‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 136 sur 294 · C. Oa^des du tDDgtttéBe · texte numérisé non relu

C. Oa^des du tDDgtttéBe

Le tungstène (appelé wolfram en Allemagne) est peu répandu dans la nature et partout en petites quantités. Les minerais les plus ordinaires sont le schee-

lin calcaire (tungstate de chaux) et le wolfram (tungstate de protoiyde de fer et de protoxyde de manganèse). Le tungêtène^ obtenn par la réduction de Tacide tung8tique au moyen de Thydrogène et au rouge, est une poudre gris de fer, très'difàcilement fusible. Cette poudre, chauffée au rouge à Tair, passe à Tétat d'acide tungstique (WO'), et au rouge dans un courant de chlore sec, bien privé d'air, elle se change en perchlorure (WGl'), volatil, violet noir, et en composé rouge plus volatil (WCt>,WGl^) : tous deux au contact de l'eau se décomposent en acide chlorhydrique et en oxydes correspondants. — Les acides, même Teau régale, ne dissolvent pas le tungstène : il n'est pas davantage attaqué par la lessive de potasse, à moins qu elle ne renferme un hypochlorite alcalin. Le bioxyde de tungstène est noir ; fortement chauffé au rouge au contact de Tair, il se change en acide tungstique. V acide tungstique est jaune citron, fixe, insoluble dans Teau et les acides. En le fondant avec le bisulfate de potasse et en traitant par Feau la masse fondue, on obtient d*abord une liqueur acide, ne contenant pas d*acide tungstique. Après avoir enlevé ce liquide, le résidu consistant en tungstate de potasse avec un fort excès d'acide tungstique se dis.sout, et cela complètement, si Ton ajoute du carbonated'ammoniaque à l'eau (différence avec la silice et moyen de les séparer), fin faisant fondre l'acide tungstique avec les carbonates alcalins, on obtient facilement les tungstates alcalins solubles dans l'eau, mnis ils se forment difficilement, si l'on opère par ébullition avec les dissolutions des carbonates. L'acide azotique, Tacide CHLORHYDRIQUE et I'acide sulfurique précipitent ces dissolutions en blanc : les précipités deviennent jaunes par l'ébuUition et sont insolubles dans un excès d'acide (différence avec Tacidemolybdique), mais solubles dans l'ammoniaque. Si l'on évapore à siccité avec de l'acide chlorhydrique et qu'on reprenne le résidu avec de l'eau, il reste de Tacide tungstique. Le chlorure de baryum, le

CHLORURE DE CALCIUM, I'aCÉTATE DE PLOMB, I'aZOTATE d'aRGENT, I'aZOTATE DE PRO-

TOXTDB DE MERCURE, donnent des précipités blancs ; le ferrogyanure de potassium, avec addition- d'un peu d'acide, colore fortement en rouge brun et au bout de quelque temps il se fait un précipité de la même couleur; la teihture DE NOIX DE GALLE, avcc addition d'un peu d'acide, précipite en brun; Tagide sulfhydrique change à peine les solutions acides ; le sulfhtdrate d'ammomaque ne précipite pas la dissolution des tungstates alcalins ; en acidifiant, il se dépose du sulfure de tungstène brun clair (WS^), un peu soluble dans l'eau pure, pas du tout dans l'eau contenant des sels. Le protochlorure d'étain produit un précipité jnune; si l'on acidifie avec de l'acide chlorhydrique et que l'on chauffe, il devient d'un beau bleu (réaction très-sensible et caractéristique). En additionnant une dissolution de tungstate alcalin avec de l'acide chlorhydrique et mieux encore avec un excès d'acide phosphorique, et en y mettant du zinc, il se produit une belle coloration bleue. — Le sel de phosphore dissout l'acide tungstique. La perle, dans la flamme d'oxydation, parait transparente, incolore ou jaunâtre; dans la flamme de réduction elle prend une couleur bleu pur, et, si l'on ajoute du sulfate de protoxyde de fer, elle devient rouge sang. Avec un peu de soude sur le charbon, dans la flamme de réduction, on a du tungstène en poudre. — Les tungstates insolubles dans l'eau peuvent pour la plupart être décomposés, en les mettant en digestion avec un acide. Le minéral appelé inrolfram est difficilement attaqué pnr les acides, mnis en le fondant avec un carbonate alcalin l'eau enlève du tungstate alcalin à la masse fondue.

d. Oxydes du tellure.

