‹ Traité d'analyse chimique par la méthode des volumesChapitre 35 sur 123 · ACIDlMÉTUlE · texte numérisé non relu

ACIDlMÉTUlE

faisants. On dissout dans l’acide azotique une quantité détei’minée de fer métallique pur, on verse la dissolution de fer dans celle qui contient l’acide phosphorique, et on y ajoute un excès d’ammoniaque pour précipiter le phosphate de fer. Tout l’acide phosphorique est précipité, si l’on emploie une quantité suffisante de sel de peroxyde de fer. On chauffe, on filtre, on lave avec beaucoup de soin et, après la dessiccation, on calcine le phosphate de fer.

Le poids du précipité calciné donne la proportion d’acide phosphorique qui existait dans la dissolution ; il suffit pour cela de soustraire la quantitédepeiuxyde de fer employée, qui est donnée par le fer métallique sur lequel on a agi.

Le fil de fer du commerce n’étant pas toujours pur, il est utile, lorsqu’on a beaucoup d’analyses à faire, de déterminer, préalablement , la quantité de peroxyde de fer fournie par un poids donné de fil de fer.

Il est nécessaire d’employer dans ce dosage un excès de peroxyde de fer, pour que tout l’acide phosphorique soit précipité.

On ne doit pas faire usage de cette méthode, lorsque la dissolution contient des bases terreuses ou des oxydes métalliques qui peuvent être précipités par rainmoniaque.

L’analyse volumétrique de l’acide phosphorique peut se faire par les procédés de MM. Raewski, Cottereau et Liebig.

Le procédé de M. Raewski consiste à dissoudre le composé, qui contient facide phosphorique, dans feaii ou dans l’acide chlorhydrique, à y ajouter de l’acétate de soude et à précipiter par un léger excès de protochlorure de fer. On lave le précipité, on le dissout dans l’acide chlorhydrique, on réduit par le zinc le perchlorure de 1er et l’on détermine ensuite le protochlorure de fer, (fui s’est formé, par Lille dissolution titrée de permanganate de potasse. Ainsi,

ESSAI DES ACIDES DÛ COMMERCE

c’est par la quantité de fer, qu’on trouve dans la solution, que l’on dose l’acide phosphoriqne.

M. Raewski admet que, lorsqu’on mêle un phosphate alcalin avec le perchlorure de fer, il se produit du phosphate neutre de sesquioxyde de fer qui se précipite, du chlorure alcalin et de l’acide chlorhydrique c[ui restent dans la liqueur :

Fe2Cl3 -j- M0,Ph05 q. HO = Fe'^OSPhQS + 2MC1 HCl.

Le phosphate de peroxyde de fer est soluble dans l’eau acidulée par l’acide chlorhydric^ue ; aussi doit-on, pour précipiter ce sel, ajouter à la dissolution de l’acétate de soude.

M. Liebig pense également que dans cette réaction il se produit du phosphate neutre de peroxyde de fer, mais d’autres chimistes ne partagent pas cette opinion. Suivant ces derniers, il se formerait un composé de ‘2 équivalents de peroxyde de fer et de 3 équivalents d’acide phosphorique, 2Fe‘‘‘0% 3PhO*; mais cette formule ne paraît pas reposer sur des faits bien observés. Nous admettrons, par conséquent, la première.

C’est donc le phosphate neutre de peroxyde de fer qui sert de base au calcul ; c’est ce sel qui est transformé en perchlorure de fer par l’acide chlorhydrique et qui fournit ensuite, à l’aide du zinc, du protochlorure de fer que l’on dose facilement par le permanganate de potasse.

Cottereau a dosé l’acide phosphoriqne contenu dans les terres, les engrais et les aliments par le moyen que nous allons décrire, et qui est fondé sur la propriété que possèdent les dissolutions alcalines de convertir les phosphates insolubles en phosphates alcalins solubles, et sur l’action que ceux-ci exercent sur l’azotate d’ai-gent. Il en résulte du pho.sphate d’argent, dont la composition est représentée par la formule 2AgO, PhO*.

ACIDIMÉTRIE.

Cottereau conseille d’opérer de la manière suivante : on fait bouillir un poids déterminé de phosphate insoluble avec quatre fois son poids de carbonate de soude pur et environ 10 volumes d’eau distillée. Lorsque la décomposition est complète, on sépare par la fdtration le carbonate insoluble et on lave. On neutralise ensuite la solution fdtrée par l’acide azotique et on la divise en deux parties égales, que l’on introduit dans deux matras d’essai dont le col est étroit.

