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Protoxyde de fer. — Peroxyde de fer

Le fer est ordinairement pesé a l'état de peroxyde, quelquefois à Tétât de tuliure. Outre ces combinaisons, nous devons encore connaître Vhydrate de peroxyde, le succinate, ïacétdte et le formiale, qui permettent souvent de l'obtenir à l'état où il sera pesé.

a. L'hydrate de peroxyde de fer, au moment de sa formation par voie humide, est un précipité brun rouge, insoluble dans l'eau, les alcalis et les sels ammoniacaux, facilement soluble dans les acides ; il diminue considérablement de volume par la dessiccation. Simplement desséché, il forme une masse brune, dure, à cassure écailleuse, brillante. Lorsque pour la précipitation on n'emploie pas un excès d'alcali, le précipité renferme un sel basique et, si l'alcali est en excès, le précipité en retient toujours un peu ; c'est pourquoi il faudra dans les analyses n'employer que de l'ammoniaque. Dans certaines circonstances, par exemple en chauffant longtemps au bain-marie une dissolution d'acétate de peroxyde de fer (dont la couleur rouge sang devient rouge brique et qui parait trouble quand on la regarde dans la lumière incidente) et en ajoutant ensuite un peu d'acide sulfurique ou d'un sel alcalin, on obtient un hydrate brun rouge qui est complètement insoluble dans les acides froids, même concentrés, et qui n'est pas attaqué par t'acide azotique, même bouillant (L. Péan de Saint-Gilles).

A côté de l'hydrate de peroxyde de fer il faut placer ces sels très-basiques de peroxyde, qu'on obtient en additionnant les solutions ferriques, surtout celle de perchlorure, froides et étendues avec du carbonate d'ammoniaque, qu'on ajoute avec précaution jusqu'à ce que le liquide, maintenu froid, ne s'éclaircisse plus, mais soit plus trouble qu'avant : puis on fait bouillir. Ces précipités, formés ainsi dans la liqueur à réaction encore nettement acide, renferment tout le fer et jouent un rôle important dans la séparation des corps. Il faut les laver avec de l'eau bouillante et surtout contenant un peu de sel ammoniac, parce que le lavage à l'eau pure en dissout toujours un peu. Ils ne sont pas convenables pour la calcination, parce que suivant les circonstances il peut se volatiser un peu de perchlorure de fer.

b. Chauffé au rouge l'hydrate de peroxyde de fer passe à l'étal de pero)^yde BE FER ANHYDRE. Si l'iiydratc n'a pas été préalablement desséché avec soin,

FKESENirS. AXAL. QUAXTIT. *• ÉDIT. It)

146 CHAPITRE III. — FORMES ET COMBINAISONS DES CORPS. [§ 8i

des parcelles d'oxyde seraient facilement projetées par la vapeur, qui se dégagerait des morceaux solides desséchés seulement à la surface. L'hydrate humide, débarrassé autant que possible de son eau par succion, peut au contraire être changé sans perte en oxyde anhydre par calcination. Le peroxyde de fer pur placé sur du papier de tournesol rougi et humide ne le ramène paâ au bleu. Il se dissout lentement dans Tacide chlorhydrique étendu, plus rapidement dans l'acide concentré. La dissolution est plus rapide à une douce chaleur qu'à Tébullition. Il se comporte coinme l'alumine avec un mélange de 8 parties d'acide sulfurique monohydraté et de 3 parties d^eau. Calciné à l'air, son poids ne change pas ; — calciné avec du sel ammoniac il donne du perchlorure de fer, calciné avec du charbon à l'abri de l'air il est plus ou moins réduit. Fortement chauffé au rouge avec du soufre en poudre dans un courant d'hydrogène, il donne du monosulfure de fer.

COMPOSITION

2Fe 56 ... 70,00

c. Le SULFURE DE FER obtcnu par la voie humide est un précipité noir. Yoici quelques particularités que j'ai étudiées à propos de sa formation (*). Le sulfhydrate d'ammoniaque pur, incolore ou jaune, ne précipite que lentement et incomplètement les dissolutions neutres deprotoxyde de fer. Le sel ammoniac rend la précipitation plus prompte et plus complète : un grand excès est sans influence fâcheuse,, — l'ammoniaque ne nuit en rien, — peu importe que le sulfhydrate soit jaune ou incolore. £n prenant toutes les précautions, on peut avec le sulfhydrate précipiter le protoxydede fer dans une dissolution qui n'en contient que jêôSôôô» ^^ ayant soin toutefois, avec les dissolutions très-étendues, d'attendre au moins 48 heures. Gomme le précipité s'oxyde rapidement au contact de l'air, il faut ajouter du sulfhydrate d'ammoniaque à l'eau de lavage et tenir le filtre plein. Il sera bon d'ajouter aussi assez de sel ammoniac au commencement, en diminuant peu à peu la proportion. Le sulfure de fer hydraté se dissout facilement dans les acides minéraux même étendus. Fortement chauffé au rouge dans un courant d'hydrogène avec du soufre en poudre, il se change en monosulfure anhydre (H. Rose),

