses fânes sont employées avantageusement à faire de la potasse.

LE MAIS, SR blé-d'Inde, est originaire de l’Amé-

rique du sud, et avait passé de là dans

celle du nord. Cette plante était cul-

tivée en Canada, avant sa découverte;

les sauvages étaient dans l’usag2 d’en

emporter dans un petit sac, de grillé et

de concassé, y mêlaient un peu de sucre, en

jettaient quelques pincées dans de l’eau, l’ava-

laient, ce qui leur servait d’aliment et de bois-

son, quand, dans leurs incursions, ils se trou-

vaient privés des ressources de la pêche et de la chasse.

Cette plante est de la famille des graminées.

Sa racine est pivotante, sa tige est droite et

solide, elle s'élève à cinq et six pieds, elle porte mi terme moyen, deux épis, dont quelques-uns ont ra jusqu'à douze rangées de trente-six grains, ce po qui fait monter le produit d’un seul grain à sept pl. cent quatre-vingt-quatre ; ce produit extraor- et dinaire en a fait adopter la culture dans toutes à lés parties du monde. la On le distingue par la couleur des grains, qu dont les uns sont blancs, d’autres jaunes, ave quelques-uns rouges, bleus, et enfin des marbrés, mil les uns plus hâtifs que les autres, que l’on a her nommés quarantains. que C'est à l’estimable et savant parmentier ma qu’on doit le premier écrit régulier sur la on culture de cette préciense plante, qui se réduit aut à ceci :— L Culture. des:

Toute terre, dit-il, lui convient, pourvu feui qu’elle soit profonde, bien travaillée et suffisam-} par

ment amendée ; cependart il réussit mieux dans

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celle qui est légère et humide; comme ik épuise promptement le terrain, il est bon d'en: changer tous les ans et de ne l’y resèmer que quatre ans au moins après.

Il exige deux labours, un l’automne et l’autre: le printemps, temps auquel on doit le semer avec du fumier bien consommé.

La manière la plus simple de faire ce semis est à la charrue qui trace un profond sillon, un jeune homme la suit, s’agenouille et jette dans la raie quatre à six grains, se relève, fait un pas, s'agenouille au second et i°‘te encore quatre à six autres grains, et ai:5i de suite jusqu’au bout de la planche. Il tourne et suit toujours la charrue et continue à semer de la même manière, un jeune homme le suit un rateau à la main qui recouvre les grains d’un pouce et demi de terre seulement. Quand le plant à cinq à six pouces de haut, ‘on le bine et renchausse sur le travers avec une charrue à deux oreilles, qui renchausse deux rangs à la fois. Si le semis a été fait régulièrement, quelques jeunes gens doivent suivre la charrue, avec des bêches, pour battre la terre et l’affermir au tour des plants et enlever les mauvaises herbes. Le second binage et buttage se fait quand il a un pied de haut, de la même manière, et le troisième lors de la floraison; on ne doit pas oublier d’extirper les pousses. autour des pieds.

La maturité du maïs se reconnait à la dessication de la plus grande partie de ses feuilles et au déchirement de la plus grande partie des enveloppes de l’épi; il ne faut pas se presser d’arracher les pieds. Si on est forcé

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de le faire, par les gelées, avant leur entière maturité,..il faudra faire sécher. les épis au four, pour les conserver jusqu’à ce qu’on en fasse usage.

LA CULTURE DU MAIS, COMME. FOURRAGE x

ST très-avantageuse quand on sait la de diriger convenablement, . ‘pourquoi je (EUT l'indiquerai succintement.

Dans leur) jeunesse, les feuiles, et surtout les tiges, contiennent une si grande quantité de mucilage sucré, que les

US ont du plaisir à les saucer, et qu'on en peut en retirer du véritable sucre par: les procédés employés pour la canne; aussi les animaux herbivores les aiment-ils avec passion leur usage habituel les engraisse promptement, et donne un excelleñt goût à leur chair.

Onen doit semer exprès dans cette vue, et le faire sur un terrain qui aurait produit une récolte précoce, comme de seigle et d'orge; pourvà qu’on le sème avant le quinze de juillet, on obtiendra une récolte de ce précieux fourrage, qui payera amplement ]a peine qu’on se sera donnée; dans.ce cas on fait le semis sur un seul labour ; on répand huit minots:de graines à la volée par arpent; on coupe: les pieds. au moment où les panicules de fleurs mâles sortent de-leurs enveloppes, quelquefois plutôt ou plus tard, selon les convenances:; ‘le maïs ainsi coupé se sèche comme le. :foin, excepté qu'il luifaut plus de temps; ce fourrage se conserve bon pendant deux ou trois ans; peu de plantes en fournissent davantage sur la même étendue de terre ; les tiges trop dures s'écrasent avec un marteau au moment de la consommation,

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