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G. SILICATES PARTIELLEMENT DÉCOMPOSÉS PAR LES ACIDES

La plupart des roches que l'on trouve dans la nature sont des mé- ^^ langes de plusieurs silicates, dont les uns sont souvent décomposables par les acides, tandis que les autres ne le sont pas. Si l'on traitait ces silicates multiples comme ceux qui sont complètement insolubles, on trouverait à la vérité tous les éléments renfermés dans la roche ellemême, mais on n'aurait pas une notion exacte de la constitution propre de la roche.

On fera donc bien de chercher à séparer les éléments du mélange que les acides peuvent prendre. On fait digérer avec de l'acide chlorhydrique, pendant longtemps et à une douce chaleur, le minéral fine-

§209] ANALYSES DES ËÂUX NATURELLES. âaS

ment pulvérisé, on filtre un peu de la dissolution, on évapore à siccité la plus grande partie du reste, on chauffe en remuant à une température égale ou peu supérieure à 100°, jusqu*à ce qu*il ne se dégage plus ou presque plus de vapeurs chlorhydriques, on humecte le résidu avec de Facide chlorhydrique, on chauffe avec de Teau et Ton filtre.

Cette dissolution, qui renferme les bases de la partie du silicate décomposée par l'acide chlorhydrique, est essayée d'après le n*^ (222), le premier liquide filtré d'après le n** (223). 7 : dans une partie de la substance primitive on cherche les autres acides d'après le n*» (223) a. et 6. et le n*» (224). Quant au résidu qui contient, outre la silice éliminée des silicates décomposés, tous les éléments non attaqués par les acides, on le fait bouillir avec un excès d'une dissolution de carbonate de soude, on filtre chaud, on lave d'abord avec la dissolution chaude de carbonate de soude, puis ensuite avec de l'eau bouillante. — Alors on soumet au traitement du § tov les éléments non décomposés du mélange, débarrassés de l'acide silicique. Quant au liquide alcalin, on l'acidulé avec de l'acide chlorhydrique, on évapore à siccité, on traite par Tacide chlorhydrique et l'eau, on sépare la silice par filtration, on rend le liquide filtré alcalin avec de l'ammoniaque et on chauffe. S'il se forme un précipité, il faut y rechercher, ainsi que dans la silice qui a été éliminée plus haut, l'acide titanique d'après le n° (222). — S'il n'est pas nécessaire de mettre à part la silice de la partie décomposée par les acides, on peut supprimer le traitement ennuyeux par le carbonate de soude et désagréger de suite le résidu mélangé à cette silice.

La méthode analytique générale se simplifie quand on l'applique aux 252 eaux naturelles, parce que Ton sait par expérience les corps et les combinaisons qu'elles renferment le plus ordinairement. — Bien qu'une analyse quantitative puisse seule nous éclairer sur la véritable nature d'une eau, parce que la seule différence essentielle entre plusieurs eaux tient surtout aux proportions des principes qu'elles contiennent, il peut cependant être souvent utile d'en faire une analyse qualitative : en examinant si un réactif donné produit un trouble plus ou moins léger, un précipité plus ou moins abondant, on pourra déjà se faire une idée approximative de la proportion des différents corps que cette eau renferme.

Dans ce qui suit, je sépare l'analyse des eaux douces ordinaires (eaux de source, de fontaine, de rivière, de fleuve, etc.) de celle des eaux

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iiiiiiéi-ales, parmi lesquelles je compte l'eau de mer : bien qu*il soitdiliicile d établir une distinction nette et tranchée entre ces deux sortes (féaux, Fessai analytique des premières est toule.ois plus simple, parce ((u'on n*y recherche qu'un nombre de substances bien plus limité que dans les eaux minérales.

A. ANALYSES DES EAUX DOUCES ORDISAHiES (eaIX DE SOURCE, DE FOKTAINE, DE RIVIÈRE, DE FLEUVE, ETC.).

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L'expérience a montré que les substances que Ton peut rencontrer 25o dans ces sortes d'analyses sont :

a. Bases : potasse, soude, ammoniaque, chaux, magnésie, protoxyde de fer.

b. AcideSj etc. ; acide sulfurique, acide phosphorique, acide silicique, acide carbonique, acide azotique, ucidc azoteux, chlore.

c. Matières organiques.

d. Matières en suspension : argile, etc.

Gela ne veut pas dire toutefois que les eaux douces ne peuvent pas roiifermer d'autres substances; au contraire, il y en a beaucoup d'aulrc, comme on peut le conclure de l'origine même de la source, etc., l comme le démontrent également les recherches analytiques ^ Mais la quantité en est si faible, qu'on ne peut ordinairement les trouver qu'eu opérant non plus sur des kilogrammes, mais sur des ((uiutaux de liquide. Je laisse donc ici la mauière de les trouver et je renvoie pour cela au g tif .