COMPOSITION

Fe 28 ... 63,64

d. Si l'on mélange une dissolution neutre de peroxyde de fer avec une dissolution neutre d'un succinate alcalin .il se forme un précipité brun cannelle clair ou foncé de succinate de fer (Fe*05,C»H*0«) . Il résulte de la nature de ce précipité que, lorsqu'il se forme, il doit y avoir 1 équivalent d'acide mis en liberté (d'acide succinique, s'il y a excès de succinate d'ammoniaque),

(*) Journ. f, pracht. Chetm,, LXXXil, 268.

par exemple : 2(Fe«05,3S0') -f- 3(2 AzH^0,C»H*06) -|-2H0 =2(Fe«0^C8H*06)^- 6(ÀzH*0,S05) + 2eO,C8li*0«. — Dans les dissolutions froides trés-étendues Tacide succinique libre ne dissout pour ainsi dire pas le précipité, mais, si la solution est chaude, il le dissout abondamment. Il ne faut donc pas filtrer le liquide précipité quand il est chaud, si le précipité doit rester à l'état insoluble. On croyait à tort autrefois que le précipité était un sel neutre, que Teau chaude transformait en un sel basique insoluble et une combinaison acide soluble. — Le succinate de fer est insoluble dans l'eau froide, peu soluble dans l'eau chaude, facilement soluble dans les acides minéraux. L'ammoniaque lui enlève la plus grande partie de son acide, plus complètement à chaud qu'à froid : il resle des combinaisons analogues à Thydrale de peroxyde de fer, qui pour 1 équivalent d'acide succinique ,(C*11*0^) renferment de 18 à 50 équivalents de FeW (Dœpping).

e.Si dans une dissolution d'un sel de peroxyde de fer on ajoute à froid du carbonate de soude, jusqu'à ce que la liqueur ne renferme plus d'acide libre, et que par suite de la formation d'un sel basique la solution devienne rouge foncé, mais cependant reste toujours limpide, puis si l'on y verse de l'acétate de soude et si l'on chauffe quelque temps à l'ébullition, tout le fer se précipite à l'état d'AcéTATB basique de peroxyde. — Pour que cette précipita-*tiou réussisse, la dissolution de peroxyde de fer doit être suffisamment étendue, l'acide libre doit être neutralisé et il faut ajouter l'acétate de soude en quantité suffisante. La durée de l'ébullition a peu d'importance; quand la proportion des réactifs est convenable, une ébullition d'un instant suffit.' Il est inutile de dire que tout le fer doit être peroxyde. Au lieu du carbonate et de l'acétate de soude on peut prendre les sels d'ammoniaque correspondants. — Le précipité se laisse généralement bien séparer par filtration' et il est facile à laver sans que du peroyde de fer passe à travers le filtre : parfois cependant il n'en est pas ainsi. Je conseille pour la précipitation de ne pas faire bouillir plus longtemps qu'il ne faut, de filtrer chaud et d'ajouter à l'eau de lavage bouillante un peu d'acétate de soude ou d'acétate d'ammoniaque, ce qui ne peut avoir aucun inconvénient, puisque ordinairement on redissout ce précipité dans l'acide chlorhydrique pour le précipiter de nouveau par l'ammoniaque.

f. Au lieu de l'acétate de soude ou d'ammoniaque indiqué en e., on peut employer les formiates correspondants. Le formute basique de peroxyde de PEft qu'on obtient alors est plus facile à laver que l'acétate basique (F. yiulze*),

bases du cinquième groupe.

