‹ Traité d'analyse chimique par la méthode des volumesChapitre 82 sur 123 · Bq502 : x ... a:=0s'-.0537 d’iiydrogène · texte numérisé non relu

Bq502 : x ... a:=0s'-.0537 d’iiydrogène

Si l’on veut i-amener ces quantités de carbone et d’hy-

khi ANALYSE ÉLÉMENTAIRE OES MATIÈRES ORGANIQUES

ANALYSE DES MATlÈllES ÜIIÜAMOUES AZOTÉES.

dl’ogène à 100 parties de substance organique analysée, on y arrive par deux nouvelles proportions :

1" 0,500 : 0,3054 100 : X ... X = 60,08 de carbone pour 100.

2“ 0,500 : 0,527 :: lOO : x .. x~ lO, 54 d’hydrogène pour 100.

La somme du carbone et de l’hydrogène est de 70,62. La difi'érence de 70,62 sur 100 représente la proportion d’oxygène, c’est-à-dire 29,38.

En divisant le poids de chacun de ces éléments par son équivalent, les quotients donnent les rapports des équivalents de carbone, d’hydrogène et d’oxygène exprimés par les résultats précédents.

Lorsqu’on a ainsi établi les rapports des éléments simples qui existent dans la matière soumise à l’analyse, on cherche son équivalent par des moyens que nous ne croyons pas devoir exposer ici.

ARTICLE III. — Analyse des matières organiques azotées.

Lorsqu’on calcine avec l’oxyde de cuivre ou avec le chromate de plomb une matière organique azotée, une partie de, l’azote se dégage à l’état libre, et une autre partie sous la forme de bioxyde d’azote ou de vapeurs nitreuses. Celles-ci se condensent dans le chlorure de calcium ou dans la dissolution de potasse, et faussent ainsi les résultats de l’analyse ; aussi obtiendrait-on des chilfres trop forts, surtout pour le carbone, si l’on ne prenait pas quelques précautions particulières, l^ur éviter cette cause d’erreur, on emploie un tube à combustion plus long que ceux dont on se sert pour l’analyse des matières organiques non azotées, on y introduit le mélange d’oxyde de cuivre et de substance à analyser, et l’on place au-dessus une colonne de cuivre métallique de deux décimètres de longueur. I.es

hliti ANALYSE ÉLÉMENTAIRE DES MATIÈRES ORGANIQUES.

composés nitreux sont décomposés par ce métal, qui absorbe l’oxygène et met l’azote en liberté. Le cuivre doit être incandescent pendant toute la durée de l’opération.

L’oxyde de cuivre, qui a déjà servi à l’analyse des matières organiques, et qui contient du cuivre métallique, convient à la combustion des matières azotées. L’opération doit marcher lentement, et M. Liebig conseille d’y consacrer le double du temps nécessaire pour l’analyse des substances non azotées.

On peut constater facilement dans une matière organique la présence de l’ azote, en la faisant fondre avec de l’hydrate de potasse dans un petit tube de verre. Il se dégage de l’ammoniaque reconnaissable à l’odeur et aux vapeurs^blanclies quelle produit, quand on la met en contact avec l’acide chlorhydrique. Mais, pour employer ce procédé avec succès, il est nécessaire que la proportion d’azote soit assez considérable, et que l’on ait à sa disposition des quantités suffisantes de substance.

Lorsqu’on ne peut opérer que sur de «très petites quantités de matière, le procédé de M. Lassaigne mérite la préférence. 11 consiste à mettre un fragment de potassium dans un petit tube de verre et à projeter dessus la matière desséchée que l’on veut calciner, si elle n’est pas volatile. On chauffe alors le tube à la flamme d’une lampe à esprit-devin, jusqu’à ce que l’excès de potassium soit volatilisé. Il se produit, pendant cette calcination, du cyanure de potassium. On laisse refroidir le tube, on le coupe en deux parties avec une lime, et l’on délaye dans quelques gouttes d’eau le produit de la calcination. La liqueur alcaline qui en résulte, étant mêlée avec une goutte de sulfate ferrosoferrique, donne naissance à un précipité bleu verdâtre, qm prend une belle couleur bleue par l’addition d’une goutte d’acide chlorhydrique." Si la matière n’est pas azotée, 1 Ip-

j cirate de peroxyde de fer qui se forme d’abord, se dissout i sans coloration dans l’acide chlorhydrique.

