CHAPITRE XI
OXYDES DE MANGANÈSE
Les minérais de manganèse les plus importants sont la pyj'olusite, la braunite, la mancjanite et Y hausmanite. On les rencontre anhydres ou hydratés, en filons, dans les terrains primitifs et dans ceux de transition. Le sesquioxyde de manganèse, connu sous le nom de braunite^ lorsqu’il est anhydre, et de mancjanite ^ lorsqu’il est hydraté, est souvent mêlé avec le peroxyde de manganèse. Celui-ci est le plus abondant. Il contient ordinairement du fluorure de calcium, du carbonate de chaux, du sulfate de baryte, de la baryte, du peroxyde de fer, du sesquioxyde de manga-
OXYDES DE MANGA.NÈSE
nèse et de l’eau. Les manganèses les plus connus sont ceux d’Allemagne, d’Angleterre, de la Mayenne, de Bourgogne, de la Dordogne, du Cher, etc.
Ces oxydes, étant d’une composition variable, et produisant par conséquent des quantités différentes de chlore, il importe de connaître la proportion de chlore qu’ils peuvent donner quand on les met en contact avec l’acide chlorhydrique. Le chlore qui se dégage est représenté par le poids de l’oxygène qu’ils contiennent ^en plus de l’oxygène du protoxyde. Ainsi, l’oxyde rouge de manganèse, MnO'^, dégage ~ d’équivalent de chlore, le sesquioxyde MnO*i en fournit | équivalent, et le peroxyde, MnO% un équivalent.
Le peroxyde de manganèse pur est formé de :
gr-
Manganèse 3,5578
Oxygène 2,0000
Il peut produire de chlore avec 1"‘,3963.
3®‘‘,980 donneraient donc 1 litre de chlore et 1000 grammes 25i“*,23.
Lorsqu’on examine les diverses espèces de manganèses, on obtient des résultats différents, comme on le voit dans le tableau suivant dressé par Gay-Lussac :
1,000 grammes de manganèse pur fournissent.. 0,796 de chlore.
» de Cretlnich 0,752
J) de Calvéron 0,765
» de Périgueux 0,517
» de Romanèche 0,469
n de Laveline 0,464
» de Pesillo (Piémont) 0,442
» de Saint-Marcel (Piémont) .. . 0,278
ARTICLE PREMIER. — Procédé de Gay-Lussac.
La valeur des manganèses dépendant du chlore qu’ils produisent, Gay-Lussac a fondé un procédé pour l’essai de
ti'r
PROCEDE DE GAY-LUSSAC
ces oxydes, sur la détermination de la quantité de clilore qu’ils donnent avec l’acide chlorhydrique. Ce procédé con- , siste à recueillir le chlore fourni par un poids connu d’oxyde de manganèse, et à en déterminer le titre par un essai chlorométrique. Lorsque le peroxyde de manganèse est pur, il suffit d’en prendre 3*%980 pour obtenir par l’action de l’acide chlorhydrique un litre de chlore sec. Ce chlore, dissous dans un litre de dissolution de potasse, fournit un chlorure normal à 100 degrés. Si un autre oxyde de manganèse donne sons le même poids un titre chlorométrique de 50 degrés, cela indique que ce manganèse ne fournit aue la moitié du chlore que produit l’oxyde de manganèse ^r, et qu’il a, par conséquent, moitié moins de valeur.
L’appareil dont on se sert pour faire l’essai des manganèses se compose d’ un petit ballon a d’environ 5 centimètres de diamètre, destiné à recevoir l’oxyde de manganèse et l’acide chlorhydrique, et d’un long tube h légèrement courbé qui entre dans un long matras c (fig. 105). Ce tube est adapté au petit ballon à l’aide d’un bon bouchon luté avec soin. Le matras est rempli jusqu’au col d’une dissolution de potasse, marquant 200 degrés alcalimétriques.
Fig. 105.
Lorsqu’on veut faire l’essai, on prend un échantillon représentant la valeur moyenne de la masse, on le réduit en poudre, on en pèse 3s'', 980, que l’on introduit, à l’aide
30^ OXYDES DE MANGANÈSE
d’un papier roulé, dans le ballon, ou mieux encore, avec un entonnoir. On verse ensuite sur le manganèse environ || 25 centimètres cubes d’acide chlorhydrique fumant et pur, ou au moins exempt d’acide sulfureux, et on ferme immédiatement le petit ballon avec le bouchon qui porte un tube déjà engagé dans le matras. On chauffe alors le mélange sur un petit fourneau ou avec une lampe à esprit de vin ; le chlore se dégage et se dissout dans la liqueur alcaline.