Le tellure se trouve à Tétat natif, ou allié à d^autres métaux et à l'état d'acide teilureux, toujours en petites quantités et peu répandu. C'est un métal blanc, cassant, facilement fusible, qu'on peut volatiliser dans un tube de verre et qui, chauffé à l'air, brûle avec une flamme bleu verdâtre, en répandant des vapeurs blanches épaisses d'acide tellureux. Le tellure ne se dissout pas dansl'acidechlorhydrîque, mais facilement dans l'acide azotique, qui le change en acide tellureux (TeO^). Dans l'acide sulfurique concentré et' froid, le tellure en poudre se dissout avec une couleur pourpre, mais une addition d'eau le précipite de nouveau. Vacide tellureux est blanc, fusible au rouge faible en un liquide jaune, volatil à l'air au rouge vif et ne donnant pas de sublimé cristallin. L'acide anhydre se dissout facilement dans l'acide chlorhydrique, peu dans l'acide azotique, facilement dans la lessive de potasse, lentement dans l'ammoniaque, presque pas dans l'eau. L'acide tellureux hydraté est blanc, assez solttble dans l'eau froide, soluble dans l'acide chlorhydrique et dans l'acide azotique. En ajoutant de l'eau à ces dissolutions, il se précipite un hydrate blanc; avec la solution azotique, au bout de quelque temps presque tout l'acide tellureux se dépose à l'état cristallin. Les alcalis purs et carbonates précipitent delà solution chlorhydrique un hydrate blanc, soluble dans un excès du précipitant. — L'ACiDE suLFHYDhiQUE foumit dans les dissolutions acides un précipité brun (TeS^) (semblable par sa couleur au sulfure d'étain), que dissout facilement le sulfhydrate d'ammoniaque. Le sulfite de soude, le protoghlorure d'btaik, le ziNG, précipitent du tellure métallique noir. — Vacide tellurique (TeO') se forme quand on fond du tellure ou un tellurite avec un azotate et un carbonate alcalin. Le produit de la fusion est soluble dans l'eau et le liquide reste clair à froid, quand on l'acidifie avec de l'aci.le chlorhydrique; mais, si Ton fait bouillir, il se dégage du chlore, il se forme de l'acide tellureux, et la dissolution est alors précipitée par l'eau, si l'excès d'acide n'est pas trop grand.

Si l'on fond du tellure, du sulfure ou un composé oxygéné de tellure avec du cyanure de potassium dans un courant d'hydrogène, il se forme du cyanotellurure de potassium. La masse fondue se dissout dans l'eau, et un courant d'air précipite tout le tellure de cette dissolution (différence avec le sélénium et moyen de les séparer). — Suivant Bunsen , les combinaisons telluriquss essayées par la voie sèche (page 29) donnent dans la flamme supérieure de réduction une couleur bleue terne, tandis que la région d'oxydation de la flamme qui est au-dessus paraît vert-i. La volatilisation n'est accompagnée d'aucun dégagement d'odeur. L'enduit formé par la réduction est noir avec efOorescences brun noir : il donne une dissolution rouge carmin, si on le chauffe avec de l'acide sulfurique concentré. L'enduit d'oxydation est blanc, peu visible, et le protochlorure d'étain le rend noir par suite de la réduction du tellure. Chauffés avec de la soude sur les baguettes de charbon, les composés tellurés forment du tellurure de sodium qui, humecté sur de largent poli, produit une tache noire, et, si l'essai contient beaucoup de tellure, dégage avec l'acide chlorhydrique l'odeur de l'acide tellurhydrique, avec dépôt de tellure.

e. Oxydes du •élénlam.

