ADDITIONS ET REMARQUES
I. REMARQUES RELATIVES A l'eSSAI PRÉLIMINAIRE. DU g 195 AU g 198.
L'examen des propriétés physiques d'un corps, surtout quand il n*est pas un mélange, donne le plus souvent des indications assez certaines sur sa nature, comme nous Tavons déjà fait remarquer. Si Ton a par exemple un corps blanc, on peut affirmer que ce n'est pas du cinabre ; un corps Irès-léger ne sera pas une combinaison de plomb, etc. Toutes ces conclusions exactes et utiles aideront à arriver au but, si l'on a soin de leur conserver une certaine généralité. Mais si Ton sort de là, si Ton veut en tirer plus, on se forme des opinions préconçues qui conduisent presque toujours à des résultats faux, car elles empêchent de voir toutes les réactions qui ne sont pas d'accord avec elles.
Pour étudier l'action d'une haute température sur une substance on peut se servir d'une petite cuiller en fer ou d'une feuille 'de platine; cependant l'expérience faite dans un tube de verre donne des résultats plus faciles à saisir, on est moins e?^posé à laisser échapper les corps volatils, on peut mieux reconnaître leur nature. Souvent il sera bonde chauffer un essai du corps dans un tube court, ouvert aux deux bouts et dans une position inclinée, pour connaître les produits de son oxydation; de cette façon, par exemple, on découvrira facilement de petites quantités d'un sulfure métallique (g 156, 6).
Quant aux essais au chalumeau, je recommanderai aux commençants de ne pas leur attribuer une trop grande importance, tant qu'ils ne seront pas tout à fait familiarisés avec ce genre d'expériences. Si l'on veut reconnaître un métal avec certitude à un faible enduit form^ sur le charbon, ou si Ton croit être convaincu de l'absence de tel ou tel corps à une réduction qu'on n'aperçoit pas ou à une coloration par la solution de cobalt, qui ne se produit pas, etc., il arrive très-facilement que l'on se trompe ou qu'on laisse échapper quelque élément; non pas
que les réactions au chalumeau soient trompeuses, mais elles ne sont pas toujours faciles à produire et peuvent être modifiées par des circonstances accidentelles.
Je sais encore par expérience que beaucoup de commençants, convaincus que par l'analyse directe ils doivent trouver la nature de la substance, négligent les essais préliminaires, espérant gagner du temps et s'éviter de la peine. Sans chercher à démontrer la légèreté d'un pareil raisonnement, je me contenterai de dire, par exemple, qu'avec une semblable idée, ils chercheront pendant des heures entières dans an composé tous les acides organiques, pour arriver enfin à reconnaître qu'il n'y en a aucun. Tout cela pour aller plus vite et avoir moins de mal!
îl. REMARQUES RELATIVES A LA DISSOLUTION DES CORPS, ETC.
DU g ira AU § t8i.
Au § 1V9 nous avons indiqué les caractères des classes dans lesquelles on peut grouper les corps, excepté les métaux, d'après Taction de certains dissolvants ; mais cette subdivision paraît plus facile à opérer qu'elle ne l'est réellement. Celte incertitude porte surtout sur les corps qui sont à la limite des groupes, sur ceux qui sont difficilement solubles, et il en résulte une difficulté pour les commençants. Il est donc bon de revenir ici sur ce qu'il y a de général dans cette classification.
Il est fort difficile de déterminer exactement quels corps il faut regarder comme solubles dans l'eau, quels corps sont insolubles, carie nombre de ceux difficilement solubles dans l'eau est considérable et leur solubilité diminue presqiie d'une manière continue. Le sulfate de chaux, soluble dans 450 parties d'eau, pourrait peut-être servir de limite, car dans sa solution aqueuse on peut encore facilement le reconnaître à l'aide des réactifs sensibles que nous possédons pour la chaux et pour l'acide sulfurique.
Lorsqu'on cherche, en évaporant quelques gouttes d'eausurune feuille de platine, si le liquide renferme quelques corps solides en dissolution, il reste souvent un résidu tellement insignifiant qu'on ne sait quelle conséquence on en doit tirer. Dans ce cas on essaye d'abord la réaction du liquide avec les papiers de tournesol, puis on ajoute aune petite portion une goutte de chlorure de baryum et à une autre un peu de carbonate de soude. Si ces réactifs ne produisent aucun changement et si de plus le liquide est neutre, en général il est inutile de pousser plus loin la recherche des acides et des bases. On peut être certain que le corps formant le résidu laissé par évaporation se trouvait dans l'eau