L’air de l’appareil se rassemble dans le récipient et force la solution alcaline à s’élever dans le col du matras; il faut
donc redresser de temps en temps l’appareil pour chasser ! l’air, après avoir agité cependant le liquide pour absorber ■ les traces de chlore qu’il pourrait contenir. On évite : facilement cet inconvénient en se servant d’un petit ballon. |
On élève graduellement la température, et on fait bouillir I
le liquide afin de chasser tout le chlore. Lorsque l’opéra- ; tion est terminée, on enlève le tube qui plonge dans le liquide afin d’éviter l’absorption, on verse la dissolution chlorée dans un ballon de la capacité d’un litre, et on lave avec soin. Les eaux de lavage sont réunies à la disso- ; lution de chlorure, et on y ajoute assez d’eau pour former le volume d’un litre. La détermination du chlore se fait -î ensuite par l’un des procédés que nous avons décrits, et particulièrement par la dissolution titrée d’acide arsénieux. ij Si l’on trouve 75 degrés chlorométriques, cela veut dire que le manganèse essayé contenait 75 pour 100 de peroxyde de manganèse pur.
Lorsque le manganèse est à l’état de sesquioxyde, une seule partie d’acide chlorhydrique est convertie en chlore; les carbonates, la baryte et l’oxyde de fer neutralisent une quantité correspondante de cet acide. Pour apprécier la valeur des manganèses, il faut donc connaître non-seulement la quantité de chlore qu’ils peuvent donner, mais
PROCEDE DE GAY-LUSSAC
encore la quantité d’acide chlorhydrique qui est saturée par les corps étrangers, Voici le procédé imaginé par Gay- Lussac :
On dissout S*", 98 d’oxyde de manganèse dans 25 centimètres cubes d’acide chlorhydrique, équivalant à 250 degrés alcalimétriques, et l’on détermine la richesse du manganèse par le procédé ordinaire. Pour avoir la quantité d’acide chlorhydrique libre, on sature la dissolution avec une liqueur titrée de carbonate de soude, et on reconnaît que la saturation est complète lorsque le précipité de carbonate de manganèse, qui se forme d’abord, commence à ne plus ^e dissoudre. La solution alcaline employée représente la quantité d’acide chlorhydrique libre. Si l’on connaît le titre du manganèse, et par conséquent le poids d’acide chlorhydrique nécessaire pour décomposer le peroxyde, on peut calculer la quantité d’acide chlorhydrique que les corps étrangers ont absorbée.
Voici quelques analyses faites par Gay-Lussac sur divers oxydes de manganèse, qui indiquent la quantité de chlore obtenue, l’acide chlorhydrique resté dans la liqueur et celui qui a été consommé par les corps étrangers.
Manganèse d’Allemagne, en masse cristalline.
Chlore obtenu 93", 2 — 1 67", 3 d’acide.
Carbonate de soude pour saturation 79", O
Donc perte ou acide disparu 3", 9
Manganèse de la Mayenne.
Chlore obtenu. 32", 3 = 92", 2 d’acide.
Carbonate de soude pour saturation 1 27", 0
Dorle ou disparu 31", O
POCr.IAT.K.
OXYDES DE MANGANÈSE
Manganèse de Bourgogne.
Chlore obtenu 68", 5 = 120“, 4 d’acide.
Carbonate de soude pour saturation 1 03“,0
Perte ou disparu 26“,9
f Manganèse de la Dordogne.
Chlore obtenu 68”,1 = il9“, 7 d’acide.
Carbonate de soude pour saturation 103°,0
Perte ou disparu 27“,5 ,
Manganèse du Cher.
Chlore obtenu 53", 5 = 94",0 d’acide.
Carbonate de soude pour saturation 147“,0
Perte ou disparu. 9", 2
Manganèse venant d'Angleterre.
Chlore obtenu 87", 9 = 1 54", 4 d’acide.
