TOPINAMBOUR
Œ ETTE plante n’est cultivée en Canada
que par quelques curieux ; mais comme elle mérite d’être. connue et cultivée plus généralement pour ses produits, je vais la faire connaître, et indiquer la } manière de la cultiver en grand.
G'est. une plante vivace et tubereuse, iqui peut devenir un grand moyen de richesse ; elle brave les gelées, elle s'élève à cinq et six pieds, a des feuilles de huit à dix pouces de long;êt Eroduit des tubercules de la grosseur du poing et souvent longues de six pouces, qui servent à nourrir les hommes et les animaux.
Elle a un avantage décidé sur la patate en ce qu'elle peut rester en terre toute l'hiver, et fournir au printemps une nourriture saine aux hommes et aux bestiaux, qui manque ordinairement d’une nourriture verte dans une saison où ils en ont le plus. de besoin.
Quoique les terrains frais et gras paraissent
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les plus favorables au topinambour, cependant
il prospère pareillement dans ceux qui sont secs etlégers.
Lorsqu'on veut cultiver régulièrement le topinambour, il faut lakourer profondément, y enterrer les petits tubercules, ou des morceaux des gros, à un pied de distance en tous sens, et à cinq ou six pouces de, profondeur, .vers les premiers jours de mai; lorsque le, plant a un pied de haut, on le bine. et on le butte avec une petite charrue à deux oreilles; on réitère cette opération à la fin. de l’été.
La partie de la tige du topinambour qu’on recouvre dans le binage et buttage prendra en
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peu de jours, si la pluie favorise sa croissance, etles tiges couchées en terre en font autant.
Un moyen dutiliser le topinambour est de le planter er rangées pour fournir des abris eontre les ardeurs du soleil du midi aux plantes qui ne peuvent en supporter l'excès.
Les tiges desséchées servent à chauffer le four, à faire bouillir la marmite, à ramer les pois:et les fèves, et enfin à faire de la potasse.
La saveur du topinambour approche beau- <oup de celle de l’artichaut ; on le mange cuit à l’eau, à l’huile, et au vinaigre ; onen fuit des baignets, on en couvre la viande des patées- &c. &c.
Toutes ses considératious doivent engager les habitants du pays à cultiver en grand une plante si précieuse, surtout ceux qui ont beaucoup de vaches et de moutons.
‘LE POIS ULTIVÉ des champs ne diffère de celui @ des jardins qu’en ce qu’il est plus petit et ne porte qu’une fleur. Comme les À pois ‘en général sont cultivés de temps I immémorial, ils ont donné un grand nombre de variétés; on les divise en pois à parchemin, et sans parchemin : les premiers se subdivisent en pois nains et en pois ramés, aussi en pois hatifs ét tardifs; comme ôn a traité de la culture des pois hatifs de jardins dans la première partie de cette ouvrage nous nous borerons, dans cette seconde partie, à ceux tardifs des champs.
Ces pois se sèment le printemps sur deux la-bours, dès que les fortes gelées ne sont plus à. craindre, vers le dix de mai, à là volée et un
peu clair, et on les herse aussitôt ; on les sème aussi en rangées, pour pouvoir les biner, avec da charrue, opération qui est toujours utile, et qu'Arthür Young, célèbre agronome anglais, recommande fortement ; on les séme souvent :avec de l'avoine et du seigle pour couper en vert et faire dn fourrage, ou pour l'enterrer et servir d'engrais,
Le fourrage qui en résulte est excellent, améliore la paille avec laquelle la fane des pois est mêlée ; l’engrais qu’il fournit équivait à une demi-fumure.
Les cultivateurs dans ce pays, ou le foin est sujet à manquer, seraient hlamables de n’en pas semer, tous les ans, une certaine quantité.
Comme la formation de la graine des pois comsomme beaucoup de principes nutritifs du sol, il convient, lorsqu'on veut faire succéder récolte de froment, ouen faire du fourrage, ou de l’engrais, de les faucher, avant leur complète floraison.
Quand on cultive les pois pour la nourriture des hommes et des animaux, on les laisse parvenir à leur maturité ; alors on les enlève avec la faucille, ce qu’on appelle crocheter ; on les bat au fléau comme le blé, lorsqu'ils sontassez desséchés pour que les cosses s'ouvrent facilement et on les vanne.
Tous les animaux paturants les aiment, avec passion ; ils les engraissent mieux peut-être qu'aucun autre grain, Prinoipelement les bœufs et les cochons. L.
Les habitants du pays en consomment euxmêmes une grande quantité dans leur soupe, avec du lard en gras, et les jours maigres en purée, avec forte herbes salées.
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La fanne des pois étant très longue, esb plus propre à la nourriture des chevaux qu’à celle des bœufs et des moutons, à moins qu’elle ne Sait hachée, ce qui serait très bon de faire. FEVES.
® OMME j'ai donné la description de cette:
: plante dans la première partie du (WU) Evésétt traité, et j'en ai désigné les variétés, je ne parlerai que de celles que ae je désire voir cultivées dans les champs du Canada, où on en voit si peu, quoi-
. qu'elles soient d’uné importance majeure dans:
les années de disette de blé. Ç
C’est en plein champ que la culture des fèves procure les plus grands avantages ; non seulement elles fournissent leurs graines pour la. nourriture des hommes, mais encore leur fane donne un fourage copieux pour les animaux, et un excellent engrais aux terres ; Ce n’est pas: tout: le principal avantage, c’est qu’elles préparent les terres argileuses pour les semenCes des céréales.