L'argent peut être pesé à l'état métallique, à l'état de chlorure, de sulfure ou de cyanure.

a. L'argent métallique obtenu en calcinant un sel d'argent à acide organique, etc., est une masse métallique poreuse, blanc clair, brillant d'un

0 Chem, Centralblatt, 1861, 3.

148 CHAPITRE III. — FORMES ET GOMBINAISOiNS DES CORPS. [§ 82

vif éclat : préparé au moyen du chlorure, etc., par la voie hiunide avec le zinc, c'est une poudre grise, mate. U fond vers lOOO"; il ne change pas de poids au rouge modéré, mais à la température du chalumeau oxyhydrique, il peut distiller (Chtnstomanos*). — Il se dissout facilement et sans résidu dans Tacide azotique étendu.

- b. Le CHLORURE d'argent récemment précipité est blanc, caillebotté. Par l'agitation les gros flocons se rassemblent et entraînent les petites parcelles du précipité, en sorte que le liquide s*éclaircit promptement. Toutefois cela n'a lieu d'une façon tout à fait satisfaisante que lorsque les flocons se sont formés en présence d'un excès de dissolution d'argent et sont tout fraîchement précipités (voir G. J, Mulder), Le chlorure d'argent est conoiplétement insoluble dans l'eau et dans l'acide azotique étendu, mais ce dernier acide concentré en dissout des traces. L'acide chlorhy drique, surtout concentré et bouillant, en dissout des quantités très-appréciables. Suivant Pierre, pour une partie de chlorure d'argent il faut 200 parties d'acide chlorhydrique pur et 600 parties d'acide étendu du double de son poids d'eau. Mais en étendant d'eau suffisamment une pareille dissolution, le chlorure se précipite si complètement que l'acide sulfhydrique ne brunit même pas le liquide filtré. L'acide sulfurique concentré ne le dissout pas ou presque pas *, dans le même acide étendu il est aussi insoluble que dans l'eau. Il se dissout assez notablement dans une dissolution d'acide tartrique chaude, mais à froid il se dépose de nouveau, sinon en totalité, au moins en grande partie. Les dissolutions aqueuses des chlorures métalliques (chlorure de sodium, de potassium, de calcium, d'ammonium, de zinc, etc.), dissolvent toutes le chlorure d'argent en quantité considérable, surtout quand elles sont concentrées et chaudes. En étendant d'eau froide ces solutions, le chlorure d'argent se précipite de nouveau si complètement que le liquide filtré ne se colore pas par l'acide sulfhydrique. — Les solutions des azotates alcalins et terreux dissolvent aussi un peu le chlorure d'argent : la solubilité est faible à froid, mais au contir^ire marquée à chaud. Une dissolution concentrée d'azotate d'argent peut dissoudre un peu de chlorure d'argent, surtout à chaud ; mais ce chlorure est insoluble dans une solution froide de nitrate de plomb de concentration moyenne. L'action des sels de mercure sur le chlorure d'argent mérite de fixer l'attention. Ce dernier, après avoir été bien lavé, recouvert d'une solution très-étendue de bichlorure de rûercure, redevient blanc, s'il a déjà été noirci par la lumière, il se délaye facilement dans le liquide et ne se dépose plus que lentement. Dans ces conditions le chlorure d'argent s'empare du bichlorure de mercure; un lavage à l'eau enlève ce dernier. — L'azotate de bioxyde de mercure change le chlorure d'argent de la même façon, mais en même temps il se dissout un peu d'argent. L'acétate de bioxyde de mercure dissout bien plus difficilement le chlorure d'argent que l'azotate de mercure : t^est pour cela que, lorsque la quantité de sels de mercure ne sera pas trop grande, on pourra précipiter presque complètement par les acétates alcalins le chlorure d'argent dissous par l'azotate de mercure (H, Debray), Les dissolutions d'hydrate de potasse et d'hydrate de soude décomposent le chlo-

C) Zeitschr. f, analyU Chem., VII, 299.