Carbonate de soude pour saturation 82", 0
Perte ou disparu 13°, 8
On pourrait doser, approximativement, la proportion d’oxydes et de carbonates étrangers contenus clansles oxydes de manganèse, à l’aide d’une dissolution titrée d’acide chlorhydrique suffisamment étendue pour ne pas attaquer le peroxyde de manganèse.
On peut aussi, d’après un autre procédé de Gay-Lussac, reconnaître la valeur des oxydes de manganèse en déterminant la quantité d’oxygène que l’acide sulfurique peut déplacer. Un volume d’oxygène correspond à un volume double de chlore. Lorsque l’on chauffe le peroxyde de manganèse en présence de l’acide sulfurique concentré, on ob-
PROCÉDÉ DE GAY-LUSSAC. 307
tient du sulfate de protoxyde de manganèse et 1 équivalent d’oxygène, comme le prouve l’équation suivante :
Mn02 -f S03,H0 = ho + MnO,SQ3 + 0.
Pour faire cette analyse, on introduit dans une petite cornue a (fig. 106) 3 grammes de peroxyde de manganèse et 25 centimètres cubes d’acide sulfurique très concentré;
on adapte à la cornue un tube étroit propre à recueillir les gaz, qui s’engage sous une éprouvette graduée c. L’extrémité de ce tube doit être assez élevée pour dépasser le niveau du liquide, lorsque l’opération est tenninée. L’éprouvette plonge dans une cuve d contenant de l’eau alcaline, pour absorber l’acide carbonique fourni par les carbonates, qui accompagnent ordinairement les oxydes de manganèse.
On cliauffe graduellement la cornue jusqu’au terme d’é-
OXYDES DE MANGANÈSE
bullition ; les vapeurs qui se forment se condensent dans le col et retombent dans la cornue. On cesse de chauffer lorsqu’il n’y a plus de dégagement de gaz. Après le refroidissement, on enlève le tube et on mesure le gaz oxygène en suivant les règles que nous avons fait connaître pour les corrections relatives à la pression, à la température et à la tension de la vapeur d’eau. ''
Ce procédé donne des résultats moins certains que le précédent, parce qu’il reste un peu de peroxyde de manganèse en dissolution. Pour déterminer le volume d’oxygène que contient ce peroxyde de manganèse, on y ajoute une dissolution titrée d’acide arsénieux pouvant détruire un volume égal de chlore qui correspond, comme on sait, à volume d’oxygène. Ainsi, si l’on a employé 8 centimètres cubes de liqueur arsénieuse pour décolorer la dissolution rose de sulfate de peroxyde de manganèse fourni par h grammes de cet oxyde, on en conclura que le volume d’oxygène est de h centimètres cubes représentant 8 centimètres cubes de chlore.
ARTICLE II. — Procédé de M. Levol.
Le procédé de M. Levol repose sur l’action du chlore sur le protochlorure de fer dissous dans l’acide chlorhydrique. L’expérience démontre que ce sel ne laisse échapper aucune trace de chlore tant qu’il n’est pas transformé en perchlorure de fer. Il est basé également sur ce fait, que le chlorate de potasse, traité cà chaud parracidechlorhydrique, laisse dégager autant d’équivalents de chlore qu’il contient d’équivalents d'oxygène. Les équations suivantes représentent ces deux réactions :
Mn02 4- 2C1II + 2FeCl = MnCl -f 21(0 -f- Fe^ClS K0,C105 -P ocm = KCI -f- 6110 + CIG.
PROCEDE DE M. LEVOL.
Ainsi, en déterminant la quantité de perchlorure de fer qui se forme, on trouve par le calcul le volume du chlore qui s’est dégagé et on a, par conséquent, la richesse du manganèse.
de peroxyde de manganèse pur, traités par l’acide chlorhydrique, dégagent 1 litre de chlore sec, pesant 3?'’ ,170 et représentant 100 degrés chloro métriques. Ce chlore suffît pour transformer en perchlorure de fer le protochlorure obtenu avec Zi^^SôS de fer. Mais avec les oxydes de manganèse du commerce, la quantité de chlore étant insuffisante pour perchlorurer le fer, on achève la chloruration avec Upe quantité connue de chlore. On se sert pour cela d’une solution aqueuse de chlorate de potasse contenant 1«'',829 pour 100 de ce sel bien pur. Ces 100 grammes de solution renferment 3®'', 170 de chlore ou 100 degrés chlorométriques.