D’un autre côté, on prépare une dissolution titrée d’azotate d’argent, en dissolvant dans 1 litre d’eau distillée, à 15 degrés, Zi8‘‘'',57 d’azotate d’argent fondu. 1 centimètre cube de cette solution représente 0,0Zi85 d’azotate d’argent correspondant à 1 centigramme d’acide phosphoric{ue.

On ajoute 1 centimètre cube de cette liqueur d’épreuve à la solution de phosphate de soude, et, après une agitation suffisamment prolongée, on verse un nouveau centimètre cube de solution normale d’argent ; on agite encore et l’on continue à faire des additions successives jusqu’à ce que la liqueur éclaircie ne se trouble plus. Chaque centimètre cube de liqueur titrée qu’on a été obligé d’employer représente 1 centigramme d’acide phosphorique, et, selon Cottereau, on trouve la proportion de cet acide à 4- centième près.

Lorsqu’on veut analyser un mélange de phosphates solubles et de phosphates insolubles, un premier dosage donnera la proportion de ces derniers et on aura la quantité de phosphates solubles, en les transformant en phosphates insolubles et en opérant ensuite comme précédemment. Cette opération a pour but de séparer les phosphates sot lubies d’autres sels, comme les chlorures.

Cottereau fait, observer que les précipités de phosphate d’argent peuvent être convertis en carbonate d’argent à

ESSAI DES ACIDES DU COMMEUCE. 229

l’aide du carbonate de soude. Le carbonate d’argent servira ensuite à la j^réparation de l’azotate d’argent.

M. Lecomte a remarqué que l’oxyde d’uranium donne avec l’acide pliosphoriqne un phosphate dont l’insolubilité dans l’eau est presque absolue et cfui se dépose rapidement, en laissant un liquide clair. Le phosphate de chaux luimême, dissous au moyen de l’acide chlorhydrique dans une liqueur très étendue, fournit un précipité très abondant. M. Lecomte a pensé qu’on pourrait mettre à profit cette propriété pour le dosage de l’acide phosphorique.

On prépare une solution normale d’azotate d’urane de l^manière cjue chaque centimètre cube précipite 0“'',001 d’acide phosphorique, et l’on verse cette liqueur dans le phosphate jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité.

Les sels d’urane sont très rares et cette méthode présente d’ailleurs un inconvénient grave que nous avons déjà signalé, c’est qu’il n’est pas facile de saisir l’instant où le précipité cesse de se former.

Le procédé indiqué par M. Liebig est plus rapide que les précédents; il repose, comme celui de M. RaeAVski, sur la conversion des phosphates alcalins mêlés avec le perchlorure de fer en phosphate neutre de peroxyde de fer. On s’assure que la réaction est achevée à l’aide du cyanoferrure de potassium. Voici comment on opère.

On dissout le phosphate dans l’eau à l’aide d’une quantité suffisante d’acide chlorhydrique, on y ajoute ensuite de l’acétate de soude et de l’acide acétique, puis on y verse, au moyen d’une burette, une solution titrée de perchlorure de fer, de manière à précipiter tout l’acide phosphoiique. On reconnaît que l’opération est terminée en touchant avec une tige de verre chargée du liquide à essayer, une bande de papier imprégné de cyanoferrure de potassium que l’on place sur une soucoupe en porcelaine. Si ]d

ACIDIMETRIE.

liqueur contient du perchlorure de fer en excès, le papier devient bleu. Ce moyen est très sensible; il présente cependant les inconvénients inhérents à cette manière d’opérer.

Il est utile de faire remarquer que lorsqu’on ajoute un phosphate alcalin à une solution de perchlorure de fer, contenant de l’acétate de potasse et de l’acide acétique, la réaction n’a pas lieu immédiatement. Il faut donc opérer lentement. '

La liqueur titrée se prépare en dissolvant 15s'',556 de fer pur dans l’acide chlorhydrique, et en ajoutant quelques gouttes d’acide azotique pour peroxyder le fer. On fait évaporer la solution jusqu’à siccité et l’on dissout le résidu dans 2 litres d’eau distillée. 1 centimètre cube de liqueur normale correspond à 10 milligrammes d’acide phosphorique.

S 6. Essai de l’acide acétique et du vinaigre. . ,

Pour avoir le titre centésimal de l’acide acétique par la méthode de M. Violette, on devra substituer dans la formule générale (page 20/i) 750 à e.

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