rure d'argent déjà à la température ordinaire, mais bien mieux à Tébullition : il se dépose de Toxyde d'argent et il se fait un chlorure alcalin. Les dissolutions de carbonate de potasse ou de soude ne le décomposent que très-incomplélement,.mêmeà Fébullition ; cependant en prolongeant l'ébullition on trouve une quantité notable de chlorure alcalin dans le liquide filtré. Le chlorure d'argent se dissout très-facilement dans l'ammoniaque, ainsi que dans le cyanure de potassium et l'hyposuHite de soude. Suivant Wallace et Lamont (*), 1 partie de chlorure d'argent se dissout dans 12,88 parties d'ammoniaque liquide de densité 0,89. — Sous l'action de la lumière le chlorure d'argent devient bientôt violet, puis enfin noir: il perd du chlore et passe en partie à IVtat de Ag«CI. La transformation est tout à fait superficielle, cependant la différence de poids qui en résulte est très-appréciable à la balance {Muîder), Si l'on traite par la solution d'ammoniaque le chlorure d'argent devenu violet ou noir par l'action de la lumière, il se dissout en laissant un faible résidu d'argent métallique. Ag*Cl donne AgCl et Ag (Wittstein). Par un contact prolongé (24 heures) avec de l'eau pure, surtout chauffée à 75% le chlorure d'argent, même à l'abri de la lumière, devient gris et sennble décomposé de telle sorte que dans le précipité il y a un peu d'oxyde et dans l'eau un peu d'acide chlorhydrique (Mulder), — Mis en digestion avec un excès d'une dissolution de bromure où d'iodure de potassium, le chlorure d'argent se transforme complètement en bromure ou en iodure (Field**). — Par la dessiccation le chlorure d'argent devient pulvérulent; chauffé il prend une teinte jaune; à 260* il fond en un liquide jaune transparent; à une haute température rouge il se volatilise sans décomposition. Le chlor.ure fondu se prend par le refroidissement en une masse incolore ou légèrement jaunâtre. Le chlonire <J*argent fondu dans un courant de chlore absorbe un peu de ce gaz, qu'il abandonne, mais pas complètement, pendant le refroidissement. S'il fallait chasser totalement ce gaz, comme cela serait nécessaire dans une analyse exacte, on ferait passer un courant de gaz acide carbonique sur le chlorure d'argent fondu dans un courant de chlore, avant de laisser refroidir {Stass ***). — Chauffé au rouge avec du charbon le chlorure d'argent n'est pas réduit, mais la réduction en argent métallique se fait facilement dans un courant d'hydrogène, d'hydrogène carboné ou d'oxyde de carbone.

COMPOSITION

Ag 107,93 . . . 75,27

Cl 35,46 . . . 24,73

c. Le SULFURE d'argent obtenu par la voie humide est un précipité noir, insoluble dans l'eau, les acides étendus, les alcalis, les sulfures alcalins, et inaltérable à l'air : on peut le séchera 100® sans qu'jl se décompose. L'acide azotique concentré le dissout avec dépôt de soufre. La dissolution de cyanure

0 Chem. Gaz., 1839, 157.

n Quarierl. Joum. ofihe Chem. Soc, X, 234. — Joum. f. prackt. Chem.,VkVS\t 404.

r*) hecherche» sur le» rapporté réciproque» de» poiâ» atomique», Bruxelles, 1860, p. 57. l4 perte qae 100 grammes de chlorure d'argent peuvent éprouver quand on chasse le chlore absorbé peut s'élever de 7 à 13 milligrainmes.

150 CHARITRE lU. — FORMES ET COMBINAISONS DES CORPS. [§ 83

de potassium dissout difûcilement ]e sulfure d'argent, à moins qu'il n'ait été précipité dans une liqueur très-étendue : du reste la quantité de cyatiure a une grande influence. Si par exemple on dissout du cyanure d'argent dans un grand excès de cyanure de potassium, l'hydrogène sulfuré ou le sulfhydrate d'ammoniaque ne produit pas d% précipité : mais si Ton n'a pris que juste la quantité de cyanure de potassium pour faire la solution, il se précipite du sulfure d'argent. Souvent par une simple addition d'un grand excès d'eau, le sulfure d'argent dissous dans une solution concentrée de cyanure de potassium se précipite tout d'un coup (Béchamp). Chauffé dans un courant d'hydrogène le sulfure d'argent se change complètement et facilement en argent métallique (H, Roêe).

COMPOSITION

Ag 107,93 .... 87,09

d. Le CYANURE d'argent, récemment préparé, forme un précipité blanc, caillebotté, insoluble dans l'eau et l'acide azotique étendu, soluble dans le cyanure de potassium et dans l'ammoniaque ; il ne noircit pas à l'air et peut être desséché à lOO* sans se décomposer. — Ch^iuffè au rouge, il se décompose en argent, mélangé avec un peu de paracyanure d'argent, et en cyanogène. — Porté à l'ébullition avec un mélange de parties égales d'acide sulfurique et d'eau, il se dissoudrait, suivant Glassford et Napier, à l'état de sulfate d'argent avec dégagement d'acide cyanhydrique.