§ I . Dosage de l’azote.

i C’est par les volumes que l’on dose l’azote des matières \ organiques. On emploie, à cet effet, deux procédés : le pre-

mier consiste à déterminer son volume à l’état gazeux ; dans l’autre on le transforme en ammoniaque par un mélange de : chaux et de soude, et on mesure la quantité d’ammoniaque à l’aide d’une solution normale d’acide sulfurique.

jr § S. Détermination du volnme de l'azote.

I Gay-Lussac et M. Liehig ont proposé de doser l’azote I des matières organiques, en déterminant le rapport des vo- U lûmes d’acide carbonique et d’azote qui se produisent pen- I dant la combustion.

H Pour effectuer cette analyse, on introduit dans le tube à i combustion une colonne de quelques centimètres d’oxyde I de cuivre, puis un mélange d’oxyde de cuivre et de 5 ou I 6 décigrammes de matière à analyser, de manière qu’il occupe à peu près la moitié de la longueur du tube. On nettoie le mortier avec de l’oxyde de cuivre, puis on achève de remplir le tube avec de la tournure de cuivre destinée à décomposer le bioxyde d’azote. On adapte au tube à combustion, à l’aide d’un bouchon, un tube de dégagement qui plonge dans une cuve à mercure , on le place dans une grille et l’on chauffe graduellement d’avant en arrière, en ayant le soin que la tournure de cuivre soit constamment rouge. Lorsque tout l’air atmosphérique du tube est chassé, c’est-à-dire lorsqu’on a brûlé près d’un quart de matière organique, on recueille le mélange gazeux idans de petites éprouvettes graduées. On en remplit suc-

likii analyse ÉLÉMENÎAIUE DES MATIÉHES ÜUGANIQULS.

cessivement huit ou dix et, après les a\ oir numérotées, on les analyse les unes après les autres au moyen de la potasse. Mais les résultats obtenus avec chacune des éprouvettes sont rai'ement semblables; aussi est-on obligé d’en prendre la moyenne. .

On fait la somme des divers gaz et l’on cherche le rapport pour cette somme.

Le rapport que l’on observe entre le volume de l’acide carbonique et celui de l’azote fait connaître le rapport qui existe entre les équivalents du carbone et ceux de l’azote dans la matière analysée, par la raison que 1 équivalent de carbone se combine avec 2 équivalents d’oxygène et produit

2 volumes d’acide carbonique, et que chaque équivalent d’azote correspond à 2 volumes d’azote.

Supposons que le mélange gazeux soit formé de 3 volumes d’acide carbonique et de 1 volume d’azote, la substance analysée contient 3 équivalents de carbone

3 X 75 — 225 et 1 équivalent d’azote, c’est-à-dire 175. Par conséquent, si 100 parties de matière azotée renferment 30 de carbone, par exemple, on trouvera l’azote par la proportion :

Ce procédé est très inexact si l’on opère sur une portion du gaz, et même quand on opère sur la totalité ; en effet, il reste dans le tube à combustion de T air atmosphérique un gaz très riche en azote, car l’azote se dégage plus tard que l’acide carbon ique»

M. Bunsen a modifié le procédé que nous venons de dé^ crire et l’a rendu applicable à l’analyse d’une petite quantité de matière, mais il est rarement employé.

L’appareil est formé (fig. IZiP) d’un fiacoii a, où se dégage du gaz hydrogène, ql’ un flacon de Woulf 5, contenant de

ANALYSE DES MATIÈRES ORGAN’IQUES AZOTÉES. khi

l’acide snlliirique concentré pour dessécher l’hydrogène, d’nn tube à combustion c étranglé h ses deux extrémités, et d’une pompe pneumatique d pour taire le vide dans ce tube.

Dans ce procédé on chauffe au rouge la substance mêlée avec l’oxyde de cuivre et le cuivre métallique, dans le tube à combustion hermétiquement fermé et vide d’air; lorsque la combustion est terminée, on détache le tube au moyen du chalumeau, on recueille sur le mercure, dans une éprouvette graduée , le mélange gazeux contenu dans ce tube, et l’on sépare par la potasse l’azote de l’acide carbonique pour avoir les rapports de ces deux gaz.