* Ce sont exclusivement les terres argileuses, un peu humides, c’est-à-dire, les terres froides propres au froment qui conviennent à la culture des fèves. Elles assurent l’abondance ‘et 1a beauté des froments semés sur le terrain où on: a récolté des fèves l’année précédente; elles
procurent un revenu aux terres que l’on a cou-.
tume de laisser en jachères dans ce pays.
On ne doit pas craindre de multiplier cette cülture, car l'emploi des fèves n'a point de
‘bornes ; elles sont une excellente nourriture
pour les hommes, ct pour tous les animaux doméstiques ; elles valent beaucoup mieux que”
d'autres graines pour engraisser les bœufs, les ’ -Gpchons, les dindes, les oies, les chapons, &c. ; lles augmentent considérablement le lait des ‘vaches, et le rendent d'une excellente qualité.
On donne ordinairement deux labours profonds aux champs qu'on destine à recevoir ‘des fèves., On fume avant le second labour; on sème en rangées espacées suffisamment pour qu’on puisse biner et renchausser à la charrue : opération que l’on doit répéter deux fois au moins pendant l'été. On fait suivre la charrue par des enfants, dont les uns jettent les graines dans la raie, et les autres les couvrent de terre qui n’a pas besoin d'être aussi émiettée que pour d’autres graines.
On ne récolte les fèves cultivées ainsi pour | la graine, que lorsqu'elles sont complètement müres.et desséchées ; alors on les fauche, ou onarrache les pieds; on les bat au fléau comme le blé.
Les deux variétés que l'on, cultive ainsi en grand sont la fèverole et la grosse fève de marais; plusieurs sèment dans les intervales les rangées, entre les deux St. Pierre, après le deuxième binage, des navets, qui donnent une abondante récolte, et utilisent un terraha:
me produirait aucun revenu.
Comme les fanes des féves donnent un engrais abondant, soit vert ou sec, dans beau- <oup de lieux, on les sème exprès pour. cet
«Objet.
Quand, dans les premiers jours de juillet, on prévoit que la récolte dé foin sera peu abon- “ante, on fera prudemment de semer de ces.
féves, à la volée, sur: les terrains où l'on aura
oufs, les ’ ns, &C. ; lait des qualité.
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récolté du seigle et de l'orge, auxquels on donne un léger labour, afin de suppléer au peu de foin que l’on aura; on les coupe dans ce cas.avec la faulx, pendant qu'elles sont en fleurs ; et si la saison est favorable, on pourra les couper deux fois, ce qui payera bien les peines et soins qu’on se sera données ; il faudra bien faner ce fourrage avant de le mettre à couvert dans les fenis.
Une excellente manière de tirer parti, des fèves est de les enterrer, avec la charrue, lorsqu’elles sont en fleurs ; elles valent le meilleur demi-fumage ; elles augmentent prodigieusement l’action des fumiers qu'on répand avant ou après.
La manière. de manger les fèves, c'est en purée, ou en fricassée ; brülées, ou torrifñiées, on en fait une espèce de café.ou du chocolat, qui, mêlé avec du sucre, procure de bons.
déjeûners et soupers.
Sous tous: ces rapports ilest. à espérer que les fèves seront à l'avenir plus généralement
cultivées. hé BETTERAVE, \ E me suis engagé à l’article ‘“etterave, dans la première partie de cet ouvrage, JD) de traiter de ce légume, comme plante fourragère dans cette seconde paatie, et
Ÿ je vais l’effectuer. | Les Allemands sont les premiers qui ont cultivé cette plante en plein champ pour la:
nourriture de leurs bestiaux ; les Français les ont imités ensuite, -puis les eultivateurs Américains, qui ne négligent rien de ce qui peut. apporter du profit, l'ont adoptée pour la nour-
riture de leurs cochons, auxquels ils donnent les feuilles l'automne, et les racines l'hiver pour ‘compléter leurs engrais ; c’est l'aliment, par excellence, des Yaches, attendu qu’elle leur donne plus de lait qu'aucun autre fourrage ; c'est surtout pour l’engrais de toute espèce d'animaux ( v’elle est le plus utile.
“ La terre destinée à la culture de la betterave blanche, appelée racine de diseite, doit être labourée profondément avant l'hiver, et encore lors du semis, dans les premiers jours de mai, et bien fumée alors; on répand, dans des:
sillons faits à la charrue, et espacés de quinze pouces, trois livres de graines par arpent, afin de pouvoir biner à la charrue,fce qui est un avantage considérable sous:le rapport de l’éconômie du travail ; comme le hersage doit ètre aussi parfait que possible, on fera mieux ‘de faire rateler la terre par des élèves, que l’on place deux à deux de chaque côté des planches, qui, pour cela, ne doivent pas excéder quatre pieds de large; on ne doit pas ménager le roulage, car il est reconnu que plus le champ est uni, plus le succès est assuré.
Le plan levé se conduit positivement comme il ést indiqué pour les jardins, pourquoi j'y; renvoye le cultivateur.
‘En août on peut faire enlever par les enfants, toutes les semaines, une ou deux feuilles, inférieures des ‘betteraves pour les donner aux bestiaux ; à l’époque des premières gelées, on détache le reste des feuilles, et peu après on arrache les racines, on les soigné, et : on ‘les emploie’ comme il à été dit 8 na betterave des jardins: ,
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Une circonstance que je ne dois pas omettre, c'est qu'en France on a élevé des fabriques de sucre de betteraves, depuis quelques années, qui paraissent prospérer, et soutenir la concurrence du sucre extrait de la canne.
Sous tous ces rapports, c'est une plante que tous les cultivateurs qui entendent bien leurs intérêts, doivent accueillir favorablement.