COMPOSITION

Ag 107.93 . . . 80,56

C«Az. . . . 26,04 . . . 19,44

,2. Oxjde de plomb.

On pèse le plomb sous forme d'oxyde, de sulfate, de chromate, de chlorure et de sulfure. Outre ces combinaisons, nous dirons encore quelques mots du carbonate et de Vojcalate,

a. Le CARBONATE DE PLOMB NEUTRE forme Un précipité blanc, pulvérulent et lourd. Il est très-peu soluble dans l'eau (bouillie) pure (1 partie exige 50550 parties d'eau. Exp. n" 42, a); il l'est un peu plus dans l'eau qui renferme de l'ammoniaque et des sels ammoniacaux (Exp. n? 42, beic); l'eau chargée d'acide carbonique en prend un peu plus que l'eau pure.

b. L'oxALATE DE PLOMB cst uuc poudro blauche, très-peu soluble dans l'eau. Sa solubilité est un peu augmentée par la présence des sels ammoniacaux (Exp. n* 43). Calciné en vase clos, il Jaisse du sous-oxyde de plomb; au contact de l'air, il donne de l'oxyde jaune.

c. L'oxyde DE plomb (obtenu par lacalcination du carbonate ou de l'oxalate) est une poudre jaune citroi\, parfois plutôt rougeâlre ou jaune pâle. Chaque

fois qu'on le chaufTe il prend une couleur rouge brun sans changer de poids. l\ fond à une haute température rouge, il est réduit par la calcination avec du charbon, il se volatilise au blanc. Placé sur du papier de tournesol rougi et humide, il le ramène au bleu. Il absorbe lentement Tacide carbonique de l'air. Chauffé au rouge avec du sel ammoniac, il se change en chlorure de plomb. L'oxyde de plomb fondu dissout facilement la silice et les terres qui seraient unies à cette dernière.

coMPosinoN :

Pb 103.50 . . . 92,83

d. Le SULFATE DE PLOMB est uue poudre blanche et lourde. À la température ordinaire il se dissout dans 22800 parties d'eau pure(Ëxp. n**44 *), moins dans Feau qui renferme de l'acide sulfurique (1 partie de sel exige 56500 parties d'eau acide. £xp. n^'Ab), et davantage dans l'eau qui contient des sels am*moniacaux, mais l'acide sulfurique en excès l'en précipite presque complètement (Ëxp. n** 46) : il n'est pour ainsi dire pas soluble dans l'alcool concentré et Talcool étendu. Parmi les sels ammoniacaux ce sont surtout Tazotate, Tacétate et le tartrate, qui peuvent servir de dissolvants au sulfate de plomb : on emploie les deux derniers en les rendant fortement alcalins avec de l'ammoniaque (Wackenroder), — Il se dissout à chaud dans l'acide chlorhydrique concentré et d'autant mieux dans l'acide azotique que celui-ci est plus concentré et plus chaud. L'eau ne le précipite pas de la dissolution azotique, mais bien l'acide sulfurique étendu employé en quantité suffisante. Plus on aura pris d'acide azotique, plus il faudra d'acide sulfurique. — L'acide sulfurique concentré en dissout un peu , et en étendant avec de l'eau, la quantité dissoute se précipite de nouveau (plus complètement encore par addition d'alcool). — 'Une solution moyennement concentrée d'hyposulfile de soude dissout complètement à froid le sulfate de plomb, mais la dissolution est plus prompte, si l'on chauffe légèrement : à rèbuUition la dissolution noircit avec dépôt d'un peu de sulfure de plomb (/. Lœve **). Les solutions de carbonates et bicarbonates alcalins décomposent complètement le sulfate de plomba la température ordinaire, en le transformant en carbonate de plomb. Le sulfate de plomb se dissout facilement dans les lessives chaudes de potasse ou de soude. Il est inaltérable à l'air et au rouge faible : il fond sans décomposition au rouge vif (Exp. n'47), autant toutefois qu'on empêche l'action des gaz réducteurs; sans cette dernière précaution, le poids diminue constamment par suite de la transformation de PbO,SOs en PbS (Erdmann ***) . Chauffé à blanc il laisse peu à peu dégager tout son acide sulfurique (Bomsingauît). Chauffé au rouge avec du charbon, il donne d'abord du sulfure de plomb; la température s'élevant toujours, celui-ci réagit sur le sulfate non décomposé et on obtient en définitive du plomb métallique et de l'acide sulfureux. Ù est

0 Suivant C. F. Hodwell, à Ib» 1 partie se dissout dans 31696 parties d'eau {Zeitschr, f, «Miye. Cfcm., V, 403).

(**) ioum, f, prackt. Ckem., LXXIV, 348. n Joum. f. prackt. Chem.^ LXIJ, 381.