Le tube à combustion est entouré de plâtre gâché contenant des poils de vache ; on le chauffe dans un fourneau en tôle forte percée de trous.

Dans le procédé de M. Dumas, qui est plus souvent employé que le précédent, on mesure directement le volume de l’azote produit })ar un poids connu de matière organif[ue. ün brûle dans un tube vide d’air la matière organique et l’on reçoit les produits gazeux dans une éprouvette

UkS ANALYSE ÉLÉMENTAIRE DES MATIÈRES ORGANIQUES.

graduée. Le volume de l’azote obtenu permet de calculer son poids.

On se sert pour la combustion d’un tube fermé à l’une de ses extrémités, de 85 à 90 centimètres de longueur ; on y introduit 15 ou 20 grammes de bicarbonate de soude ab (fig. 150), une colonne d’oxyde de cuivre bc, le mélange de la substance organique avec l’oxyde de cuivre et/, puis une colonne d’oxyde de cuivre et de cirivrp métallique (/c.

Fig. 150.

Le tube à combustion étant disposé stir une grille en tôle, on y adapte,, à l’aide d’un bon bouchon encUiil de

analyse des MATIÈKES ORGANIQUES AZOTÉES. ^lZl9

caoutchouc, une petite pompe /destinée à faire le vide dans l’appareil ; la seconde tubulin e de cette pompe communique avec un tube de dégagement g de 80 centimètres de longueur, dont l’extrémité recourbée plonge dans la cuve à mercure h et vient se rendre sous une éprouvette graduée/ qui contient une dissolution concentrée de potasse. .

Avant de commencer la combustion , on enlève avec la pompe l’air de l’appareil, et si celui-ci tient le vide, on chaulle doucement l’extrémité du tube, qui renferme le bicarbonate de soude ; il se dégage de l’acide carbonique qui chasse l’air contenu encore dans le tube. On fait de nouveau le vide, et l’on répète cette opération jusqu’à ce que l’on ait reconnu que le gaz qui se dégage est entièrement absorbé par la potasse. On peut alors commencer la combustion. On cesse de chauffer l’extrémité du tube , on entoure de charbons incandescents la partie antérieure qui renferme le cuivre métallique et l’oxyde de cuivre, et l’on arrive progressivement, comme pour les combustions ordinaires, à la partie du tube qui contient la matière organique. Il se forme de l’acide carbonique, de la vapeur d’eau, de l’azote et des composés nitreux *, mais ces derniers étant décomposés par le cuivre métallique, il n’arrive réellement dans l’éprouvette que de l’azote et de l’acide carbonique qui est absorbé par la, potasse. Lorsqu’il ne se produit plus de gaz on chauffe de nouveau le bicarbonate de soude , afin que l’acide carbonique qui s’en dégage chasse le gaz azote resté dans le tube à combustion et le fasse arriver dans l’éprouvette.

On mesure le gaz recueilli dans l’éprouvette, en transportant celle-ci dans une grande terrine remplie d’eau ; le mercure tombe et est remplacé par de l’eau. On fait alors .passer le gaz dans une éprouvette graduée plus petite, et,

• après lui avoir donné une direction verticale, on l’enfonce de manière que l’eau soit au même niveau intérieurement

I POGGIALC. 29

et extérieurement. Puis on note le volume du gaz et l’on fait les corrections qui se rapportent à la température et à la pression.

On cherche ensuite le poids du volume d’azote ainsi obtenu et l’on trouve la proportion de ce corps pour 100 parties de matière, en multipliant le poids de l’azote par 100 et en divisant le produit par la matière employée.

Il importe, après avoir mesuré l’azote, de s’assurer s’il ^ n’est pas mêlé de bioxyde d’azote. A cet effet, on fait passer dans l’éprouvette un peu d’oxygène ou d’air atmosphérique, qui produisent avec ce gaz des vapeurs rutilantes.

Lorsqu’on met au fond du tube une quantité suffisante de bicarbonate de soude, on peut supprimer la petite pompe et chasser tout l’air de l’appareil par l’acide carbonique.

On peut également mettre le tube à combustion en rapport avec un appareil qui dégage de l’acide carbonique pendant assez longtemps pour déplacer tout l’air atmosphérique.