Pour faire cette analyse, on introduit de fîl de
clavecin dans un matras de 3 décilitres de capacité, à col court et un peu large (fîg. 107) , que l’on peut fermer par un bouchon de liège portant un tube droit, effilé à sa partie inférieure et surmonté d’un entonnoir. On y verse ensuite environ 100 grammes d’acide chlorhydrique pur et concentré, on bouche imparfaitement l’appareil afin que l’hydrogène puisse se dégager librement, et l’on chaulfe légèrement le ballon pour favoriser la dissolution, en ayant Fig. io7. soin de l’incliner pour éviter les pertes. Lorsque le fer est dissous, on ajoute dans le ballon 3®'^,980 d’oxyde de manganèse à essayer que l’on a renfermé dans du papier sous la forme d’une petite cartouche, on agite l’appareil et on le referme avec le bouchon qui porte le tube à entonnoir. On fait bouillir pendant quelques minutes, puis on
OXYDES DE MANGANESE.
retire le ballon du feu et on suspend au bouchon, dans l’intérieur, une bandelette humide de papier de tournesol.
Les manganèses du commerce contenant toujours des corps étrangers, il est évident que les 3^' ,980, sur lesquels on a opéré, sont insuffisants pour transformer en perchlorure le protochlorure de fer provenant de /i®'',858 de fer. C’est pour déterminer le protochlorure de fer restant et pour achever la chloruration, que l’on emploie une dissolution titrée de chlorate de potasse. A cet effet, on remplit une burette de liqueur normale, que l’on verse goutte à goutte dans le tube à entonnoir jusqu’au moment où le papier de tournesol commence à se décolorer. Le chlore est alors en excès, et tout le fer est à l’état de perchlorure. On note le volume de la solution normale de chlorate de potasse qu’il a fallu verser, et puisque 100 centimètres cubes de cette liqueur contiennent 3,170 de chlore, on aura par un simple calcul la quantité de chlore contenue dans la solution employée. Ainsi le titre d’un manganèse dont l’essai aura exigé AO centimètres cubes de chlorate de potasse, sera 100 — AO = 60“ chlorométriques. Ou bien encore supposons que:
Le litre du manganèse soumis à l’essai plus la solution de chlorate de potasse = 100“ chlorométriques.
Et les degrés appartenant au chlorate = 15“
Le titre du manganèse sera = 85“
L’expérience prouve qu’il faut ajouter dans un petit ballon contenant de l’acide chlorhydrique pur, un demi-centimètre cube de solution normale de chlorate de potasse pour décolorer le papier de tournesol. Il faudra donc retrancher ce volume de celui qu’on a employé pour avoir exactement le titre des manganèses.
ESSAI DES MANGANÈSES PAR l’aCIDE OXALIQUE.
ARTICLE III. — Essai des manganèses par l’acide oxalique.
Ou peut déterminer la richesse des manganèses du commerce en les traitant par l’acide oxalique et un excès d’acide sulfurique. Il se forme du sulfate de protoxyde de manganèse et il se dégage de l’acide carbonique.
MnQ2 -f SQ3 + C20S,3H0 = Mn0,S03 + 3HO -f 2C02.
On reçoit l’acide carbonique dans une dissolution de baryte, et le poids du carbonate de baryte obtenu indique le titre de l’oxyde de manganèse; en elFet, un équivalent de peroxyde de manganèse correspond à deux équivalents de îïbrbonate de baryte.
Le procédé analytique imaginé par MM. Frésénius et Mdll, fournit des résultats tellement certains que nous croyons devoir le décrire, bien qu’il n’appartienne pas à la méthode des volumes. 11 repose sur la réaction précédente et sur la perte de poids, provenant de l’acide carbonique formé, qu’éprouve un appareil pesé d’avance. On se sert du petit appareil (fig. 108), que nous avons déjà employé pour le dosage de l’acide carbonique.
