‹ Traité d'analyse chimique par la méthode des volumesChapitre 79 sur 123 · PROCÉDÉS DE MM. JORDAN ET LEVOL. Ü · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS DE MM. JORDAN ET LEVOL. Ü

présence dn soufre, du mercure ou de rétain dans l’argent soumis à l’essai. Gay-Lussac lui-même a remarqué que le sulfure d’argent n’est pas facilement attaqué par l’acide azotique, et que, par conséquent, si l’argent soumis à l’essai contient quelques millièmes de sulfure d’argent, celui-ci est imparfaitement dissous et le titre de l’argent est estimé trop bas. Lorsque le sulfure d’argent n’est pas entièrement dissous dans la liqueur acide, on observe une poudre noire, pesante, qui se distingue de l’or par une apparence moins floconneuse. Ce dépôt se dissout clans une proportion plus considérable d’acide azotique, mais il est préférable d’ajouter à la dissolution d’argent quelques centimètres cubes d’acide sulfurique, et on fait bouillir pendant quelcpies instants. Si l’acide sulfurique n’était pas exempt d’acide chlorhydrique , il faudrait le faire bouillir ou le distiller, en rejetant les premières portions.

Pour enlever au procédé de Gay-Lussac les inconvénients qui se rattachent à la présence du mercure dans l’argent à essayer, M. Levol a proposé de dissoudre comme à l’ordinaire, la prise d’essai dans l’acide azotique et de sursaturer la dissolution à l’aide de 25 centimètres cubes d’ammoniaque. On ajoute la liqueur normale, puis on verse un excès d’acide azotique pour saturer l’ammoniaque. 1/ opération se fait ensuite par le procédé ordinaire.

M. Levol a pu, à l’aide de cette légère modification, titrer exactement par la voie humide de l’argent qui contenait, de mercure, quantité bien plus élevée que celle qui pourrait se trouver dans les lingots du commerce. Les liqueurs deviennent suffisamment claires et le précipité se colore à la lumière, comme en l’absence du mercure.

On emploie l’acide acétique concentré, mais il n’est pas nécessaire qu’il soit monohydraté, et, pour éviter une réaction trop vive, on étend l’ammoniaque de son volume

ARGENT

UUl

d’eau. Ces deux réactifs doivent être purs et particulièrement exempts de chlorures.

Par le procédé de M. Levol, le mercure est rendu entièrement inactif dans l’essai. Le titre obtenu est exact, parce qu’il est devenu indépendant du mercure qui reste en entier en dissolution dans la liqueur. M. Levol suppose que l’ammoniaque produit avec le bioxyde de mercure de l’azotate de bioxyde de mercure et d’ammoniaque, qui résiste à l’action du chlore du chlorure de sodium, en sorte que l’essai ne serait plus affecté d’erreur par la présence du mercure. Quant à l’acide acétique, il ne paraît intervenir autrement que pour saturer l’ammoniaque.

Gay-Lussac , qui a constaté l’exactitude du procédé de M. Levol, l’a simplifié en ajoutant à la dissolution acide d’argent l’ammoniaque et l’acide acétique réunis ensemble, mais en quantité sufTisante pour saturer tout l’acide azotique libre ou combiné. Dans une expérience, Gay-Lussac ajouta

10 grammes d’acétate d’ammoniaque avec un peu d’eau à l’argent dissous dans 5 centimètres cubes d’acide azotique ;

11 se forma un abondant précipité d’acétate d’argent, sur lequel on versa une mesure de dissolution normale de sel marin. On retrouva, après avoir terminé l’essai, 100 millièmes de mercure qu’on avait ajoutés.

Si on remplace l’acétate d’ammoniaque par l’acétate de soude, on trouve aussi très exactemeut le titre de l’argeiit, le chlorure d’argent bleuit à la lumière, et on reconnaît sans peine le mercure dans la liqueur qui surnage. La théorie de M. Levol n’est donc point exacte, puisqu’on peut remplacer l’ammoniaque par la soude et que l’acide azotique peut être également remplacé par l’acide sulfurique.

Il résulte des observations de Gay-Lussac qu’on ne doit pas laisser d’acide minéral libre dans la dissolution d’ar-

OR

geiit, et qu’il doit être entièrement saturé par l’acétate de I soude.

, On rencontre assez fréquemment dans le commerce des matières d’argent aurifères contenant de l’étain , et qui produisent du pourpre de Cassius lorsqu’on les traite par : l’acide azotique. Cette substance, de couleur foncée , se

: dépose lentement et l’agitation ne la rassemble pas au fond

; du vase avec le chlorure d’argent, de sorte qu’il devient ! impossible, à moins de fdtrer, d’employer les liqueurs dé- ; cimes.

M. Levol apporte dans ce cas une légère modification au K procédé de Gay-Liissac. Elle consiste à supprimer l’emploi \ de l’acide azotique et à le remplacer par l’acide sulfurique j concentré. Pour un essai , on emploie 25 grammes de cet I acide, on fait bouillir pendant quelques minutes, on laisse il refroidir et on opère ensuite comme à l’ordinaire. Les li- I queurs deviennent claires. L’essai se fait rapidement et il avec exactitude.

1 Jusqu’à présent aucun métal, excepté le mercure et l’étain, ne trouble le titre de l’argent. Gay-Lussac a essayé un grand nombre de métaux , tels que le fer, le zinc, le cuivre, le plomb, le nickel, le cobalt, le bismuth, etc. , et il i a toujours obtenu le titre exact de l’argent.

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