M. Liebig a modifié de la manière suivante le procédé de M. Dumas. On introduit dans un tube à combustion 7 à 8 centimètres de carbonate de plomb ou de carbonate de cuivre, puis une couche d’oxyde de cuivre, et le mélange de la substance organique avec l’oxyde de cuivre, enfin une colonne d’oxyde de cuivre et de tournure de cuivre. Le tube à combustion communique avec un autre tube à trois branches a (fig. 151). L’une des branches est unie, au moyen d’un caoutchouc, avec un tube de verre à dégagement qui plonge dans le mercure ; enfin la troisième branche est mise en communication par un long tube de verre avec une pompe pneumatique.

Avant de brûler la matière organique, on chasse l’air de l’appareil à l’aide de la pompe ou par un courant d’acide (Carbonique, comme nous l’avons dit précédemment. Cela fait, on fond avec une lampe à esprit-de-vin la portion du

ANALYSE DES MATIÈRES ORGANIQUES AZOTÉES. Zl51 tube à trois branches qui communique avec la pompe, et on enlève cette partie de l’appareil. On procède alors à la combustion de la substance organique avec les précautions indiquées.

Fig. 151.

Le dosage de l’azote par le procédé précédent est exact, à la condition de se servir d’un long tube à combustion et de faire passer les composés nitreux à travers une colonne de cuivre métallique chaulTé au rouge. Le bioxyde d’azote ne contenant que la moitié de son volume d’azote, on comprend que sa présence fausserait les résultats de l’analyse. Je ferai remarquer que le carbonate de plomb donne toujours des gaz carburés.

§ 3. Dona;;e de l’nzote à l’état d’ammoniaque.

MM. Will et Varrentrapp (l) ont imaginé un procédé de 1) Annales de chimie et de physique, 3“ scr., l. IV, p. 229.

Ù52 analyse élémentaire des matières organiques.

dosage de l’azote, qui repose sur la propriété qu’ont les matières organiques azotées, excepté les azotates, de laisser dégager à l’état d’ammoniaque l’azote qu’ elles renferment, lorsqu’on les calcine avec un alcali puissant, comme la potasse, la soude ou la chaux. Si l’on opère sur des matières très riches en azote, une partie de celui-ci se convertit en cyanure et en cyanate alcalin, mais des expériences directes ont démontré que ces composés eux-mêmes sont détruits, de manière que leur azote se change en ammoniaque. 11 se dégage aussi de l’hydrogène à l’état libre, ou bien avec une portion de carbone, pour former des carbures d’hydrogène.

Par ce procédé, l’ammoniaque est recueillie dans l’acide chlorhydrique ou dans l’acide sulfurique, et le composé ammoniacal est converti en chlorure de platine ammoniacal. Nous verrons plus loin que M. Péligot a appliqué d’une manière très heureuse, au dosage de l’azote, la méthode des volumes.

MM. Will et Varrentrapp se servent d’un tube à boules (fig. 152) qui diffère peu de celui de M. Liebig; seulement, on le lave plus facilement en raison de sa construction.

Pour remplir ce petit appareil, on plonge l’une des extrémités dans l’acide chlorhydrique, et l’on aspire par l’autre

jusqu’à ce qu’on y ait introduit une quantité convenable de liquide.

Le tube à combustion a environ 50 centimètres de longueur et un diamètre de 7 centimètres ; il est effilé en pointe fermée à l’une de ses extrémités.

MM. '\\dll et Varrentrapp emploient un mélange d’hydrate de soude et de chaux vive pour décomposer la matière azotée, et ce mélange est fait dans des proportions telles qu’il ne puisse pas fondre à la chaleur rouge.

On se procure ce mélange en ajoutant une quantité de chaux déterminée à une dissolution de soude dont on connaît le titre; on fait évaporer, on calcine au rouge dans un creuset et l’on pulvérise le mélange. On peut également pulvériser dans un mortier chaud la soude récemment calcinée, et la mêler avec de la chaux vive en poudre fine. On calcine une seconde fois le mélange et on le conserve dans un flacon à large ouverture et bouché à l’émeri.

