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II. RECHERCHE DE l' ACIDE CTANHYDRIQUE

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Si un empoisonnement a été causé ou est soupçonné avoir été causé 309 par l'acide cyanhydrique, ou le cyanure de potassium, qui est aussi vénéneux que le premier, et que l'on peut maintenant se procurer facilement parce qu'il est d'un emploi fréquent dans l'industrie, et s'il faut rechercher ce poison dans des aliments ou dans le contenu d'un estomac, on doit avant tout opérer sans retard, parce que l'acide prussique, élant très-instable, peut se décomposer avec rapidité. Toutefois sa décomposition n'est pas aussi prompte qu'on pourrait le croire et elle se continue assez longtemps avant que tout l'acide ait été détruite

Bien que l'acide prussique, même en petite quantité, soit avec assez de certitudereconnaissableà son odeur, cela ne suffit cependant pas pour en conclure rigoureusement sa présence. Il faut encore le séparer et le faire passer dans des combinaisons nettes et connues.

La méthode suivante repose sur la distillation de la masse suspecte rendue acide, et sur la recherche de l'acide cyanhydrique dans le liquide distillé. — Mais comme le prussiate jaune et le prussiate rouge de potasse, tous deux non vénéneux, soumis à cette opération donnent à

* Il m'est arrivé de trouver une quantité notable d'acide cyanhydrique dans l'estomac d'un homme qui s'était empoisonné avec cet acide pendant les fortes chaleurs de l'été et dont les viscères ne me furent remis que 36 heures après révénement. — De même, après avoir mêlé le sans^ et le contenu de l'estomac d'un chien empoisonné avec une faible dose d'acide prussique officinal, on put retrouver le poison 24 heures après, en ayant laissé toutes les matières pendant ce temps exposées à la cli:ileur de l'été.

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la distillation un liquide contenant deTacide cyanhydrique, il faut avant tout, comme Ta fort judicieusement fait remarquer OttOf chercher si par hasard un de ces sels ne se trouverait pas dans la substance à analyser. — A cet effet on agite une petite portion de la matière à essayer avec de Teau^ on filtre» on acidulé le liquide filtré avec de Tacide chlorhydrique et on en traite une partie par le perchlorure de fer et une autre partie par le sulfate de protoxyde de fer. Si dans Tun et Tautre cas on n'a ni précipité bleu ni coloration bleue, c'est qu'il n'y a ni ferrocyanure, ni ferricyanure soluble, et l'on peut procéder en toute sécurité aux opérations suivantes. Mais si les réactions ont indiqué un ferrocyanure ou un ferricyanure, il faut opérer suivant le n^ (314).

Ou essaye d'abord la réaction de la matière suspecte, après l'avoir étendue d'eau si c'est nécessaire; dans le cas où elle n'est pas fortement acide, on y ajoute assez d'une dissolution d'acide tartrique pour rougir fortement le papier de tournesol ; on met le tout dans une cornue ; on fixe celle-ci dans une marmite en fonte ou en cuivre, de manière que la panse ne touche ni le fond ni les parois ; on la couvre par précaution avec un linge, on remplit la marmite d'une dissolution de chlorure de calcium et l'on chauffe de façon à amener à une ébullition modérée le contenu de la cornue, dont le col est relevé. On conduit les vapeurs au moyen d'un tube recourbé à angle obtus dans un réfrigérant de Liebig^jei tout étant bien fermé, on reçoit le produit de la distillation dans un petit ballon taré. Lorsqu'on a recueilli environ 15 centimètres cubes de liquide, on remplace le ballon par un autre un peu plus grand et également taré.

On pèse le premier liquide distillé et on le traite comme il suit :

a. A un quart on ajoute un peu de lessive de potasse ou de soude, 51 i jusqu'à forte réaction alcaline, on y verse un peu d'une dissolution de sulfate de protoxyde de fer, mélangée d'un peu de perchlorure, on laisse digérer quelques minutes à une douce chaleur, puis on sursature enfin avec de l'acide chlorhydrique. S'il se forme un précipité bleu, c'est qu'il y a relativement beaucoup d'acide prussique dans le liquide distillé ; tandis qu'il y en a relativement peu si l'on n'obtient qu'une coloration vert bleuâtre, puis des flocons bleus, mais seulement après avoir laissé reposer assez longtemps.

b. On traite un autre quart comme il est dit au § 155, 7, pour 51!^ transform erl'acide cyanhydrique en sulfocyanure de fer. — Seu-

^ Si l'on Toulait rechercher en même temps le phosphore et l'acide prussiqne, r^ippareil distillatoire devrait être tout en verre et il faudrait opérer la distillation dans un endroit tout à fait obscur. (Voir 318.)

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