‹ Traité d'analyse chimique quantitativeChapitre 106 sur 304 · Oxjde de catvre · texte numérisé non relu

Oxjde de catvre

Le cuivre se pèse en général à Yétat métallique ou . à l'état de bioxyde, <Iuelquefois de protomlfure. Nous indiquerons encore les caractères du bitulfurCy du protoxyde et du stdfocyanure.

a. Le CUIVRE métaluque est un métal de couleur particulière connue et qui fond au rouge blanc. Il est inaltérable dans l'air sec et privé d'acide carbonique : exposé à l'air humide et contenant de l'acide carbonique, il devient peu à peu gris noirâtre, puis vert bleuâtre. Le cuivre très-divisé obtenu par précipitation s'oxyde plus rapidement au contact de l'air et de l'humidité, surtout à une température élevée. — Chauffé au rouge à l'air, il se couvre d'une couche de couleur foncée formée tantôt d'un excès de protoxyde dç cuivre, tantôt d'un excès de bioxyde. — A l'abri de l'air, il ne se dissout pas dans l'acide chlorhydrique à froid ; en chauffant il s'en dissout peu, surtout s'il est en morceaux compactes. Au contraire, s'il est très-divisé, il se change lentement à chaud en protochlorure dans l'acide chlorhydrique concentré, et il se dégage de l'hydrogène (Weltzien**), En laissant accès à l'air la dissolution se fait plus vite. Il est facilement attaqué par l'acide azotique ; l'ammoniaque ne le dissout pas à l'abri du contact de l'air, mais le fait lentement,

n Ann. de Pogg., CX, 141.

n Ann, d, Chem. «. Pharm., CXXXVI, 109.

si on laisse intervenir Tair. — A Tabri de Tair, le cuivre, en contact avec une dissolution de bichlorure de cuivre dans l'acide chlorhydrique ou avec une solution ammoniacale de bioxyde, transforme le bichlorure en protochlorure et le bioxyde en protoxyde, et pour chaque équivalent de bichlorure ou de bioxyde un équivalent de métal se dissout.

b. BioxTDE DE CUIVRE. Si daus une dissolution aqueuse, étendue et froide, â*un sel de bioxyde de cuivre, on verse un excès de potasse ou de soude, il se forme un précipité d'hydrate de bioxyde (CuO,HO), bleu clair, difficile à laver et qui, restant dans le liquide où il s'est formé, devient peu à peu noir, même sous la seule action de la chaleur de l'été, parce qu'il perd en grande partie son eau d'hydratation et passe à l'état de 6CuO,HO (Souchay*). On sait que cette transformation se fait rapidement, si l'onchaufte le liquide presque à l'ébullition. — Le liquide séparé par filtration du précipité noir ne renferme plus trace de cuivre. Il en résulte que le précipité noir est insoluble dans la potasse étendue. Mais les lessives concentrées de potasse ou de soude dissolvent l'hydrate d!oxyde de cuivre et même l'oxyde noir, si l'on chauffe longtemps (0. Loew**), Les liquides bleus épais qui résultent de ces dissolutions restent limpides par ébullition, même quand on y ajoute un peu d'eau : mais en faisant bouillir après une forte addition d'eau, tout le cuivre se précipite en oxyde noir. — Si une dissolution de cuivre renferme des substances organiques non volatiles, jamais tout le cuivre ne sera précipité à l'état d'oxyde par un excès d'alcali, même en portant à l'ébullition. — L'hydrate de bioxyde (6CuO,HO) obtenu à l'aide de la potasse ou de la soude dans les dissolutions étendues et chaudes retient toujours fortement une partie de l'alcali, dont on peut toutefois le débarrasser complètement par des lavages réitérés à l'eau bouillante. — Lorsqu'on a chauffé au rouge l'oxyde obtenu par précipitation ou celui provenant de la calcination d'un carbonate ou d'un azotate, on obtient une poudre noir brun ou noire qui, même au rouge vif de la lampe à gaz ou à alcool, ne change plus de poids, si l'on a soin d'écarter les gaz réducteurs (Exp. n" 50). Toutefois elle fond à une température voisine du point de fusion du cuivre, perd de l'oxygène et passe à Tétat de Cu*0' (Farre eiMaumené). — Calciné avec du charbon, le bioxyde de cuivre est réduit avec la plus grande facilité. Le cuivre ainsi réduit, chauffé à l'air, brûle pour se transformer de nouveau en bioxyde. — Mélangé avec du soufre en poudre et chauft'é dans un courant d'hydrogène à la température rouge, que l'on pousse un peu à la fin, le bioxyde passe à l'état de protosulfure Cu*S (H. Rose). — Au contact de l'air ce bioxyde attire l'humidité atmosphérique, et cela plus promptement quand il a été faiblement calciné que lorsqu'il l'a été fortement (Exp. n" 51). — Il est pour ainsi dire insoluble dans Peau : l'acide chlorhydrique, l'acide azotique, etc., le dissolvent sans peine, Tamiiloniaque moins facilement. — Il est indifférent avec les couleurs végétales.