Pour faire cette analyse, on remplit d’abord à moitié le tube à combustion bien sec avec de la chaux sodée, que l’on met ensuite dans un mortier chauffé d’avance, avec 3 ou à décigrammes de matière à analyser. Il faut avoir le soin de tourner légèrement le pilon pour qu’il ne s’attache pas de matière aux parois du mortier. Lorsque le mélange est bien opéré , on introduit d’abord dans le tube 3 ou h centimètres de chaux sodée, puis le mélange qui contient la matière organique. On nettoie le mortier avec la chaux sodée et l’on achève de remplir le tube jusqu’à 3 centimètres de f ouverture; enfin on le bouche avec un tampon pour qu’une partie de la poudre alcaline ne soit pas entraînée dans le tube à boules. Gela étant fait, on adapte le tubes à boules au tube à combustion, à l’aide d’un bon

a54 ANALYSE ÉTÉMENTAIRE DES MA TiÈRES ORGANIQUES.

bouchon, et on place l’appareil (fig. 153) sur une grille en tôle.

Fig. 153.

On commence alors à chauffer la partie antérieure du tube avec des charbons incandescents, en prenant les précautions que nous avons indiquées pour l’analyse ordinaire. Ainsi, on ne doit décomposer la matière organique ^ que lorsqu’on a chauffé au rouge une longue colonne de » chaux sodée. Il se produit en même temps de l’ammoniaque, qui est absorbée par la liqueur acide, de l’hydrogène et des carbures d’hydrogène, qui se dégagent et qui servent à faire connaître la marche de l’opération.

La combustion doit être conduite assez rapidement pour | qu’il n’y ait pas d’interruption dans le dégagement de gaz ; î l’absorption du gaz ammoniac est tellement complète et ra- ^ | pide, qu’on a plutôt à redouter l’ascension du liquide acide dans le tube à combustion. Si cet accident arrivait, on devrait recommencer l’expérience.

Lorsqu’on fait l’analyse de certaines substances très riches en azote, et avec lesquelles il ne se forme que peu ou point de gaz hydrogène libre ou carburé, il est utile d’ajouter à la matière à analyser 2 ou 3 décigrammes de sucre ou d’une matière non azotée, afin que le dégagement de gaz rende moins prompte l’absorption de l’ammoniaque et empêche les projections du liquide dans le tube à combustion.

On chauffe peu à peu au rouge ce tuhe dans toute son étendue, et, auss-itôt que tout le carbone du mélange est

ANALYSE DES MATIÈRES ORGANIQUES AZOTÉES. ^l55

oxydé, le dégagement cesse ; on brise alors la pointe recourbée du tube à combustion, et l’on aspire toute l’ammoniaque contenue dans ce tube, de manière quelle se combine avec l’acide chlorhydrique du condensateur.

L’opération n’est exacte qu’ autant que le mélange est redevenu blanc, par la raison qu’il se forme des cyanures au contact de l’ammoniaque, du charbon et de la chaux sodée. Mais en continuant l’action de la chaleur, le charbon est brûlé et les cyanures eux-mêmes cèdent ensuite leur azote.

Lorsque la combustion est achevée, on vide le tube à boules dans une capsule de porcelaine, on le lave avec un mélange d’alcool et d’éther, pour dissoudre les carbures d’hydrogène huileux, puis on le lave également à plusieurs reprises avec de l’eau, jusqu’à ce que le liquide ne conserve plus de réaction acide. Les eaux de lavage sont ajoutées à la solution acide. On verse ensuite dans celle-ci une dissolution de chlorure de platine en excès, et l’on fait évaporer jusqu’à siccité sur une lampe à alcool. Le résidu de l’évaporation est traité ensuite par un mélange de deux volumes d’alcool et d’un volume d’éther, qui dissout le chlorure de platine. Si la liqueur est colorée en jaune, on est certain d’avoir employé un excès de chlorure de platine; si, au contraire, elle est incolore, cela prouve qu’on n’en a pas employé une quantité suffisante, et qu’il faut, par conséquent, en ajouter encore.

