‹ Traité d'algebre supérieureChapitre 67 sur 385 · I. Une équation de degré n ne peut avoir plus de n racines · texte numérisé non relu

I. Une équation de degré n ne peut avoir plus de n racines

En effet, si /(a:) avait plus de n racines, la fonction /< {x) qui n'est que du degré n — i en aurait plus de n — i. D'autre part, une équation du premier degré ne peut avoir plus d'une racine. Notre théorème résulte de là, en raisonnant de proche en proche.

On donne aussi à ce théorème la forme suivante :

II. Si une fonction du degré n a plus de n racines, tous ses coefficients sont nuls.

Soit maintenant ^ une racine de /, (^), on pourra poser de même

la fonction /'2(:r) n'étant que du degré n — a, et ayant e7o comme coefficient de son terme de degré le plus élevé. Si donc on suppose que chacune des fonctions f\{oc)^f2{x) que l'on obtient à l'aide de ces divisions successives admet au moins une racine, on trouve finalement

(3) /(ar) = rto{^ — a)(^— P)' • '(^ — v).

CIIàPITRB III. — LES RACINES DES ÉQUATIONS ALGÉBRIQUES. 125

Le théorème fondamental peut donc aussi s'énoncer ainsi :

Toute fonction entière de degré n peut être décomposée en n facteurs linéaires.

Les quantités a, p, . . ., V sont toutes racines de/(j:), et leur nombre est égal à n. Rien ne suppose, d'ailleurs, que ces quantités soient inégales. Mais alors y(:r) aurait moins de n racines, tout en étant décomposable en n facteurs linéaires. AGn de rétablir l'accord, on convient que, si/(^) est divisible par une certaine puissance de a: — a, la racine a sera comptée autant de fois qu'il j a d'unités dans l'exposant de la puissance ; c'est en ce sens qu'on parle de racines simples, doubles, triples, etc.

En se reportant à la notion de dérivée [§ 13, (2)], et en désignant par a une quantité arbitraire, on a

(4) /(^)=/U)-h(x-a)/'(a)-+.!iî^l^/'(a)4-....

Si l'on suppose quey(a) est nul, il en résulte

par suite, on a

Il en résulte que a est racine double de /(^), si /'(a) s'annule en même temps que /(a). La formule (4) montre d'ailleurs que, dans cette hypothèse, y(^) est divisible par (j: — a)'-. En continuant à raisonner de même, on parvient donc à ce théorème :

IlL La condition nécessaire et suffisante pour que a soit une racine d^ordre m de f{jo), est que f{%)^ /'(*)? •• '^f^~^{^) soient nulles^ et quef'^{'x) ne le soit pas.

LIVRK f.

§ 34. — Continuité des fonctions entières.

Soit toujours

f{x) = UqX^ -4- aix'^-^ -r- a^x"-' -^. . ,-h an

une fonction entière de x. Démontrons d'abord la propositionsuivante :

IV. La fonction /(x) devient infinie en même temps que l<r valeur absolue de x.

Cela signifie qu'étant donné un nombre positif C, aussi gran<l qu'on le veut, on peut trouver un nombre posilif R, tel que la condition | j; | >► R entraîne la condition

Sous forme géométrique on peut dire, que, étant donné le nombre C, on peut tracer de l'origine comme centre un cercle de ravon R assez grand, pour qu'en dehors de ce cercle le module de la fonction ne. soit pas inférieur à G.

Ce ibéorème est évident pour la fonction x" ] en effet, /• étant le module de x^ r" est celui de x"; sitôt que /• est plus grand que I, r" devient supérieur à r et croît indéfiniment avec n.

Pour démontrer le théorème général, désignons par r, Cor C|, . . ., Cff les modules de J7, «oj ^i » • • •> ^n- On a alors

\/{x)\ = rn

an

Dans l'Introduction nous avons démontré que le module d'une somme est compris entre la différence et la somme des modules des termes. On a donc

On

an

__ fî

Les quantités Cq, C|, ..., c„ sont des constantes données; on peut donc trouver un nombre 11 tel que, sous la condition r>>R,

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