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C. Oxydes d^osininiii

Vosmium se trouve, mais rarement, à l'état d'osmiure d'iridium dans les minerais de. platine. C'est une poudre noire ou grise, à éclat métnlliquf, infu-

174 CHAI*. III. — RÉACTIONS DES O.UDES MÉTALLIQUES. .[§ l'24

sible. Le métal, ainsi que le protoxyde (0«0) et le peroxyde (OsO), s*axydeiit facilement quand on les chaufTe au contact de Tair ; il se produit de V acide osmique (OsO^), volatil, facilement reconnaissable à son odeur infecte, désagréable, rappelant celle du chlore et celle de Tiode (très -caractéristique). Si sur une petite lame mince de platine on introduit un peu d'osmium dans la FLAMME DU GAZ OU de Ialcool, h 1:1 moitié de la hauteur et dans Tenveloppe extérieure, la flamme acquiert un éclat extraordinaire. On peut ainsi reconnaître de^ traces d'osmium dans de l'iridium qui en renfermerait : toutefois le phénomène ne dure qu'un instant; mais il peut se reproduire, si, après avoir placé Tessai dans la flamme de réduction, on le reporte dans l'enveloppe extérieure. L'acide azotiquk, surtout l'acide rouge fumant, et l'eau régale, dissolvent l'osmium à l'état d'acide osmique. La chaleur favorise la réaction, mais alors l'acide osmique se volatilise. L'osmium fortement chauffé ne se dissout plus dans les acides. Si on le fond avec du salpêtre et ^u'on distille la masse fondue avec de l'acide azotique, on trouve l'acide osmique dans le liquide qui passe à la distillation. — En chauffant l'osmium dans Je chlore gazeux sec et sans air, il se forme d'abord, mais toujours en petite quantité, du proiochlih inire d'osmium (OsCH noir bleu, puis du bicblorure plus volatil (OsCl*) rouge de minium : en prenant au chlore humide, on a un mélange vert des deux chlorures. Le protochlorure donne une dissolution bleue, celle du bicblorure est jaune et celle des deux ensembles est verte, mais passe bientôt au rouge. Les dissolutions ne tardent pas à se décomposer : il se produit de l'acide osmique (OsO*), de 1 acicle chlorhydrique et un mélange de protoxyde (OsO) et de bioxyde (OsO^) d'osmium, qui se dépose en poudre noire. En chauffant uo mélange de poudre d'osmium ou de sulfure d'osmium et de chlorure de potassium dans du chlore gazeux, il se forme un chlorure double d'osmium et de potassium^ peu soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool et qui se présente en petits octaèdres. La solution se conserve mieux que celle du bicblorure. La potasse la décolore; à Tébullition, il se dépose de l'hydrate de bioxyde d'osmium noir bleu : en faisant fondre le chlorure double avec le carbonate de soude, il se sépjre du bioxyde (OsO*). L'acide osmique anhydre (OsO*) ne mérite pas le nom d'iicide (suivant Claus) : il ne réagit pas sur les couleurs végétales et ne forme pas de sels. Anhydre, il est blanc, cristallin, fusible à une température peu élevée ; il bout vers 100° et ses vapeurs irritent fortement le nez et les yeux. Chauffé avec de l'eau, il fond et ne se dissout que lentement. La dissolution a une odeur forte, pénétrante, désagréable. Les alcalis la. colorent par suite de la formation d'osmite dd potasse (KO,OsO^) jaune ; si l'on distille, h plus grande partie de l'acide osmique se dégage (très-caractéristique), le resle^ se décompose en oxygène et acide osmieux et, à l'ébuUition, en acide osmique. bioxyde d'osmium et potasse libre. — L*acide osmique décolore I'indigo, précipite l'iode de la dissolution d'iODuAE de potassium, transforme I'algool en aldéhyde et en acide acétique. L'azotite de potasse le réduit facilement en osmitede potasse. — L'acide sulfiiïjrique précipite du sulfure noir brun, qui ne se dépose qu'en présence d*un acide puissant libre ; le précipité ne se dissout pas dans le sulfhydrate d'ammoniaque. Lo sulfite de soude colore la dissolution en violet bleu foncé ; peu k peu il se dépose du sulfite de protoxyde d'osiniuia bleu noir, surtout par l'évaporation ou bien en chauffant avec du sulfate ou du carbonate de soude. Le sulfate de protoxyde de fer précipite de l'oxyde noir;

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le PROTOGHLORURE d'étain fonne un précipité bran, qui se dissout dans l'acide cblorhydrique en donnant un liquide brun ; le zinc et beaucoup de métaux déplacent Tosminm métallique en présence d'un fort acide libre. — Toutes les combinaisons d'osmium donnent le métal quand on les chauffe au rouge dans un courant d'hydrogène.