COMPOSITIOIT :

Cu 31,70 . . . 79,îî5

0 Zeitachr, f, analyU Chem., X. 3.

(") Zeitschr. f. analyt. Chem , IX, 463.

c. Le BisuLFORB DE CUIVRE, préparé par la voie humide, est un précipité noir brun ou noir, qu'on peut regarder comme tout à fait insoluble dans l'eau (*). Encore humide et au contact de Tair, il devient verdâlre et rougit le tournesol, en se transformant en sulfate de bioxyde de cuivre ; c*est pourquoi il faut laver le sulfure de cuivre avec de Teau contenant de Tacide sulfhydrique. il se dissout facilement, avec dépôt de soufre, dans Tacide azotique bouillant ; Tacide chlorhydrique Tattaque difficilement : aussi tout le cuivre est-il précipité par Tacide sulfhydrique dans les dissolutions qui contiennent de Tacide chlorhydrique, même en grand excès (Grttnûfmann**). Ce n'est que lorsqu'on dissout directement un sel de cuivre dans de Tacide chlorhydrique de densité 1 ,1 qu'il reste un peu de métal non 'précipité {M. Martin). Il n'est pas dissous par les solutions, même bouillantes, de potasse et de sulfure de potassium, mais il se dissout notablement dans le sulfhydrate d'ammoniaque incolore et plus encore dans le sulfhydrate jaune chaud. La solution de cyanure de potassium dissout facilement et complètement le sulfure de cuivre récemment précipité. Chauffé fortement au rouge dans un courant d'hydrogène, il se change en Cu^S. ;.

d. Au liquide bleu obtenu en mettant dans une dissolution d'oxyde de cuivre de l'acide tartrique, puis un excès de lessive de soude, si l'on ajoute une dissolution de sucre de raisin ou de lait et si l'on chauffe, il se forme un précipité jaune orangé d'hydrate de protoxyde de cuivre : ce précipité renferme tout le cuivre de la dissolution et devient bientôt rouge, surtout si on le chauffe, parce que l'hydrate se change en Gu^O. Le précipité insoluble ' dans l'eau retient fortement de l'alcali. Traité par l'acide sulfurique étendu, il donne du sulfate de bioxyde qui se dissout et du métal qui se dépose.

e. Le soLFocYANURB DE GuivRK (Cu'GyS*), qui se produit toujours lorsqu'on met en présence du sulfocyanure de potassium et une dissolution d'oxyde de cuivre additionnée d'acide sulfureux ou d'acide hypophosphoreux, est un précipité blanc, insoluble dans l'eau et dans les acides chlorhydrique et sulfurique étendus. Séché à 115*, le sel contient encore de 1 à 5 pour lOOd'eau, qui ne peut être chassée que quand le sel est chauffé au point où il commence à se décomposer, circonstance qui s'oppose à l'emploi du sulfocyanure de cuivre pour en faire la pesée directe. Fondu avec du soufre et à l'abri du contact de l'air il se change (suivant Rivot) en protosulfure (Cu«S). Chauffé avec de l'acide chlorhydrique et du chlorate de potasse pu avec de Tacide sulfurique et de Tacide azotique, il se dissout en se décomposant. Les lessives de potasse et de soude le changent en hydrate de protoxyde de cuivre et sulfocyanure alcalin.

f. Le pROTosuLFCRE DE CUIVRE (Cu*S) tel qu'ou l'obtient en chauffant GuS dans un courant d'hydrogène, ou Gu*GyS* avec du soufre, est une masse cristalline noire grisâtre, qui peut être chauffée au rouge et fondue sans décomposition, pourvu qu'on empêche le contact de l'air.

(*) U résulte des analyses que j'ai faites de Teau de Weilbach que 1 p. de CuS se dissout dans %0000 p. d'eau.

n Joum. f. yrackt. Chem., LXXIIl, 241.

coMPOsinoK :

2Cu 63,40 . . . 79,85

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