‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 35 sur 294 · Acide sutfarlqne (HO,SO · texte numérisé non relu

Acide sutfarlqne (HO,SO

§ t4. On emploie :

a. Uacide concentré du commerce, ou acide svlfurique anglais;

h. L* acide mlfurique concentré pur.

Pour obtenir avec Tacide suifurique ordinaire de Tacide chimiquement pur, je recommande les méthodes suivantes :

a. Pour détruire les composés oxygénés de l'azote qui, le plus souvent, se trouvent dansTacide ordinaire, on chauffe dans une capsule en porcelaine 1000 grammes d'acide anglais avec 5 grammes de sulfate d'ammoniaque, jusqu'à ce qu'il se répande d'abondantes vapeurs d'acide suifurique. Après refroidissement on ajoute 4 à 5 grammes de peroxyde de manganèse en gros grains {BUmdht), et on chauffe à l'ébuUition en remuant, pour transformer en acide arsénique l'acide arsénieux qui pourrait se trouver dans l'acide suifurique. Lorsque le liquide est refroidi, on le sépare du dépôt par décantation en le versant dans une cornue en verre lutée, au moyen d'un entonnoir à long tube qui arrive jusque dans la panse de la cornue. Celle-ci ne doit être qu'à moitié remplie, on la chauffe directement au charbon. Pour éviter les soubresauts, on pose la cornue sur un couvercle renversé de creuset, de façon qu'elle soit plus chauffée latéralement que par le fond. Le col doit pénétrer jusque vers le centre du récipient, pour que l'acide tombe goutte à goutte dans le ballon ; il est inutile de refroidir, ce serait même plutôt dangereux. Pour empêcher le contact direct du col du ballon avec celui de la conme, qui est très-chaud, onenveloppera celui-ci avec de longs filaments d'amiante. — Quand on a obtenu 10 à 15 grammes de liquide distillé, on change le récipient et on recueille les trois quarts du contenu de la cornue. Ce procédé repose sur ce fait reconnu favBu^sy eiBuignety que, lorsque l'acide suifurique renferme de l'arsenic à l'état d'acide arsénique, le liquide distillé en est complètement exempt.

^. Une autre méthode également bonne consiste à ajouter quatre

§ 24] ACIDES ET HALOGÈNES. 47

parties d'eau à une partie d*acide sulfurique anglais, et à y faire passer longtemps un courant lent d'acide sulfhydrique, en chauffant à 70\ On laisse reposer plusieurs jours, on décante le liquide clair pour le séparer du dépôt formé de soufre, de sulfure de plomb et peut-être de sulfure d'arsenic, et Von chauffe dans une cornue tubulée, dont le col est redressé et la tubulure ouverte, jusqu'à ce qu'il se dégage des vapeurs d'acide sulfurique avec la vapeur d'eau. L'acide ainsi purifié peut être employé à un grand nombre d'usages ; mais, s'il doit être débarrassé de toute substance non volatile, on le distille dans une cornue lutçe, comme il est dit en a. — Aussitôt que dans le col de la cornue les gouttes prennent une apparence huileuse, on change le récipient et on recueille, pour le conserver, l'acide concentré qui commence alors à distiller.

c. L'acide sulfurique 07*dinaire étendu. — On le prépare en versant peu à peu et en remuant une partie d'acide anglais dans 5 parties d'eau, placées dans une capsule en plomb ou en porcelaine. On laisse éclaircir le liquide troublé par un dépôt de sulfate de plomb et l'on décante.

Essais. — L'acide sulfurique chimiquement pur est incolore ; versé dans un tube à essai, sous une dissolution incolore de sulfate de proloxyde de fer, la couche de contact ne doit pas se colorer en brun (acide azotique, acide hypoazotique) ; additionné de 20 parties d'eau et d'un peu d'empois d'amidon, il ne doit pas bleuir par une dissolution d'iodure de potassium (acide hypoazotique). Avec de l'eau et du zinc pur, il doit donner de l'hydrogène qui, en traversant un tube chauffé au rouge, ne doit donner aucun dépôt d'arsenic ; chauffé dans un creuset en platine , il doit se volatiliser complètement , et rester complètement limpide, si l'on ajoute 4 à 5 parties d'alcool (oxyde de plomb, oxyde de fer, chaux). On découvre du reste facilement de petites quantités de plomb, en versant dans l'acide contenu dans un tube à essais un peu d'acide chlorhydrique ; si au contact des deux liquides il se produit un trouble (chlorure de plomt), c'est qu'il y a du plomb. On reconnaît la présence de l'acide sulfureux à l'odeur qu'il répand quand on agite l'acide dans un flacon à moitié rempli.

Usages. — Comme l'acide sulfurique a une plus grande affinité pour la plupart des bases que presque tous les autres acides, on s'en sert pour mettre ceux-ci en liberté, principalement les acides borique, chlorhydrique, azotique et acétique. — La grande tendance qu'a l'acide sulfurique à se combiner à l'eau fait qu'on l'emploie à l'état de concentration pour décomposer plusieurs corps qui ne peuvent exister sans eau (par exemple, l'acide oxalique). — Il est d'un usage fréquent pour faire dégager plusieurs gaz, entre autres l'hydrogène et l'acide sulfhydrique. 11 est spécialement employé pour précipiter la baryte, la strontiane et le plomb. Ce sont les circonstances dans lesquelles on opère dans cha-

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que cas particulier qui apprendront de quelle sorte d'acide il faut se servir, s*il faut prendre l'acide pur ou l'acide ordinaire du commerce, concentré ou étendu; du reste, on l'indiquera chaque fois.

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