Le sélénium est assez rare et à Té kit de séléniure métallique . On le trouTeordinairement dans les poussières des fours à griller et dans Tacide sulfuriqne de Nordhausea. Voisin du tellure et du soufre, œt élément forme en quelque sorte un passage entre les métaux et les métalloïdes. Fondu, il est noir gris ; volatil à une haute température, il peut se sublimer ; chauffé à rair, il brûle en répandant une odeur caractéristique de radis pourris et en se transformant eu acide sélénieui (SeO^). L'acide sulfunque concentré le dissout sans l'oiydèr, et en étendant d'eau le sélénium se précipite en flocons rouges. L'acide azotique et Teau régale dissolvent le sélénium à Tétat diacide sélénieux. Geliii-ci se transforme vers 200** en vapeurs jaune foncé, qui, en se condensant, forment des aiguilles blanches à quati*e paos ; lorsqu'il est hydraté, il s^bffre en cristaux semblables à ceux du salpêtre. Tous deux donnent avec reàtiuhe dissolution fortement acide. — Parmi les sels neutres, ceux à base alcaline sont seuls solubles dans Teau, les solutions ont une réaction alcaline; tous les sélénites se dissolvent facilement dans Tacide azotique, ceux de plomb et d'argent assez difficilement. — Dans les dissolutions d'acide sélénieux ou de ses sels, Tagide sulfhydriquk (en présence de l'acide chlôrhydriqne libre) donne un précipité, jaune à froid, jaune rouge à chaud de sulfure de télénium (?), solubie dans le sulfbydrate d'ammoniaque. — Avec le chlorure de baryum (après avoir neutralisé tout acide libre, s'il y en avait) on a un précipité blanc de sélénite de baryte soluble dans l'acide chlorhydrique on dans l'acide azotique. — Le PROTOGHLORURE d'étain OU I'acioe SULFUREUX, avec addition diacide chlorhydrique, produit un précipité rouge de télénmmj qui est gris quand on opère à chaud. Le cuivre métallique noircit de suite quand on le plonge dans un liquide chaud chlorhydrique renfermant un peu d'acide sélénieux : si on laisse quelque temps le liquide sur le cuivre, il est coloré en rouge clair par le sélénium mis en liberté (Reinsch\ — Vadde sélénique se forme quand on chauffe le sélénium ou ses composés avec un carbonate et un azotate alcalin. Le produit fondu se dissout dans l'eau, l'acide chlorhydrique ne trouble pas la dissolution limpide ; en la faisant bouillir il se dégagé du chlore et l'acide sélénique se change en acide sélénieux. — Si l'on fond du sélénium ou un de ses composés avec' du cyanure de pot.issium dans un courant d'hydrogène, il se forme du cyanoséléniurede potassium, ducpiel l'aciion de l'air ne sépare pas le sélénium (comme avec le tellure), mais qui n'abandonne le sélénium que par une ébuUition prolongée, après addition d'acide chlorhydrique. Essayés d'après la page 29, tous les composés séléniés colorent la flabuie en bleu île bleuet : quand on les volatilise et qu'on brûle les vapeui's, il se dégage une odeur fétide caractéristique : I'enduit de réduction est rouge brique ou rouge cerise et donne avec l'acide sulfurique concentré une dissolution vert sale. L'enduit d'oxYDATioN est blauc et, si on le touche avec le protochlorure d'étain, il devient rouge, à cause du sélénium mis en liberté. Avec les petites baguettes de CHARBON et la soude, il se forme du séléniure de sodium, qui, humecté sur de l'argent, donne du séléniure d'argent noir et, avec les acides, de l'acide sélènhydrique.

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