‹ Traité d'agriculture pratique [microforme] (volume 2)Chapitre 57 sur 80 · ASSOLEMENTS · texte numérisé non relu

ASSOLEMENTS

E toutes les opérations agricoles, est celle qui exige de la part du cultiva-

ms l'attention la plus sérieuse et la pag soutenue, les calculs les mieux raiSonnés et la connaissance la plus approfondie des reszources et des difficultés

de son art et de sa position locule. | En vain il laboure, ensemence, amende, engraisse, fertilise et dispose ses champs par tous les moyens qui sont en son pouvoir, à produire d’abondantes récoltes; ses succès sont toujours incertains, incomplets, illusoires

stances trouve.

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ou éphémères, si un assolement conforme aux vrais principes et approprié surtout aux localités ne fait la base de son exploitation rurale.

Avouons que l’agriculture dun pays ne peut être élevée au degré d'amélioration dont elle est susceptible que par le perfectionnement des assolements et des procédés de culture.

Nous allons donc soumettre ici l’exposé et.

les développements successifs de ceux de ces

principes, ou règles générales qui m'ont paru les plus propres à diriger les cultivateurs du pays. dans leur exploitation rurale.

La première chose à faire avant d'établir un assolement régulier, c'est de consulter :

1°, La nature du terrain qu’on a à cultiver.

2°, L'influence du climat sous lequel il se trouve placé.

89, La nature des yégétaux croissant spontanément ou par introduction, qui paraissent y prospérer d'avantage.

42, Les ressources et les besoins locaux ; les habitudes et les usages ; la facilité ou la difficulté des débouchés ; ses propres besoins.

5°, Les avantages ou les inconvéniens que

présentent une nombreuse ou une rare popula-

tion, dans la pénurie ou dans l’aisance ; et le voisinage ou l'éloignement des ateliers, fabriques, manufactures, ports de mer, qui pourraient les occuper, ou employer.

Principes des Assolements.

1°, Pour déterminer le retour périodique-

plus ou moins fréquent des mêmes végétaux sur le même champ, le cultivateur doit prendre

en considération la nature plus ou moins épui--

sante de chaque végétal, d'après son organisation et sa végétation particulières, ainsi que d’après le mode de culture auquel il peut être soumis.

2°. Lorsque l’on croit devoir admettre dans un assolement des cultures qui, d’une part, exigent dés engrais abondants, et qui de l’autre, fournissent des produits qui ne sont pas restitués en grande partie au sol sous une nouvelle forme d'engrais, il est prudent de ne pas rendre leurs retours fréquents, et de les intercaler avec d’autres cultures moins exigeantes et plus restituantes,

3°. Après avoir employé tous les moyens

que l’art fournit pour mettre la terre dans un pos état convenable de netteté, d'ameublissement & et de fertilisation par l'emploi judicieux des ren labours, des hersages, des roulages, des sarcia- reu ges, des houages, des binages et des buttages, les -du fauchage en vert, de la consummation sur ma); place, des amendements et des engrais, il faut | l’év s'attacher constamment à la maintenir rigou- aut reusement dans cet état prospère et d’amélio- 9 ration, s’il est possible, par l'effet du choix des terr cultures intercalaires, de manière que chaque | ‘cul récolte prépare le succès des récoltes futures, des: et que ce succès soit toujours assuré, sauf les tau) intempéries des saisons. opé!

4°, Il est généralement avantageux de tén:

reculer le plus possible le retour des mêmes 1 végétaux sur le même champ, ainsi que celui À con: -des espèces, soit du même genre, soit de genres À cire: ‘appartenant à la troisième famille naturelle: À teur ce retour doit être d'autant plus différé pour À rend Chaque végétal, que son semblable ou son E labo

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analogue aura occupé origirairement le s0l plus longtemps et l'aura plus épuisé.

5°, Il est avantageux d'intercaler des végétaux à racines profondes, pivotantes et tuberculeuses, avec celles des plantes dont les racines sont superficielles, träçante s et fibreuses

6°. Il est également avantageux d'intercaler, autant que les circonstances le permettent, les récoltes spécialement destinées à la nourriture des hommes, avec celles qui sont particulièrement affectées à l'entretien des animaux domestiques.

7°. La terre cultivée, de quelque nature qu'elle soit, doit rester nue le moins longtemps possible.

8°, Le cultivateur doit admettre de préférence, pour couvrir les terres siliceuses, pierreuses et arides les cultures, les plus propres à les ombrager fortement et à les resserrer de manière à prévenir ou au moins à diminuer l'évaporation et l’infiltration de l’eau et des autres principes utiles à la végétation.

9°, Il doit au contraire préférer pour les terres argileuses, compactes et aquatiques, les cultures les plus propres à les diviser et à les dessécher, en les privant par le choix des végétaux et par une judicieuse application des opérations aratoires, de l’excès d'humidité et de ténacité qui les distinguent.

100, Dans le choix des assolements les plus convenables au sol, au climat, et à toutes les circonstances locales dans lesquelles le cultivateur se trouve, il doit surtout s'attacher à rendre nécessaire le moins possible l'emploi des labours et des engrais. Le développement et

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l’application de ces principes se trouveront à l’articlé succession de culture ci-après, auquel je réfère le cultivateur industrieux après qu'ib aura profondément médité les principes ci-dessus énoncés.

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