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B. ANALYSE DES GENDRES

Les analyses qualitatives des cendres ont un but pratique : ou bien 526 elles servent à déterminer le caractère général d'une cendre, ou la nature de tel ou tel élément qui s y rencontre dans des conditions données : elles peuvent aussi, autant qu une appréciation superficielle le perme t, donner une idée approchée de leur composition quantitative. Il sera doncbon en général de séparer les principes solubles dans Teau, ceux qui ne se dissolvent que dans Tacide chlorhydrique et enfin les éléments insolubles dans ces deux dissolvants. Cela sera d'autant plus avantageux que Fanalyse de ces trois portions se fera plus rapidement et plus facilement, le nombre des substances que Ton cherchera dans chaque analyse partielle étant par cela même plus limité.

a. Recherche des principes solubles dans Veau.

On fait bouillir les cendres avec de l'eau, on filtre, et tout en lavant le résidu, on essaye le liquide filtré.

1. Après avoir chauffé un essai, on y ajoute de Tacide chlorhydrique 327 en excès, on chauffe et on laisse reposer. — Une effervescence indique de ïacide carbonique combiné à des alcalis ; Todeur de l'acide sulfhydrique dénote un sulfure alcalin , provenant de la réduction d'un sulfate alcalin par le charbon. — Un trouble produit par un dépôt de soufre en même temps que l'odeur de l'acide sulfureux sont les indices d'un hyposulfite (on en trouve souvent dans les cendres de houille). — On ajoute au liquide, filtré si cela est nécessaire, du chlorure de baryum. S'il y a un précipité blanc, c'est qu'il y a de V acide sulfurique.

2. On réduit une portion à un très-petit volume par évaporation; on 328 ajoute de l'acide chlorhydrique jusqu'à réaction acide (efTervescence : acide carbonique) , on essaye quelques gouttes avec le papier de curcuma pour chercher Yacique borique (^ 144, 6), on évapore ensuite à siccité, on reprend le résidu par Tacidechlorhydrique et par l'eau ; résidu : acide silicique. On filtre, on ajoute de l'ammoniaque, du sel ammoniac, du sulfate de magnésie ; précipité blanc : acide phosphorique. Au lieu de cette réaction on peut au liquide séparé par filtration de l'acide silicique ajouter de l'acétate de soude

et goutte à goutte du perchlorure de fer, ou bien aussi essayer la liqueur filtrée avec la dissolution azotique de molybdate d'ammo-

18 65, \n, 375.) Voir le travail de FresenUis dans le Zeitêch, f. analyt, Chem. YI, 203.

niaque (§ i4«), après avoir évaporé Tessai à siccité au bain-marie avec un excès d'acide azotique et repris le résidu par l'acide azotique.

3. A une autre portion on ajoute deTazotate d'argent tont qu'il se fait 528 un précipité, on chauffe légèrement et on verse avec précaution de l'ammoniaque; s'il y a un résidu noir, c'est du sulfure d'argent (provenant d'un sulfure alcalin ou d'un hyposulfite) : on verse ensuite dans la dissolution ammoniacale, filtrée s'il le faut, de l'acide azotique en lé^er excès, de façon que le phosphate d'argent préci pité le premier se redissolve et qu'il ne reste que le chlorure d'argent (ou l'iodure* ou le bromure). On sépare par (iltration le précipité, qu'on étudiera d'après le n« (1 78) , et on neutralise exactement le liquide filtré par l'ammoniaque. S'il se produit un précipité jaune clair, c'est que l'acide phosphorique trouvé au n* (228) est tribasique ; si le précipité est blanc, l'acide était à l'état bibasique.

4. Après avoir chauflé une portion avec de l'acide chlorhydrique, on la ôôi\ rend de nouveau alcaline avec de l'ammoniaque, on y verse del'oxalate d'ammoniaque et on laisse reposer ; précipité blanc : chaux. On filtre, on ajoute au liquide filtré de l'ammoniaque et du phosphate

de soude ; précipité cristallin, qui ne se produit souvent qu'après un long repos : magnésie. (La magnésie se trouve souvent en proportion très-appréciable, tandis que la chaux n'est qu'en très-minime quantité, surtout quand il y a des carbonates et des phosphates alcalins.)

5. On cherche la potasse et la soude d'après le g 19». S'il y a de la magnésie, on commence par neutraliser avec de l'acide chlorhydrique la portion du liquide filtré dans lequel on veut chercher les alcalis et on enlève d'abord la magnésie d'après le § 196, 2.

6. Quant à la lithine, qui se rencontre dans les cendres bien plus fréquemment qu'on ne le croyait, et à Yoxyde de rubidium^ qui accompagne presque toujours la potasse, le meilleur moyen de les trouver est de soumettre à l'analyse spectrale (g 93) le résidu composé des sels alcalins.

b. Recherche des principes solubles dans V acide chlorhydrique.