1 . On fait bouillir de 1000 à 2000 gram. de l'eau daus une capsule ou 254 bonne porcelaine, qu'on ne remplit qu'à moitié. (Il faut autant que possible éviter l'emploi des vases en verre, parce qu'ils sont bien plus facilement attaqués par l'eau bouillante que la porcelaine.) En

* Chalin (Journ. de Pharm. et de Chim,, III« série, t. XXVII, p. 418) a trouTC de l'iode dans toutes les plantes d'eau douce, tandis qu'on n'en a pu découvrir dans les plantes terrestres : il laut donc que l'eau des fleuves, des ruisseaux, etc., contienne des traces d^loduros métalliques, mais en quantité infinitésimale. Suivant Morchand [Compt. rend., t. XXXI, p. 495), toutes les eaux naturelles renferment de Tiode, du brome et de la lilhine. Van Ankum a démontré la présence de l'iode dans presque toutes les eaux potables de Hollande. — 11 est également certain que toutes ou presque toutes les eaux naturelles contiennent des composés de slronlianc. de l>arvte, do fluor, etc.

m\ ANALYSES DES EAUX DOUCES ORDINAIRES. 3(Î3

général il se produit un précipité. On le sépare par filtralion à travers un filtre de papier parfaitement pur (exempt de chaux et de fer), on Iclavebien, après avoir mis de côté le liquide filtré, et on essaie séparément le précipité et le liquide.

a. Essai du précipité.

11 consiste en principes dissous, surtout à l'état de bicarbo- 255 nates, à la faveur de Tacide carbonique : carbonate de chaux, carbonate de magnésie, hydrate de peroxyde de fer (qui était en dissolution à Tétat de bicarbonate de protoxyde de fer, et qui s*est précipité par Tébullilion à Tctat de peroxyde hydraté, de silicate de peroxyde, ou en combinaison avec Tacide phosphoriquc dans le cas où ce dernier se trouve dans Tcau), •phosphate de chaux, — en outre acide silicique, parfois aussi sulfate de chaux (si Teau en contient beaucoup), et argile en suspension.

On dissout le précipité sur le filtre dans le moins possible diacide chlorhydrique étendu (effervescence : acide carbonique) et on essaie diverses parties de la dissolution :

a. On cherche le fer avec le sulfocyanure de potassium ou le prussiate jaune de potasse ajouté goutte à goulte.

p. Après une ébullition préalable avec de l'ammoniaque, on filtre, 256 si c'est nécessaire, on ajoute au liquide filtré de Toxalate d'ammoniaque et on abandonne assez longtemps dans un lieu chaud. Précipité blanc : chmix (carbonatée ou sulfatée, si Ton trouve en 7. de Tacide sulfurique); on filtre, on ajoute de nouveau de rammoniaque au liquide filtré, puis un peu de phosphate de soude; on remue avec un agitateur et on laisse reposcr i2 heures : précipité blanc cristallin, que souvent on ne reconnaît sur les parois du vase qu'en décantant le liquide : magnésie (carbonatée).

7. On verse du chlorure de baryum et ou laisse reposer 12 heures dans un endroit chaud. Si au bout de ce temps il s'est formé un préci|)ilé, c'est qu'il y avait de V acide sulfurique. Si le précipité est très-faible, pour l'apercevoir facilement on décante avec précaution le liquide clair, en n'en Laissant qu'une petite quantité, qu'on agite alors dans le vase.

S. On évapore à siccité après addition d'acide azotique, on traite 257 le résidu par l'acide azotique et l'eau, on filtre pour séparer la silice et dans le liquide filtré on cherche Vacide phosphorique

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avecia dissolution d*acide molybdique (§ i4t, 10) ou bien avec lacétate de soude elle perchlorure de fer (g t4t, 9).

b. Essai du liquide filtré.

a. On ajoute à un essai un peu d acide chlorhydrique et du chic- 258 rure de baryum. Précipité blanc, qui se voit de suite ou après un temps plus ou moins long : acide sulfurîque.

j3. On ajoute à un autre essai de Tacide azotique et de Tazotate d*argent. Précipité ou trouble blanc : More,

7. Dans une troisième portion on cherche Y acide phosphorique en évaporant avec de l'acide azotique et en opérant comme au n*" (237) avec la solution azotique du résidu.

$. On évapore une quantité un peu notable du liquide pour le concentrer fortement et Ton essaie la réaction. Si elle est alcaline et si une goutte de la solution concentrée versée sur un verre de montre fait effervessence quand on y ajoute une goutte d'acide, et s'il se forme un précipité de carbonate de chaux en ajoutant avec précaution du chlorure de calciqm, c'est qu'il y a un carbonate alcalin, — Dans ce cas on achève Tévaporation à siccité, on fait bouillir le résidu avec de Talcool, on filtre, on évapore à siccité la dissolution alcoolique, on dissout le résidu dans un peu d'eau et on cherche Vacide azotique dans la solution d'après le g 159, 7, 8 ou 9^

s. On ajoute à tout le reste un peu de sel ammoniac, de Tammoniaque et de Toxalate d'ammoniaque et on laisse reposer longtemps. Précipité : cliaux. On filtre et on cherche

aa. dans un petit essai, la magnésie à l'aide de l'ammoniaque et du phosphate de soude.

bb. On évapore le resté à siccité, on le chauffe au rouge, on enlève le peu de magnésie qui pourrait s'y trouver (168) et on cherche la potasse et la soude d'après le g 19*.

2. On acidifie avec de l'acide chlorhydrique pur une assez grande quan- 959 tité de l'eau filtrée et on évapore presque à siccité; on partage le résidu en deux parties et l'on cherche

* Fréquemment cette manière d'opérer, longue, mais exacte, n'est pas nécessaire ; on trouve l'acide azotique sans peine en essayant directement l'eau évaporée presque à siccité.

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