LES CAROTTES
ONT du nombre des plantes dont j'ai promis de parler quand je viendrais à
traiter des fourrages, dans la seconde partie de cet ouvrage, et je vais m'en acquitter.
Les carottes demandent une terre douce et un peu légère, ainsi qu’un fumier bien consommé ; on doit les semer par préférence sur les terrains qui ont récemment produit du froment ou de l'orge, et auxquels on donne un second labour ; on fait suivre la charrue par de jeunes gens qui, le rateau en mains, applanissent la terre et rompent les mottes; le lendemain on sème. à la volée, on herse ou on couvre au rateau, on sarcle et on bine deux fois dans le cours de l'été; plusieurs même emploient la herse pour les sarcler et biner, prétendant qu’elles n’en sont nullement endommagées ; la récolte en sera d'autant plus abondante que l’on aura multiplié les façons ; on aura recours à ce que j'ai dit dans la première partie pour les espacer,-récolter et conserver.
Les agronomes anglais et français sont tous d'accord à dire que les produits de la carotte
en grand sont des plus avantageux pour la nourriture et l’engrais de toute espèce d’'animaux domestiques, quadrupèdes et volatiles ; c'est ce qui m'a engagé à recommander aux cultivateurs Canadiens cette culture.
CHICOREE.
E n'est pas comme plante de jardin que ‘ la chicorée sauvage est principalement 6 | utile et recommandable, c'est comme 1} ‘plante fouragère, c'est une plante peu d f exigeante et robuste qui vient dans les La plus mauvais sols. 188 Mr. Cretté de Patruel est le premier quial US cultivé la chicorée en grand pour fourrage, aux le: environs de Paris ; et son exemple a été adopté À et s'est répandu rapidement, non-seulement enf 1€ France, mais dans tous les pays où les .cul- pu
tivateurs ont les yeux ouverts sur les nouvelles expériences en agriculture.
Il la semoit le printemps avec de l’avoine, sur deux labours, dans les ferres fortes, et sur ‘un seul dans les légères; la première année il ne:la coupait que deux fois, mais les suivante il en tirait quatre à cinq récoltes.
‘Il en cueillit cinquante-six milliers pesant --sur.un arpent de terre médiocre, mais :profonc ‘et un peu frais, ce qui: équivalait à trois mille sept cent-dix bottes de foin à quinze livres 1: botte. | ‘Cé Monsieur observe qu'il faut la donner er vert aux bestiaux, car la dessication es $ difficile. TL) :: o Unepräirie de chicorée sauvage fournit pe dant cinq à six ans d’abondantes récoltes
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après quoi il convient de la labourer et d'y semer autre chose.
On emploie environ six livres de graines pour semer un arpent.
I faut la couper avant que les tiges soient endurcies ; car les bestiaux qui lamangentavec avidité quand elle est tendre, la rejettent quand elle est ligneuse.
La chicorée ne doit pas être le seul fourrage donné aux animaux pendant un long temps, à cause de ses effets purgatifs, on ne devrait leur
. en donner qu'une fois par vingt-quatre heures .et
user d’autres fourrages dans les intervalles de leurs repas.
On stratifie ce fourrage avec la paille de froment ou de l’avoine quand on veut les améliorer, elle communique sa saveur à cette paille et non ses propriétés médicinales.
On fait du café avec ses racines, et des balais avec ses tiges.