On chauffe avec de l'acide chlorhydrique la substance épuisée par 551 l'eau (après une nouvelle incinération, si elle renfermait encore beaucoup de charbon). S'il y a effervescence, elle est due à V acide carÏHh nique^ uni aux terres alcalines ; un dégagement de chlore proviendrait

* Pour trouver l'iode dans les plantes aquatiques, on les plonge dans une lessive étendue de polasse (Chatin), on les sèche, on les incinère et on essaye la dissolution aqueuse comme au n» (258).

de V oxyde de manganèse. On évapore le tout à siccité, après addition de quelques gouttes d'acide sulfurique, on chauffe plus fortement pour éliminer la silice, on humecte le résidu avec de Tacide chlorhydrique et un peu d acide azotique, on ajoute de l'eau, on chauffe et on sépare par filtration du résidu insoluble, dans lequel on cherchera encore suivant le n° (255) la baryte et la strontiane.

\ . On essaye une partie de la dissolution avec de Tacide sulfhydrique. Si le précipité qui se forme n'est pas parfaitement blanc, il faut soumettre le liquide à l'analyse générale. (Les cendres des végétaux contiennent paribis dxxcuivre; il peut y avoir du plomb quand on a employé pour engrais des excréments désinfectés par l'azotate de plomb, etc.)

2. A une portion de la liqueur primitive on ajoute du carbonate de 352 soude tant que le précipité formé se redissout par agitation, puis de l'acétate de soude et un peu d'acide acétique. Gela produit le plus souvent un précipité blanc de phosphate de peroxyde de fer, auquel peut être mêlé, suivant les circonstances, un peu dephqsphate d^alumine. On le sépare par filtration, on le lave, on le chauffe avec de la lessive de potasse pure, on filtre et dans le liquide filtré on cherche Valumine en acidulanfavec de l'acide chlorhydrique et chauffant avec de l'ammoniaque. Si le liquide dans lequel est suspendu le précipité (formé seulement ou en majeure partie de phosphate de fer) est rougeâtre, c'est qu'il y a plus de peroxyde de fer que n*en comporte la quantité d'acide phosphorique ; s'il est incolore, on ajoute du perchlorure de fer jusqu'à ce que la liqueur soit rouge. (La quantité de phosphate de peroxyde de 1er précipité permet d'apprécier à peu près la quantité d'acide phosphorique.) On chauffe à l'ébullition (si le liquide ne se décolorait pas, il faudrait ajouter encore un peu d'acétate de soude), on filtre chaud, après addition d'ammoniaque, on ajoute au liquide filtré du sulfhydrate d'ammoniaque, en mettant le tout dans un ballon qu'on puisse fermer et qui soit presque complètement rempli : après avoir laissé reposer, on filtre et dans le précipité on cherche d'après le n° (141 ) le man^ ganèse et le zinc (ce dernier ne se rencontrant qu'exceptionnellement) : dans le liquide filtré on trouvera comme d'habitude de la chaux (à laquelle peut encore être mélangé un peu de strontiane et qu'il faudra dès lors essayer comme il est dit à la page 118) et de ïii magnésie (530).

5. Un cherche le fluor suivant le § 146, .6, dans le résidu des cendres épuisées par Teau .

414 2« PARTIE. — CHAP. U. — ANALYSES PARTICDUÈRES. [g 228

c. Recherche des principes insolubles dans V acide chlorhydriqtie. \

Le résidu insoluble dans l'acide chlorhydrique renferme :

i . La silice éliminée par Faction de Tacide chlorhydrique : 53

2. Les éléments des cendres insolubles par eux-mêmes dans Tacide chlorhydrique. Ce sont dans la plupart des cendres : du sable, de Targile, du charbon ; puis aussi des substances qui viennent d*un nettoyage et d'une carbonisation incomplète des plantes, ou aussi du creuset employé pour l'incinération. Il n*y a guère que les cendres très-siliceuses des chaumes des graminées qui laissent une partie complètement insoluble dans l'acide chlorhydrique.

On fait bouillir le résidu bien lavé avec un excès d une dissolution de carbonate de soude, on filtre chaud, on lave avec de Teau bouillante et on démontre la présence de la silice dans le liquide filtré, en l'évaporant avec de l'acide chlorhydrique (§ ISO, 2). Si la cendre avait été décomposée primitivement par l'acide chlorhydrique, on peut en général regarder l'analyse comme terminée (car ce ne sera que rarement qu'il importera d'examiner avec soin le mélange souvent fortuit de sable et d'argile) ; mais si la cendre est très-riche en silice, si elle n'a pas été complètement décomposée par l'acide clilorhydrique, on évapore à siccité dans une capsule en argent ou en platine avec un excès de lessive de soude pure la moitié du résidu insoluble dans le carbonate de soude. On décompose ainsi les silicates des cendres, en attaquant à peine le sable. On acidifie avec l'acide chlorhydrique, on évapore à siccité et on opère exactement d'après le n** (331) : pour trouver les alcalis on se sert de l'autre moitié du résidu, que l'on traite d'après le n? (228).

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