‹ Traité d'agriculture pratique [microforme] (volume 2)Chapitre 50 sur 80 · NAVEAUX · texte numérisé non relu

NAVEAUX

E ne parlerai ici que de la culture en grand de-cette plante, comme je m'y suis engagé à l'article Naveau, dans la première partie de ce traité. ;

La manière la plus générale de Les cul-

tiver en grand consiste à labourer une

ou deux fois les jachères ; à bien diviser.les

mottes, par des hersages et des roulages ; à

semer la graine et à la couvrir de suite avec la

herse de bois, garnie. d'épines; on préfère les

plus grosses espèces, comme le éurnips, le ruta-

baga, parce qu'ils fournissent des produits plus considérables et résistent mieux au froid.

Les naveaux aiment le grand air, c'est pourquoi on les doit semer au milieu des plaines et. sur les côteaux découverts, jamais dans levoisinage des bois, des haies, ou des murs.

‘C’est à la volée, et comme le blé, qu'on en:

8ème la graine, avec deux ou trois fois son

solume de sable ou de terre sèche ; on en répaud une ou deux livres par arpent, selon la pature du terrain et l’objet qu'on se propose ; c'est-à-dire, qu’il en faut d'avantage dans une mauvaise terre, lorsqu'on destine la plante à être mangée de bonne heure par les bestiaux, ow à être enterrée en vert pour engrais, ou lorsque la graine est douteuse, ou que l'on craint la sécheresse ; en général on gagne à ce que les pieds soient écartés, parce qu’ils deviennent plus beaux, et qu’ils se binent plus aisément.

Il est toujours avantageux de semer le jour même du labour, afin que la graine profite de l'humidité qu'offre constamment alors la surface.

du labour ; il est utile de plomber le labour ‘par un roulage pour retarder l’évaporation de

cette humidité; un cultivateur prudent ne sème jamais qu'à l'approche de la pluie; le plant levé est abandonné à lui-même, jusqu'a.

ce qu'il ait cinq à six feuilles; alors on le.

sarcle et on l’éclaircit; c'est la seule façon:

qu'on lui donne en général, quoiqu'il soit avan--

tageux de le biner ; on récolte les naveaux à l'approche des gelées, à la pioche ou à la char-

rue, et on en donne les feuilles aux bestiaux,.

ainsi que les naveaux qui se trouvent coupés. Lorsqu'on est dans le cas d'avoir bien des naveaux, avant la récolte on enlève les plus

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gros et les plus rapprochés ; les petits profitent de cette extraction ; dans les. bons fonds, on laisse douze pouces de distance entre chagne pied.

Les avantages qui résultent constamment de leur culture, sous le point de vue du revenu direct, de la nourriture des bestiaux et de l'amélioration du ol, doivent non seulement déterminer à en semer sur toutes les terres en jachères, mais encore aprés toutes les récoltes qui se lèvent de bonne heure, et laissent assez de temps pour qu ils arrivent à une grosseur raisonnable, ce qui aura dieu si le semis.se fait entre les deux St. Pierre ; c’est-à-dire, du vingtneuf juin au onze de juillet.

Mr. Clark, célèbre agriculteur anglais, semait les naveaux à la volée, et lorsqu'ils étaient levés au point d’être éclaireis, il passait eur le long et le large sa charrue à deux oreilles, de manière à avoir des rangées espacées d’un pied ; ce qui est coupé et arraché par cette opération concourt à améliorer le sol et à donner une abondante récolte.

Les bestiaux et les volailles aiment encore plus les naveaux que les hommes ; il faut ce-

pendant alterner cette nourriture avec d’autres

fourrages ou d’autres racines fécuientes, comme des patates.

Agriculteurs Canadiens, profitez de ces expériences; semez des naveaux pour vous et vos. animaux, et vous ne craindrez plus les effets de la disette ?

PANAS.

ÿ ETTE plante est la dernière de celles y que j'ai entrepris de traiter dans cétte WE partie de mon ouvrage comme plantés %o fouragères. |

ES Quelques agronomés ont recommandé, ‘"S" avec raison, la culture en grand du panäis pour l’engrais des: terres, la nourriture de bestiaux, et varier fes assolements ; sous ces rapports, un chaÿip de' pâtais est très productif, ét mérité l'attention de nos cultivateurs. ,

oùr la pratiquer, ñ faut répandre six à sépt livres de bonnes graines, par arpent, sur deux labours profonds, le premier fait immédiatement après f& récolte de graïns qu'un terrain quelconque aurg donné, et le second te printemps se vr : le plant levé, on satcle et on éclaircit du besoin ; on peut en couper les feuillés, durant l'été, pour la nourriture des vaches, des moutons ‘et des cochons; ensuite on met ces ânitaux datis le champ l’automme, après quoi on laboure pour y semer des céréales.

Je‘fais donc des vœux pour que cette culture soit adoptée par mes compatriotes, et qu’elle concourre à faire supprimer ces désastreuses jachèrées qui font déshonneur au pays.

