‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 232 sur 294 · AU POINT DE VUE DE LA MÉDECINE LÉGALE · texte numérisé non relu

AU POINT DE VUE DE LA MÉDECINE LÉGALE

On charge fréquemment les chimistes de rechercher dans les ali- ^o^ ments, les matières vomies, dans un cadavre, etc., la présence d'une

* Jour, de pharm, et de chimie, XLVI, 33.

* Voir i ce sujet : a, le travail de Frésénius sur le rôle du chimiste dans les affaires criminelles, etc. (Ann. d, Ckemie u, Phar,, XLIX, 275) et b, mémoire de Fré$éniuê et de Babo sur un procédé certain de reconnaître dans toutes les circonstances et de doser quantitativement l'arsenic dans les cas d'empoisonnement. {Ann. d, Chemie u. Pharm., XUX, 287.) — Dragendorff, Toxicologie, page 68, 1873.

matière vénéneuse, pour constater un empoisonnement criminel ou involontaire. Parfois la question posée est moins générale : il s*agit de ne «constater dans ces substances que la présence d*un {)oison minéral, ou bien, d'une manière encore plus précise, on n'aqu*à décider si les matières suspectes contiennent de l'arsenic, de Tacide prussique ou un antre poison nettement désigné ; cela arrive quand les symptômes de Tempoisonnement indiquent déjà la nature du poison, ou quand le juge d'instruction croit devoir, d'après des motifs particuliers, préciser ainsi la question.

Évidemment le problème est d'autant plus facile à résoudre qu'il est moins général. Mais quand même il ne se rapporterait qu'à une substance déterminée, par exemple à l'arsçnic, le chimiste agira prudemment s'il dirige ses opérations non pas seulement pour trouver un îeul poison, dont parfois on soupçonne la présence sans données solides, mais aussi pour s'assurer de la présence ou de l'absence réelle de toute autre matière vénéneuse, car on ne doit pas oublier que l'on a entie les mains le corps du délit.

Si l'on voulait aller plus loin et indiquer un procédé qui s'appliquât à la recherché de tous les poisons possibles, on pourrait évidemment le rédiger sur le papier, mais la pratique apprendrait bientôt que les détails nombreux, inhérents aune pareille méthode, nuiraient tellement à son application facile et à la certitude des résultats, qu'elle aurait plus d'inconvénients que d'avantages.

En général les circonstances qui accompagnent l'empoisonnement indiquent déjà avec assez de certitude le groupe auquel appartient la substance vénéneuse. — ' Partant de là, j'indiquerai dans ce qui suit :

1. Un procédé qui permet de trouver des traces d'arsenic, d'en déterminer la quantité pondérable et ensuite de reconnaître tous les autres poisons minéraux ;

2. Un procédé pour découvrir l'acide prussique, qui n'empêche pas d'employer ensuite la substance à la recherche des poisons minéraux et des alcaloïdes;

3. Un procédé pour déceler le phosphore et qui permet également de trouver sans difficulté les autres poisons.

Je ne prétends pas indiquer ici une méthode complète, applicable à toutes les analyses chimico-légales possibles; mais ce que je puis affirmer, c'est que toutes ces méthodes ont été vérifiées par moi et j'en ai constaté l'exactitude. Elles suffiront dans la majorité des cas, d'autant plus que j'ai ajouté comme appendice au chapitre sur les alca-

loïdes, les meilleurs procédés à employer pour rechercher ces derniers dans les analyses judiciaires.

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