152 CHXPITRE lU. ^ FORMES ET COMBINAISONS DES CORPS. [g 85

réduit à l'état de plomb métallique par la fusion avec le cyanure de potassium. Si Ton mélange du sulfate de plomb avec du soufre et si Ton soumet le tout à une forte température rouge dans un courant d*hydrogène, il se change en monosulfure de plomb, sans que cependant on puisse éviter une perte (voir f.).

C01f]N>SIT10N :

PbC. . . . i 11,50 . • . 73,60 SOS. . . . 40,00 ... 26,40

e. Le CHLORURE DE PLOMB oblcnu par précipitation est une poudre blanche cristalline : dans un liquide chaud, contenant une certaine quantité d'acide chlorhydrique, il se dépose en aiguilles, parfois en petits cristaux cunéiformes; ou bien, si la solution est fortement acide par Tacide chlorhydrique, il forme des lames hexagonales. 100 parties d'eau à IS"* dissolvent 0,946 parties de chlorure de plomb ; en ajoutant 15 pour 100 d'acide chlorhydrique de densité 1,162 la quantité dissoute est 0,090 : avec 20 pour 100 du même acide la proportion de sel est 0,111, avec 80 pour 100 0,498. L'acide chlorhydrique pur de densité 1,162 en dissout 2,900 parties {J. Corier Beîl*). L'eau contenant de l'acide azotique le dissout moins bien que l'eau pure (pour 1 partie de sel il faut 1656 parties, Bischof). Il est à peine soluble dans l'alcool de 70 à 80 pour 100, et ne l'est pas du tout dans l'alcool absolu. — Il est inaltérable à l'air et au-dessous du rouge il fond sans perte de poids. Fortement chauffé au contact de l'air il se volatilise lentement, en se décomposant en partie : il se dégage du chlore et il reste de Toxychlorure de plomb.

COMPOSITIOX :

Pb 103,50 . . . 74,48

Cl 35,40 . . . 25,52

f. Le SULFURE DE PLOMB obtcuu par voie humide est un précipité noir insoluble dans l'eau, les acides étendus, les alcalis et les sulfures alcalins. Lorsqu'on le précipite dans un liquide contenant de l'acide chlorhydrique libre, il faut se rappeler que tout le plomb n'est précipité que si la liqueur est très-étendue. Avec une proportion de 2,5 pour 100 d'acide chlorhydrique, la précipitation du plomb est déjà incomplète {M. Martin). — Il est inaltérable à l'air et peut être séché à 100* sans se décomposer. Suivant H, Rose,i\ augmente alors de poids d'une quantité appréciable, par suite d'un commencement d'oxydation, et cela peut aller à quelques centièmes, si Ton prolonge la dessiccation (**). J'ai véritié cette assertion (Exp. n»48). Si l'on mélange le sulfure de plomb avec un peu de fleur de soufre et si Ton chauffe dans un courant d'hydrogène à une température rouge faible, de façon que le fond et le quart inférieur du creuset seulement soient rouges, on obtient sans perte du monosulfure de plomb. En maintenant longtemps cette température, le poids

n Journ. f, prackt. Chem.t CV, 188.

n An», de Pogg., ICI, HO et CX, 134.

diminue lentement, mais la perte est rapide, si Ton chauffe fortement au rouge. Cette perte tient en partie à la sublimation du sulfure de plomb, mais aussi et surtout à ce qu'une partie du soufre part à Tétat d'hydrogène sulfuré et il se forme du sous-sulfure de plomb et même du plomb métallique suivant les circonstances (A, Smichay). — Dans Tacide chlorhydrique concentré et chaud il se dissout avec dégagement d'acide sulfhydrique : chauflé avec de Tacide azotique de concentration moyenne, il se dissout avec dépôt de soufre (si l'acide est assez concentré il se forme encore un peu de sulfate de plomb). L'acide azotique fumant le change sans dépôt de soufre en sulfate de plomb et la réaction est très-vive.

COMPOSITTOIV :

Pb 103,50 . . . 86,61

g. Voir, à propos de l'acide chromique, § SS, les propriétés et la composition du CHROHATE DE PLOMB.

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