Aeide ehlorhydrique (HGl
§ 18. Préparation. — On met dans une cornue 4 parties de sel de cuisine et un mélange froid de 7 parties d'acide sulfurique anglais et 2 parties d'eau : on relève un peu le col de la cornue, que l'on chauffe au bain de sable tant qu'il se dégage du gaz. Au moyen d'un tube en verre recourbé à angle droit, on conduit le gaz dans un ballon bien refroidi, contenant 6 parties d'eau ; pour éviter une absorption, le bout du tube ne doit plonger que tout au plus d'un centimètre au-dessous du niveau de l'eau. L'opération terminée, on prend la densité de la dissolution et on l'étend d'eau de façon que son poids spéciûque soit entre 1,11 et 1,12. Si l'acide doit être absolument pur et exempt de toute trace d'arsenic et de chlore, on débarrasse d'abord, d'après leparagraphe *4, Tacide sulfurique qu'on emploiera, de l'arsenic et des composés nitreux qu'il peut renfermer. On peut encore, au moyen de l'acide brut du commerce, se procurer facilement de l'acide chlorhydrique pur. On étend le premier d'eau de façon à l'amener à la densité 1,12, puis on le distille après addition d'un peu de chlorure de sodium. — Si l'acide brut renferme du chlore avant la distillation, on le fait disparaître par une addition convenable d'une solution aqueuse d'acide sulfureux, et réciproquement, s'il y avait de l'acide sulfureux, on le transformerait en acide sulfurique avec une quantité convenable d'eau de chlore. II n'est pas rare que l'acide chlorhydrique contienne des traces de chlorure d'arsenic, provenant de l'acide sulfurique arsenical qu'on aura employé pour sa préparation; si on veut le débarrasser de cette impureté, on mélange 1 partie d'acide et 2 parties d'eau, on y fait passer un courant d'acide sulfliydrique, on laisse déposer le soufre
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et le sulfure d'arsenic, on décante et on chauffe pour chasser l'hydrogène sulfuré.
Essais. — L'acide chlorhydrique doit être incolore et se vaporiser sans résidu. Si pendant l'évaporation il se colore en jaune, c est qu'il contient du chlorure de fer. Il ne doit pas bleuir l'empois d'amidon additionné d'iodure de potassium (chlore ou perchlorure de fer), ni dtîcomposer le bleu d'indigo (chlore), ni décolorer l'iodure d'amidon (acide sulfureux). Dans l'acide très-étendu le chlorure de baryum ne fait pas de précipité (acide sulfuriquej.
Usages. — L*acide chlorhydrique est le dissolvant d'un grand nombre de corps ; — il transforme en chlorures beaucoup de métaux et de sulfures métalliques, avec dégagement d'hydrogène ou d'acide sulfhydrique : — il change en chlorures les oxydes et les peroxydes, et avec les derniers il y a généralement du chlore mis en liberté ; — les sels à acide insoluble ou volatil sont également amenés à l'état de chlorures, avec séparation de leur acide, par exemple, le carbonate de chaux ; — il dissout sans décomposition apparente les sels à acides non volatils et solublés, par exemple le phosphate, de chaux. Dans ce dernier cas, il se forme un chlorure et un sel acide soluble de l'autre acide: ainsi, avec le phosphate de chaux, on a du chlorure de calcium et du phosphate acide de chaux. Dans les sels dont la base ne peut pas faire de sel acide soluble avec l'acide même du sel, il se forme des chlorures, tandis que l'acide reste libre dans la liqueur (borate de chaux). — L'acide chlorhydrique est en outre employé spécialement pour reconnaître l'oxyde d'argent, le protoxyde de mercure et le plomb (voy. plus bas), comme aussi pour découvrir l'ammoniaque, avec laquelle il forme du sel ammoniac, qui se condense dans l'air en formant des fumées blanches.