Le ballon A doit avoir une capacité d’environ 75 centimètres cubes et le ballon B de 60. On introduit dans celui-ci 25 ou 30 centimètres cubes d’acide sulfurique, et dans le ballon A 2“', 97 de peroxyde de manganèse pulvérisé, 2'*'', 5 d oxalate neutre de
OXYDES DE MANGANÈSE
potasse et environ 25 centimètres cubes d’eau. On bouche alors le tube a avec de la cire molle, on ferme l’appareil avec soin et on le pèse. Puis on aspire par le tube afin de faire passer par le tube c un peu d’acide sulfurique dans le ballon, qui contient l’oxyde de manganèse et l’oxalate de potasse ; l’acide carbonique se dégage et le liquide du ballon A se colore en rouge par la production d’un peu de sel de peroxyde de manganèse. On fait arriver de l’acide sulfurique jusqu’à ce que tout l’oxyde de manganèse soit décomposé. Celui-ci est alors entièrement dissous, et il ne se dégage plus d’acide carbonique. Pour chasser toutl’ acide carbonique dissous, on fait arriver dans le ballon A, par aspiration, une quantité d’acide sulfurique assez forte pour que le liquide s’échauffe. On enlève ensuite le bouchon de cire et, en aspirant, on fait passer lentement un courant d’air dans l’appareil, de manière à enlever tout l’acide carbonique. Après le refroidissement, on pèse l’appareil et la perte qu’il a éprouvée représente le poids de l’acide carbonique dégagé.
Le poids de l’acide carbonique est presque égal à celui du peroxyde de manganèse décomposé ; en effet, 100 d’acide carbonique correspondent à 98,989 de peroxyde de manganèse. Si l’on prenait par conséquent O®’’, 98989 de manganèse, chaque centigramme d’acide carbonique correspondrait à un centième de peroxyde de manganèse, mais, comme la quantité d’acide carbonique formé serait trop faible, on multiplie ce chiffre par 3, et on a 2,97. Il faudra donc diviser par 3 le nombre de centigrammes obtenus pour l’acide carbonique , et l’on trouvera la quantité de peroxyde de manganèse contenue en centièmes dans le manganèse essayé. Si le peroxyde de manganèse était pur, 2,97 produiraient 3,00 d’acide carbonique.
Lorsque les manganèses contiennent des carbonates, on
ESSAI DES MANGANÈSES PAU L’aCIDE OXALIQUE.
verse sur réchantilion à essayer de l’acide sulfurique très étendu, on agite, et lorsque le dégagement d’acide carbonique a cessé, on chasse celui qui a été dissous, en élevant doucement la température du ballon. On remplit alors avec 5 grammes d’acide oxalique un petit tube de verre fermé par un bout, on y attache un fd qu’on fixe entre le bouchon et le col du ballon A au-dessus de la liqueur. On pèse l’appareil, puis on laisse tomber le petit tube en soulevant le bouchon du ballon qu’on referme immédiatement après. Il se dégage aussitôt de l’acide carbonique, et on termine l’analyse d’après les règles que nous venons d’ex- ^ser.
* L’essai des manganèses par les poids donne des résultats exacts, mais il exige de bonnes balances, et l’emploi d’assez grands ballons de verre rend les pesées incommodes. Nous préférons donc la méthode volumétrique.
On peut employer également l’acide oxalique pour l’analyse volumétrique des manganèses ; ceux-ci sont désoxydés par cet acide, et on détermine la quantité d’acide oxalique non décomposé par le permanganate de jDOtasse. Un équivalent d’acide oxalique décompose un équivalent de peroxyde de manganèse. Pour faire l’expérience, on met dans un ballon un poids connu de manganèse pulvérisé ; on y ajoute un volume également connu d’acide oxalique titré et quelques centimètres cubes d’acide sulfurique concentré, on chauffe et, si tout le manganèse n’est pas attaqué, on y verse encore quelques centimètres cubes d’acide oxalique et un peu d’acide sulfurique. Lorsque le manganèse est réduit, on détermine le volume de la liqueur et on verse dans une portion de cette liqueur filtrée une dissolution titrée de caméléon. Mais cette réaction n’a pas une netteté suffisante, et nous préférons l’une des trois méthodes précédentes.