Le précipité de chloro-platinate d’ammoniaque, insoluble dans le mélange d’alcool et d’éther, est recueilli sur un filtre desséché à 100 degrés, puis lavé, desséché, et enfin pesé. La proportion d’azote est déduite du chlorure de platine ammoniacal; 2788 parties de ce composé représentent 177 d’azote. On est quelquefois obligé de déduire l’azote du poids du résidu du platine obtenu par la

i56 ANALYSE ÉLÉMENTAIRE DES MATIÈRES ORGANIQUES.

calcination; 99 de platine correspondent à 1/i d’azote.

M. lleiset a adressé quelques objections à la méthode de MM. Will et Varrentrapp, qui donnerait, suivant lui, des résultats inexacts, par la raison que l’air peut produire de l’ammoniaque, lorsqu’on décompose une matière organique non azotée par l’hydrate de potasse ou de soude. Mais cette crainte n’est nullement fondée. J’ai exécuté, depuis quelques années, un grand nombre d’expériences qui démontrent qu’en faisant passer un courant d’air à travers un mélange de matière organique et de chaux sodée, il ne se forme pas d’ammoniaque.

Mais si l’on n’a pas à redouter dans ce cas la formation de l’ammoniaque, il faut bien reconnaître que le dosage de l’azote par ce procédé est une opération longue et compliquée ; l’évaporation au bain-marie, la filtration, le lavage du précipité, sa dessiccation et quelquefois même sa calcination sont autant d’opérations délicates, qui exigent un temps considérable. Les carbures liquides , qui se forment pendant la combustion , rendent incertaine la quantité de chloro-platinate d’ammoniaque; ce sel absorbe d’ailleurs facilement l’humidité de l’air et donne par conséquent un poids trop fort.

Pour obvier à ces inconvénients, M. Péligot a eu l’heureuse idée de faire absorber l’ammoniaque par un volume connu d’acide sulfurique titré; comme l’ammoniaque abaisse le titre de cet acide en se combinant avec lui , on peut, par une autre liqueur alcaline titrée, déterminer la quantité d’acide sulfurique qui a été saturée par 1 ammoniaque. Cette opération très simple et très rapide fournit des résultats d’une grande précision.

M Péligot se sert, pour la saturation de l’acide sulfurique en excès, d’une dissolution de chaux dans l’eau sucrée. En broyant la chaux éteinte avec une dissolution de sucre,

elle se dissout en plus grande proportion que dans l’eau distillée , et la solution que l’on obtient ainsi présente la même réaction alcaline que si la chaux était libre. Cette dissolution, dont on prépare quelques litres à la fois, se conserve sans s’altérer dans un flacon bouché à l’émeri. On doit l’étendre d’eau de manière qu’il faille en employer environ 33 centimètres cubes pour saturer 10 centimètres cubes de l’acide sulfurique titré ({u’emploie M. Péligot.

Cet acide se compose de 61''', 250 d’acide sulfurique monohydraté et d’une quantité suffisante d’eau pour former 1 litre de liqueur. 100 centimètres cubes de cette liqueur représentent 2®%120 d’ammoniaque ou bien d’azote, et par conséquent 10 centimètres cubes, quantité que l’on prend ordinairement, correspondent à 0®%2!2 d’ammoniaque ou à 0»‘ ,175 d’azote.

Pour déterminer le titre delà liqueur alcaline, on mesure 10 centimètres cubes d’acide sulfurique titré que l’on verse dans un verre à pied ou dans une capsule de porcelaine, on y ajoute quelques gouttes de teinture de tournesol et 50 ou

00 centimètres cubes d’eau, afin d’éviter la précipitation du sulfate de chaux ; puis on y verse, à l’aide d’une burette, la solution de saccharate de chaux jusqu’à ce que le liquide acide vire au bleu. On doit répéter cet essai pour chaque détermination d’azote.

Voici comment M. Péligot conseille d’opérer pour le dosage de l’azote. On introduit au fond du tube à combustion

1 gramme d’acide oxalique cristallisé, qui, en présence de la chaux sodée, se décompose à la fin de l’opération et fournit du gaz hydrogène; celui-ci chasse les gaz qui

: restent dans le tube après la combustion. On place au-, ■dessus de l’acide oxalique une couche de chaux sodée pure, puis le mélange de matière azotée et de chaux sodée, comme nous l’avons recommandé précédemment, et enfin on adapte

à ce tube, à l’aide d’un caoutchouc, l’appareil condensateur de MM. Willet Varrentrapp ou celui de M. Liebig, dans lequel on a introduitlO centimètres cubes d’acide sulfurique titré.

