‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 97 sur 294 · A. ACTION DES RÉACTIFS SUR LES OXYDES MÉTALLIQUES ET LEURS RADICAUX · texte numérisé non relu

A. ACTION DES RÉACTIFS SUR LES OXYDES MÉTALLIQUES ET LEURS RADICAUX

g 89. Ayant de nous occuper de chaque oxyde métallique en particulier, je vais d'abord les indiquer tous. Nous verrons dans cette énumération quels sont les oxydes qui appartiennent à chaque groupe, puis, en étudiant chacun de ceux-ci d'une manière spéciale, nous indiquerons le motif de la classification suivante :

Premier groupe. — Potasse y soude, ammoniaque (oxyde de caesium, oxyde de rubidium, lithine).

Deuxième groupe. — Baryte y strontiane, chaux , magnésie.

Troisième groupe. — Alumine y oxyde de chrome (oxydes de glucinium, thorium, zirconium, yttrium, erbium, cérium, lanthane, didy* mium, titane, tantale, niobium).

Quatrième groupe. — Oxydes de zinc, manganèse, nickel, cobalt, fer (urane, vanadium, thallium, indium).

Cinquième groupe. — Oxydes à'argent^ mercure, plomb, bismuth, cuivre, cadmium (palladium, rhodium, osmium, ruthénium).

Sixième groupe. — Oxydes et acides d'or, platine, étain, antimoine, arsenic (iridium, molybdène, tellure, tungstène, sélénium).

Parmi ces oxydes métalliques, il n'y a que ceux dont les noms sont écrits en italiques que l'on rencontre en assez grande quantité et assez communément dans l'épaisseur de la croûte terrestre que nous connaissons; eux seuls par conséquent jouent un rôle assez important dans la chimie, comme dans les arts, l'industrie, la pharmacie, etc., et dans la suite c'est d'eux surtout que nous nous occuperons avec détail. Des autres nous dirons quelques mots, et les chapitres qui leur seront consacrés dans les premières études de l'analyse qualitative seront écrits en petits caractères. Quant à l'action des métaux eux-mêmes, nous n'en parlerons que pour ceux qui se rencontrent le plus fréquemment à l'état métallique dans les travaux d'analyse.

PREMIER GROUPE

§ 88. Corps qu'on rencontre le plus fréquemment : Potasse^ soude, ammoniaque.

Corps qu'on rencontre rarement : Oxydes de cœsium, de rubidium, de lithium.

Propriétés du groupe. — Les alcalis purs (caustiques) ou à l'état de sulfures, de carbonates et de phosphates, sont solubles dans l'eau (les sels de lithine, il est vrai, sont difficilement solubles). Les alcalis ne sont donc précipités ni à l'état pur, ni à l'élat de carbonate our de phos-

FRESESIUf , AN. QDAL. — 6* ÉDIT. 7

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phate (toutefois, pour la lithine, il faut que les dissolutions soient très étendues), et dans aucune circonstance ils ne sont non plus précipités par l'hydrogène sulfuré ; les dissolutions d'alcalis purs, aussi bien que celles de leurs sulfures et de leurs carbonates, ramènent au bleu le papier de tournesol rougi et brunissent le papier de curcuma à un haut degré.

RÉACTIONS PAUTICULIÈRES kVH CORPS LES PLUS COMMUNS

DU PREMIER GROUPE

a. PotaMe (KO).

g 99. — 1. La potasse, son hydrate et ses sels ne sont pas Tolatils au rouge faible. La potasse et son hydrate sont déliquescents à Tair, et le liquideépais qui se produit alors ne se solidifie pas en absorbant Tacide carbonique.

2. Les sels de potasse se dissolvent presque tous, facilement dans Teau. Ils sont incolores quand Tacide lui-même n*est pas coloré. Les sels neutres à acide fort ne changent pas les couleurs végétales. Le carbonate cristallise ditficilement (avec 2 équivalents d*eau) et est déliquescent. Le sulfate ne contient pas d'eau et est inaltérable, à Tair.

5. Le CHLORURE DE PLATLNE formc daus les dissolutions neutres ou acides des sels de potasse un précipité lourd, jaune et cristallin de chlo^ rare double de platine et depotassiurn (KCl,PtCl*) ;ce précipité se produit de suite, quand les dissolutions sont concentrées ; si elles sont un peu étendues, il faut un certain temps, quelquefois assez long. Les li- •queurs très-étendues, ne sont pas précipitées. — Le dépôt est formé d'octaèdres reconnaissables au microscope. Si la dissolution est alcaline, il faut Taciduler avec de l'acide chlorhydrique avant de verser le chlorure de platine. Le précipité est difficilement soluble dans l'eau : les acides libres n'augmentent pas sa solubilité d'une manière sensible, et l'alcool ne le dissout pas. Le chlorure de platine décèlera donc trèsnettement la présence des sels de potasse, quand ceux-ci seront dissous dans l'alcool. Pour que la réaction soit le plus sensible, on évapore au bain>m(irie, presque jusqu'à siccité, la dissolution du sel de potasse additionnée de chlorure de platine, et l'on reprend le résidu avec un peu d'eau (mieux encore avec de l'alcool, lorsque le résidu ne renferme pas de substances qui y seraient insolubles) qui laisse le chlorure double non dissous. Il faut se garder dé confondre ce chlorure avec le chlorure double de platine et d'ammoniaque (§ M. 4).

4. L'acide tartrique donne, dans les dissolutions neutres ou alcalines de sels de potasse (dans le dernier cas en ajoutant le réactif jusqu'à forte réaction acide) nu précipité blanc, grenu, cristallin, sedépo-

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