‹ Traité d'agriculture pratique [microforme] (volume 3)Chapitre 15 sur 52 · COUCHES CHAUDES · texte numérisé non relu

COUCHES CHAUDES

N DICONQUE désire tirer tout le parti possible d’un jardin, doit faire des couches chaudes, surtout en Canada, où la !

belle saison est si courte, et comme !

cette opération n’est pas Connue gé- |!

néralement, je l’indiquerai aussi suc-

cinttement que possible, afin que chacun puisse la mettre en pratique et en tirer les avantages qu’elle procure.

: On prend du fumier frais de cheval, mêlé avec de la litière, pour. faire des couches chaudes; on l’étend avec une fourche de fer; on en fait un lit de cinq pieds de large, sur telle longueur que l’on juge à propos, suivant le besoin qu'on en a; on l’éleve d'au moins trois 4 pieds, par différentes couches et on met par À dessus un cadre de madriers de quatre pieds de % largeur sur douze de longueur. On établit :

sur ce cadre, en queue d’aronde, des tringles ! de trois piedsen trois pieds, pour recevoir des :

çhassis vitrés et bien mastiqués, large de trois

pieds et long de quatre, qui doivent glisser 4 entre ces tringles. On doit donner à ces ca- * dres quarante cinq degrés de pente vers le soleil du midi. On couvre le tout de paillassons ou de paille pour les mettre jour et nuit à * l'abri du froid ; on jette par dessus des plan- :! ches pour empêcher le vent de les enlever; on :

ôte les couvertures quand il fait suicil et on 4 soulève l'arrrière des chassis pour chasser # l'humidité et donner de l'air. |

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Après huit à dix jours, on plante un bois dans la couche, pendant quelques minutes, on se le met sur la joue, et si la chaleur n’est pas trop

É ardente, on répand sur la couche six pouces | d'épaisseur de bonne terre, bien meuble et on

la laisse jusqu'à ce qu'elle soit réchauffée au point de pouvoir recevoir la semence, sans:

risque de la brûler.

Alors on sème les graines de melons, de con-

d'oignons, de laitue, de cresson, de sauge, de 8 ) ; ; ,

; pimprenelle, de piment &c., que l’on a coutume 1 de transplanter ensuite en plein air.

Le succès de ces couches dépend du soin quel’on prend à les préserver de la gelée; si l’on s'aperçoit que leur chaleur diminue, on coupe l’excédant du fumier autour du cadre, que l’on remplace, avec du fumier chaud, d’abord sur:

l'arrière, ensuite sur le devant et progressivement à chaque bout, jusquà ce que la chaleur soit suffisamment rétablie.

On arrose les pieds des cucurbitacées, avec de l'eau dégourdie, mais point les feuilles ; pourcela il faut employer le goulon de l'arrosoir seulement ; les autres plants s’arrosent comme: à l'ordinaire.

Quand la saison est propice, on repique les plants en pleine terre, par un temps couvert, ou pluvieux, pour assurer la reprise ; on couvre avec des cloches, des vitraux, ou des branches,

-\ que l’on soulève, de temps à autre, pour donner de l'air.

Couches sourdes,

Outre ces couches chaudes, on en fait de:

sourdes, comme suit: on creuse une fosse d’un pied ou d’un pied et demi de profondeur sur-

+ sraEpee re

he a ao ermarann.

quatre pieds de largeur'et aussi longue que le besoin le demande ; on la remplit de fumier Chaud de cheval et on y met par dessus six à huit pouces de bonne terre, on la couvre de branches de sapin, et aussitôt qu’elle est moddérément chaude on pratique le semis. On éclaircit les plants, en temps et en lieu, et on repique en pleine terre ceux qui sont de trop.

On arrête les melons et les concombres, lorsqu’ils ont quatre feuilles ou plus, en étant avec l’ongle, la tête de la tige, pour leur faire pousser des branches latérales, que l’on attache ensuite sur la terre, avec de petits crochets de bois, de droite et de gauche, au troisième nœud.

On ne doit pas laisser, sur chaque branche plus de deux melons. , On enfonce l’extrémité de la branche dans la terre pour aider à nourrir le fruit; mais on doit laisser dépasser le petit bout pour assurer la reprise et l'empêcher de Courir.

On ne lève les melons que lorsqu'ils commencent. à se séparer de la tige, ce que l’on découvre facilement en. examinant la queue qui se détache naturellement et par l’odeur qu'ils répendent. On doit laisser aux gens opulents des villes l'érection des serres chaudes en pierres, celles j'ai que décrites suffisent pour ceux des campagnes,

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