Lorsque la combustion est terminée , on verse dans une capsule de porcelaine l’acide sulfurique qui a condensé l’ammoniaque, on lave l’appareil à boules, on étend la liqueur de beaucoup d’eau, on y ajoute quelques gouttes de teinture de tournesol et l’on ramène au bleu le liquide acide avec la dissolution de saccharate de chaux. On lit alors sur la burette le nombre de divisions de liqueur alcaline qu’il a fallu employer pour obtenir la coloration bleue. Connaissant par un essai préalable la quantité de dissolution de saccharate de chaux nécessaire pour saturer iO centimètres cubes de liqueur acide normale, on devra soustraire de cette quantité celle qu’on vient d’employer; on aura ainsi le volume de la dissolution acide qui a été saturée par l’ammoniaque, et par conséquent le poids de l’azote.

M. Péligot cite, comme exemple de l’emploi de cette mé- • thode, le dosage de l’azote de l’oxamide. Il a brûlé 0*=''',417 de cette matière.

10 centimètres cubes d’acide normal sont saturés par 33,5 divisions de dissolution de saccharate de chaux, mais, après la combustion, le même volume d’acide ne sature plus que 8,5 divisions de cette liqueur alcaline. Si l’on retranche de 33,5 divisions 8,5, on a 25 divisions de liqueur alcaline, qui représentent le volume d’acide saturé par l’ammoniaque provenant de la matière analysée. On trouve par une proportion que 7,55 d’acide ont été saturés par l’ammoniaque.

10 centimètres cubes d’acide titré correspondant à 0«^175 d’azote, 7", 55 représentent 0‘=' ,132 de ce même corps contenu dans O’", 417 d’oxamide. 100 de cette matière renferment 31,7 d’azote.

M. Péligot s’est assuré que les résultats fournis par le procédé de MM. Will et Varrentrapp ainsi modifié sont d’une grande exactitude. Il a donné à ce procédé un tel degré de simplicité qu’il peut être exécuté désormais comme un essai alcalimétrique ordinaire , par des personnes presque étrangères aux opérations chimiques.

J’ai recqnnu, de mon côté, par un grand nombre d’expériences , que les substances organiques qui contiennent peu d’azote, comme le froment, les céréales, les légumineuses, la terre végétale, les engrais, etc. , sont facilement analysées par cette méthode. C’est surtout dans cette direction que le procédé de M. Péligot est appelé à rendre les plus grands services à la chimie analytique.

On peut remplacer par un tube de fer le tube de verre qui reçoit la matière à brûler. Ce tube , ouvert aux deux bouts, reçoit à l’une de ses extrémités un bouchon de fer I qu’on lute avec du plâtre, et, au moyen d’un bouchon de [ liège, il communique par l’autre bout avec le tube condeni sateur destiné à absorber l’ammoniaque.

I J’ai apporté quelques modifications au procédé de M. Péligot ; ainsi, au lieu d’introduire au fond du tube de l’acide oxalique, qui donne de l’hydrogène à la fin de l’opération, je trouve beaucoup plus commode de chasser les gaz par un courant d’air, à l’aide d’un flacon aspirateur mis en rapport avec l’appareil à boules (fig. 156). Au lieu de broyer la chaux éteinte avec une dissolution étendue de sucre qui s’altère peu à peu, surtout pendant fété, et qui a besoin d’être titrée souvent, j’emploie une dissolution de potasse à la chaux convenablement étendue d’eau, qui ne présente pas l’inconvénient que je viens de signaler.

M. Biiieau a proposé d’employer pour la détermination de l’aminoniaque un appareil composé d’une petite cornue

/-l60 ANALYSE ÉLÉMENTAIRE DES MATIÈRES ORGANIQUES. i

tLibulée portant un gros renflement, et d’un tube courbé en • plusieurs points, qui a, comme les tubes en U, deux branches latérales, mais inégales et courbées à angles obtus. La branche la plus courte reçoit un tube qui communique avec la cornue, et la plus longue est garnie de fragments de verre. La partie inférieure est sinueuse, de manière que les bulles de gaz , en s’échappant à travers le liquide qu’on y • introduit, rencontrent un repli où elles séjournent jusqu’à ce que, poussées par de nouvelles bulles, elles sortent par la branche la plus longue.