. d. Oxydea de ruthéninm.

On rencontre le ruthénium en petites quantités dans le minerai de platine. C'est un métal cassant, blanc grisâtre, très-difficilement fusible. H est à peine attaqué par l'eau régale, ne l'est pas du tout par le bisulfate de potasse fondu. Chauffé au rouge à l'air, il donne de Toxyde Ru^O^, noir bleu, insoluble dans les acides ; chauffé au rouge avec du chlorure de potassium dans un courant de chlore, il se change en chlorure double de potassium et de ruthénium ; fondu avec le salpêtre, l'hydrate de potasse ou le chlorate de potasse, il donne du ruthéniate de potasse (KO,RuO^). Celui-ci fondu est noir vert, se dissout en un liquide jaune orangé, qui colore la peau en noir par suite d une réduction et d'un dépôt d'oxyde noir. Les acides. précipitent de l'oxyde noir, qui donne avec l'acide cblorhydrique une dissolution jaune orangé : celle-ci est décomposée par la chaleur en acide cblorhydrique et en oxyde brun noir, qui restn longtemps en suspension. — Si la dissolution est concentrée, elle donne avec le chlorure de potassium ei le chlorhydrate d'ammoniaque des préci[)ités cristallins, violets, chatoyants, qui bouillis avec de l'eau laissent déposer de l'oxychlorure noir. La hOTAssE précipite de l'hydrate d'oxyde de ruthénium noir, insoluble dans les alcalis, mais soluhle dans les acides ; I'hydrogène sulfure gazeux ne produit d'abord aucun changement, mais au bout de quelque temps la liqueur devient bleu d'azur et laissa déposer du sulfure de ruthénium brun (très-caractéristique); le SDLFHYDRATB d' AMMONIAQUE douno uu précipité noir brun, qui se disstut a peine dans un excès de réai^tif. Le sulfogyanurb de potassium (en l'absence des autres métaux des minerais de platine) produit au bout de quelque temps une couleur rouge, passant peu à peu au pourpre et devenant d'un beau violet par la chaleur (très-caractéristique). Le zinc fait d'abord nailre une coloration bleu d'azur, puis plus tard le liquide se décolore et il se dépose du ruthénium métallique. L'azotite de potasse colore la dissolution en jaune orangé, en formant un sel double facilement soluhle dans l'eau et dans l'alcool et dont la dissolution alcaline additionnée d'un peu de sullliydrate' d'ammoniaque incolore devient rouge cramoisi (caractéristique) ; en ajoutant davantage de sulfhydrale, il se précipite du sulfure de ruthénium.

SIXIÈME GROUPE

g its. Oxydes les plus communs : Oxyde d'or y oxyde de platine^ protoxyde d'étain, hioxyde détain, oxyde d'antimoine, acide arténiewXy acide arsénique.

Oxydes plus rares : Oxydes dHridiuniy de molybdène^ de lung^ stène, de tellure et de sélénium.

Les oxydes supérieurs des éléments du sixième groupe ont plus ou

moins les caractères des acides, cependant nous nous en occuperons ici, parce qu'il n*est guère. possible de les séparer des oxydes inférieurs des mêmes éléments, dont ils se rapprochent par l'action de Tacide sulfliydrique.

Propriétés du groupe. — Les sulfures correspondant aux oxydes sont insolubles dans les acides étendus. Ils s'unissent aux sulfures alcalins soit directement, soit après s'être combinés à une nouvelle proportion de soufre, et forment ainsi des sulfosels solubles dans lesquels ils jouent le rôle de sulfacides. Il résulte de là que ces oxydes, comme ceux du cinquième groupe, seront précipités par l'hydrogène sulfuré dans les dissolutions acides. Mais ces sulfures métalliques précipités se distingueront de ceux du cinquième groupe par leur solubilité dans le suifhydrate d'ammoniaque, le sulfure de potassium, etc., d'où ils seront de nouveau précipités par un acide.

Pour plus de facilité, nous ferons parmi les oxydes les plus fréquents de ce groupe deux subdivisions, savoir :

1 . Les oxydes dont les sulfures correspondants sont insolubles dans r acide azotique ou dans V acide chlorhydrique et donnent immédiatement le métal pur, lorsqu'on les fond avec un mélange d'azotate et de carbonate de soude. Ce sont : l'oxyde d'or et celui de platine*

2. Les oxydes dont les sulfures correspondants sont solubles dans lacide chlorhydrique ou dans V acide azotique bouillants , et qui, fondus avec l'azotate et le carbonate de soude, se changent en oxydes ou acides. Ce sont : les oxydes d' antimoine j d'étain^ei d'arsenic.

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