Telles sont les plantes que j'ai cru devoir recommander aux agriculteurs du pays, tant pouf leur propre nourriture qué celle de leurs duimaux, et qui tendent si évidemment à aniéliorer les terres, et à servir d’assolements.

Je ne voudrais pas que l’on crût que je les.

préfère au foin ou au mil pour la nourriture des animaux ; je les propose seulement comme

des moyens supplémentaires à ceux qui n’ont pas

lles de pfairies, ainsi qu'à ceux qui, en ayant, préjette voyent qu’elles ne donneront pas une récolté ntes suffisante pour nourrir eonvenablemant pendant les longs hivers du pays; leur utilité non conndé, testée et principale est leur usage dans la ro- | du tation ou succession des cultures des céréales, iture et les améliorations qu'elles procurent au sol sous. qui les a produites.

protiva DES CLOTURES.

| \ N ne peut garantir les récoltes sur pied , SEpb ‘ du maraudage des hommes, du dégat des deux ‘animaux, que par une clôture bien faite’ ment ‘et bien entretenue.

quel- Pour clore, on se sert où de fossés, où lemps de haies vives, ou de pierres, où de planclair- tations d'arbres, on de murs, soit en terre, soit ailles, en pierre.

8, des Fosses.

ÿ ces Un fossé est une fosse peu large, maïs très: quor longue, destiné à indiquer une limite, à en clore les propriétés, ou à faciliter l'écouleture ment des eaux; quelquefois il remplit ces trois u'elle objets à la fois.

euses I! est impossible d'en fixer les dimensions, puisqu'elles dépendent de leur objet et de la ir fe- nature du sol.

Ceux destinés à l'écoulement des eaux doivent être proportionnés à la masse d’eau qu’ils doivent porter ; ceux qui indiquent seulément une limite se placent dans la ligne qui < sépare les héritagés, et peuvent être dé deux riture pieds dé large sur autant de profondeur; mais omme céux qui servent de clôture doivent avoir cinq

pieds de largeur sur trois de profondeur ; tous doivent être creusés en talus, c'est-à-dire, être plus larges du haut que du bas.

La terre que l’on tire de ces fossés 8e jette du côté intérieur du champ, lorsqu'ils font limite, et des deux côtés s'ils servent à l’écoulement des eaux; c’est sur ces élévations qu'on plante les haies vives,

Haies vives.

De toutes les clôtures, la plus naturelle, la plus économique et la plus utile, sous le point de vue général, est certainement celle faite avec une haie vive ; elle est un obstacle que l’homme a peine à vaincre ; elle est la plus économique, parce que les matériaux dont on la forme sont ordinairement sur les lieux ; elle est la plus utile, paisqu’elle rapporte des revenus par la tonte que l’on fait annuellement de ses branches, et que lorsqu'on la détruit, on profite non-seulement des branches, maïs des pieds et des souches ; ainsi, partout où cela est possible, les propriétaires de terres ont un grand intérêt à les enclore de haies vives,

Presque toutes les espèces d'arbres et arbustes indigènes peuvent servir à former des haies, mais l’aubépine est. préférable, ainsi que tous les arbutes épineux.

- Lorsqu'on veut former une haie, on emploie la voie des semis, ou la plantation; celle des semis est préférable, parce que le plant qui en provient étant pourvu de son pivot, a plus de force et de durée. Il faut, l'automne précédant la formation de la haie, creuser une fosse de deux pieds de profondeur, sur trois ou quatre

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de large ; le printemps suivant, on répandra les graines sur deux ou trois rangs dans des rigoles éloignées de huit à dix pouces, et de manière que chaque graine soit à deux ou trois pouces de ses voisines, et on les recouvre d’un pouce de terre environ; à la fin du premier été, on devra leur donner un léger binage, et le printemps suivant un second.

La dernière année on donne deux binages, et on remplace les pieds qui ont manqué.

La troisième année, il sera bon de forcer toutes les branches, poussant en avant, à prendre une direction latérale, en les croisant, pour boucher les vides, et on pince le sommet des tiges qui s'élèvent au-dessus des autres.

La quatrième année, si c’est une haie d'arbustes épineux, le plant aura trois pieds de haut, et on pourra la tondre sur les côtés et le dessus, pour lui faire jeter plus de rameaux, et fortifier ceux qui ont une bonne direction.

La sixième année, elle est complètement -

forméee ; on continue à la tondre, une année sur le devant, et l’autre sur l'arrière.

Une haie ainsi faite et entretenue durera cent ans, et fournira, suivant son étendue, assez de petit bois pour chauffer le four et faire bouillir la marmite d’un ménage ordinaire pendant l'année.

Plantation d'arbres.

On peut faire augsi des haies avec de jeunes arbres de deux à trois ans, pris dans les forêts, dont on entremêle les espèces, et que l'on plante le printemps, avant que la sève soit montée ; on coupe à deux pouces au-dessus du

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