On emploie, comme dans le procédé de M. Péligot, une solution normale d’acide sulfurique, que l’on mesure et que l’on fait tomber par la plus longue branche du tube à travers les fragments de verre, qui en retiennent une petite quantité. En y ajoutant quelques gouttes de teinture de tournesol, on reconnaît facilement si le gaz ammoniaque rencontre assez d’acide pour sa saturation.

M. Bineau préfère la chaux pour la décomposition de la combinaison ammoniacale, et il détermine le degré d acidité de la liqueur acide qui a fixé l’ammoniaque au moyen d’une dissolution étendueet titrée de potasse ou de soude caustique.

ANALYSE DES MAllÈUES ORGANIQUES AZOTÉES.

I § 4. Proportion d’azote contenu dans les principaux aliments fie l’Iionime et des animaux.

: Le dosage de l’azote de la plupart des matières alimen-

\ taires analysées depuis quelques années a été exécuté par le i ] procédé de M. Péligot. Ainsi, ce chimiste a examiné quatorze 1 • variétés de blé et a résumé dans le tableau suivant les ré- I ! sultats qu’il a obtenus :

I Gluten et albumine

I pour 100.

Blé blanc de Flandre 10,7

Blé Hardy-White 12,5-

Blé touselle blanche de Provence 9,9

Blé d’Odessa 14,3

Blé Hérisson * 11,7

Blé poulard roux 16,6

» bleu conique 15,6

Blé mitadin du midi 16,0

Blé de Pologne 21,5

Blé de Banal 13,4

Blé d’Espagne 10,7

Blé d’Égypte 20,6

Blé de Tangarock 13,6

J’ai, de mon côté, analysé un grand nombre de substances aalimentaires, et je donne dans le tableau qui suit les quanitités de , matières azotées fournies par l’expérience :

Malières acotéei.

Blé dur et blé tendre (moyenne) 14,40

Riz 7,80

Orge 10,65

Avoine 11,25

Seigle 8,79

Maïs 9,90

Haricots blancs ordinaires 22,75

Pois secs ordinaires 21,67

Pois verts très tendres, desséchés .... 38,35

» plus avancés, desséchés. .. . 34,48

» mûrs, desséchés 27,43

Fèves 24,21

Lentilles 29,05

Pois chiches 21,77

Lupins 38,35

Je rapproche des résultats qui précèdent d’autres renseignements fournis par divers expérimentateurs :

désignation.

Albumine, légumine et caséine.

Axote.

Équivalents !

nutritifs déduits de l’azote.

Foin de prairie

Regain de foin

Trèfle rouge en fleurs, fané

Luzerne en fleurs, fanée

Paille de froment (Alsace)

Paille d’avoine (Alsace)

Feuilles de betterave

Feuilles de maïs

Carotte

Pomme de terre jaune

Navets blancs

Panais

Potiron

Blé rouge

Blé poulard

Farine de blé tendre

Seigle

Orge d’hiver

Maïs (Alsace)

Sorgho

Millet

Avoine

Riz

Sarrasin

Fèves de marais

Féverolles

Haricots blancs

Doliques

Pois jaunes

Lentilles

Vesce

Glands secs décortiqués

Graine de lin

Chènevis

Tourteau de lin

Tourteau de colza

Tourteau de pavot (Alsace)

Tourteau d’œillette (Artois)

Tourteau d’arachis

On trouvera dans le tableau suivant le classement des

pains distribués aux soldats des puissances européennes d’après la quantité d’azote qu’ils contiennent :

provenance.

tüO de pain desse'chés à 120», contiennent :

Azote.

Matières azotées calculées.

Pain de munition de Paris.

gr

gr

— du grand-duché de Bade

— du Piémont

— de Hollande

— d’Autriche

• — de Francfort

— de Bavière

— de Prusse

M. Reiset a examiné si les quantités alimentaires du blé sont en rapport soit avec la densité, soit avec le poids apparent. Pour cela, il a dosé directement l’azote et il a établi par le calcul la richesse des blés en gluten et en albumine, comme on le voit dans le tableau ci-après :

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