OXYDES DE MANGANÈSE
L’essai des manganèses se fait facilement à l’aide du sulfate double de protoxyde de fer et d’ammoniaque, i équivalent de peroxyde de manganèse suroxyde 2 équivalents de ce sel ; ainsi, il faut de peroxyde de manganèse pour
transformer en sel de fer au maximum 10 grammes de ce sel double. Pour faire cette analyse, on met dans un ballon 1,111 de manganèse à essayer, on y ajoute de 7 à 9 grammes de sulfate double de fer et d’ammoniaque suivant la richesse présumée de l’échantillon, on y verse un excès d’acide chlorhydrique fumant, on y ajoute quelques fragments de bicarbonate de soude et on ferme avec soin le ballon qui communique, à l’aide d’un tube de verre, avec un autre ballon rempli d’eau. Lorsque le dégagement d’acide carbonique a cessé on chauffe l’appareil; quand tout le manganèse est dissous, on laisse refroidir et on dose le protoxyde de fer qui reste dans la liqueur au moyen d’une dissolution titrée de permanganate de potasse : ce procédé fournit de bons résultats.
M. Astley Price emploie un procédé qui est basé sur la conversion de l’acide arsénieux en acide arsénique, au moyen du chlore et d’une dissolution de permanganate de potasse. Le manganèse que l’on veut essayer est dissous dans une dissolution chlorhydrique normale d’acide arsénieux, et l’on dose, à l’aide du permanganate de j)otasse, l’acide arsénieux sur lequel le chlore n’a pas réagi.
On prépare la solution normale d’acide arsénieux en dissolvant dans la potasse 113®‘',53 d’acide arsénieux , chiffre qui correspond à 100 grammes de peroxyde de manganèse pur, et en ajoutant ensuite de l’acide chlorhy- i drique pur, de manière à former un litre.
Pour obtenir la solution titrée de permanganate de po- • |
tasse, on étend 50 centimètres cubes de la liqueur arsé-
ESSAI DES MANGANÈSES PAR l’aCIDE OXALIQUE.
nieuse, ce qui correspond à 5 grammes de peroxyde de manganèse , et on détermine le nombre de centimètres cubes nécessaires à la transformation de l’acide arsénieux en acide arsénique.
Lorsqu’on veut titrer un échantillon de manganèse, on en met 10 grammes dans un petit ballon, on y 'ajoute 100 centimètres cubes de liqueur arsénieuse, et on adapte le tube à boules deM. Will, plein d’une solution de potasse caustique (fig. 109). On chauffe, et lorsque la dissolution est complète, on laisse refroidir puis on décante le liquide contenu dans le ballon, auquel on ajoute celui de l’appa- ^il à boules. On étend d’eau la liqueur, et on détermine par le permanganate de potasse la quantité d’acide arsénieux qui n’a pas été oxydée par le chlore. On aura ainsi la valeur de l’échantillon de manganèse.
Lorsqu’on dissout l’oxyde de manganèse à chaud dans la liqueur arsénieuse, il se forme du chlorure d’arsenic qui est volatil ; mais on évite une perte de chlore en employant une liqueur arsénieuse étendue et en adaptant au ballon un tube à boules.
On a proposé de déterminer la valeur des manganèses du commerce, soit en réduisant le manganèse par un sel de protoxyde de fer et en dosant le reste du protoxyde par
une solution titrée de bichromate de potasse, soit par le protoclilorure d’étain et le bichromate de potasse, soit en absorbant le chlore par l’iodure de potassium et titrant avec l’acide sulfureux et la solution d’iode. On a proposé également d’absorber le chlore dans l’arsénite de potasse et de titrer avec la dissolution d’iode ; mais ces procédés ne nous semblent pas préférables à ceux de Gay-Lussac et de M. Levol.
L’essai des minerais de fer se fait, par la méthode ancienne, en chauffant dans un creuset brasqué, à la température d’un feu de forge, pendant une heure et demie, un mélange de 10 grammes de minerai et d’un fondant dont la comj)osition varie suivant la nature du minerai. Après le refroidissement , on pèse et on examine la fonte et le laitier. Par d’autres expériences, on détermine la proportion d’eau, d’acide carbonique, de sesquioxyde de fér, de carbonate de chaux et de inagnésie, de quartz et d’argile, qui composent ordinairement les minerais de fer. Ce procédé n’est pas rigoureux ; le poids de la fonte dépend de la composition des fondants. On sait d’ailleurs quelle retient du carbone, de la silice, du manganèse, etc.
La séparation des principes qui forment les minerais de fer exige de nombreuses recherches et une grande habileté de la part de l’opérateur.
ARTICI-E PREMIER. — Procédé de M. Margueritte.
M. Margueritte (1) a fait connaître un mode d’analyse (1) Annales de chimie et de physique, t. XVIII, p. 244.