CHAPITRE 111. — LES RACINES DES ÉQUATIONS ALGÉBRIQUES. I^Q
D'après la proposition V du § 34, on peut toujours choisir s de telle sorte que
h /i«-Hi)(a)
m-hi /^'«^a) (m-M)(/n^-2) /('«^(a)
sous la condition
Soit, d'autre part, o une fraction positive, telle que
on pourra toujours trouver 8, si /(a) n'est pas nul. Si donc on détermine h par l'équation
h*nf{m)(o,)
on aura, d'après (i5),
Remplaçant h dans l'équation (12) par sa valeur tirée de (16), il vient
/(at-+-A) = (,-a)/(a)
'"(a) ' (m-i-i)(/7H-2) /'"(«) et, par suite,
(«7) l/U-t-A)|^l/(a)|(i-a)4-3|/(a)| En vertu de (i3), on conclut de là
Le théorème fondamental est donc démontré.
l5o LITRE I. — LES PRINCIPES.
§ 42. — Algorithme pour le calcul des racines.
La démonstralion, donnée au paragraphe précédent, ne laisse rien à désirer au point de vue de la rigueur; pourtant elle ne permet pas de reconnaître par quel procédé on peut arriver à calculer efTectivement la racine, dont on a démontré Texistence. Nous ajouterons donc les considérations suivantes, destinées à remédier à ce défaut, quoique simplement au point de vue théorique. Elles fourniront, en réalité, une seconde démonstration du théorème fondamental et sont dues principalement à Lipschitz {Lehrbuch der Analysis, vol. I, p. 66^ quelques simplifications m'ont été indiquées par MM. Dedekind et Frobenius).
Lorsque les deux fonctions rationnelles et entières f{x) et f'{x) ont un diviseur commun, on sait le trouver par des opérations rationnelles (§ 6) et, par suite, on peut en débarrasser la fonction. Nous pouvons donc supposer que /(:r) et /'(x) n'ont pas de diviseur commun et, par suite, ne s'annulent simultanément pour aucune valeur de x.
Supposons qu'on sache effectuer le calcul de la racine pour une fonction du degré n — i, et que, par suite, on sache décomposer f{x) en facteurs linéaires. Soit donc
(i) /(a:).= -r^-hata?'*-* -+-aia7"-«-4- . . .,
(2) /'(^) ~ nx^-^-\'{n — i)aia7»-*-i- (n — 'jL)aiX^-^ -4-
= /i(x— p,) (ar— Pj)...(a:— ?/,-i);
les nombres ^\, ^^ • • m ^/i-i ^^^^ supposés connus, et ne sont pas nécessairement distincts. Par hypothèse, les modules des quantités
(3) * /(Pi), /(PO, ..., /(P/.-t), que nous désignerons par
(4) ^i, ai, ..., bn-if
sont tous différents de zéro; nous supposerons que 6| est inférieur ou au plus égal aux autres.
D'après la proposition V du § 41 , on peut déterminer une
CHÂPITBB III. — LES RACINES DES ÉQUATIONS ALGÉBRIQUES. l5l
valeur a telle que le module a de /(a) soit plus petit que b\ ; on aura donc
(5) a < 6iS6jl63 .. . 16„i.
Limitons maintenant un domaine G de la variable x^ de telle sorte qu'en tout point extérieur à ce domaine le module de f(x) soit plus çrand que a; G contient donc tous les points or, pour lesquels le module est plus petit que a, et contient en outre d'autres points. On y parvient (§ 34, IV) en décrivant de l'origine comme centre un cercle (R), de rayon R suffisamment grand, renfermant à son intérieur les points a, ^i, ^2, . . ., ^//.i, et en entourant d'un petit cercle de rayon aussi petit que l'on veut, mais différent de zéro, les points ^1, ^2, . . ., ^n-ty pour lesquels le module de /{x) est supérieur à a; les rayons pi, p2, . . ., pn-t de ces cercles sont choisis de telle manière qu'à l'intérieur de ces cercles le module de /{x) reste supérieur à a. Il en résulte qu'aucun de ces cercles ne renferme le point a pour lequel le module de /{x) est égal à a, La partie du plan limitée par le cercle (R) et les cercles (?0> (pa)ï • • • î (?«-*) ^^^ '^ domaine G.
Fig. 3.
Construisons maintenant une suite de nombres
tels que les modules correspondants de/(x)
aillent toujours en décroissant. Les affixes de ces nombres sont
// l intérieur du domaine G, puisque tous les modules correspondants sont plus petits que a.
Nous emploierons à cet effet un procédé analogue à celui du §41 (V), avec cette simplification que la première dérivée/'(a) est différente de zéro. Écrivons le développement
appelons S une fraction positive proprement dite; posons
•il vient alors
\f{o^\ri^) op(oL)r(oi)
Mais^ d'après (2), on a
désignons par /'i, /'2, ...,/'/i i les modules des différences (a — ^1), (a— P2), ..., (cL — ^n-i); il vient
|/'(3t)| = «/'ir, ...r,i-i.
Le point a étant extérieur au cercle p^ de rayon ^4, on aura
par suite,
''i>Pi, ''î>Pi) ...»
|/'(a)l >np,pî...p„i;
le module de /'(a) est donc supérieur à un certain nombre Xr, indépendant de la position de a dans le domaine G.
Il en résulte qu'on peut trouver un nombre positif Q, indépendant à la fois de la position du point a et de la fraction 8, lel que Ton ait
et