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II. Séparation de l'iode d'ayeg les métaux

Les iodures métalliques sont analysés en général comme les chlorures correspondants. Si dans un iodure alcalin contenant un alcali libre on yeut précipiter l'iode à l'état d'iodure d'argent, on sature d'abord presque complètement l'alcali libre avec de l'acide azotique, on ajoute un excès de dissolution d'argent, puis enfin de Tacide azotique jusqu'à forte réaction acide. Si l'on ajoutait trop d'acide au commencement, de l'iode pourrait être mis en liberté et l'azotate d'argent ne le transformerait pas complètement en iodure d'argent.

Dans les composés solubles dans l'eau, on peut le plus souvent précipiter l'iode à l'état d'iodure de palladium : on peut aussi dans une portion doser la base en décomposant cette portion en la chauffant avec de l'acide sulfurique concentré, et dans une seconde portion mesurer l'iode suivant le § 145, 1. b. £.

On ne peut pas séparer immédiatement l'iode d'avec le platine par la solution d'argent, parce qu'il se précipite avecl'iodure d'argent des composés insolubles de platine : on y arrive facilement, suivante. Topsoë (*), en dissolvant dans une assez grande quantité d'eau le composé d'iode et de platine, ajoutant une solution de bisulfite de soude et d'acide sulfureux, et chauffant au bain-marie jusqu'à ce que la couleur ait disparu et que le platine soit ainsi transformé en sulfite. Pendant cette opération, il se dépose des flocons blancs de sulfite double de platine et de soude très-difficilement soluble, qui ne se dissolvent que par addition nouvelle d'acide sulfureux. Après avoir longtemps chauffé au bain-marie on laisse refroidir, on précipite avec de l'azotate d'argent non en excès, on ajoute de l'acide azotique, on chauffe environ une heure pour dissoudre le sulfite d'argent qui s'est précipité au commencement et on sépare l'iodure d'argent par filtration. — Assez souvent au lieu du suMite de soude il vaut mieux prendre de l'acide sulfureux, puis y ajouter un excès d'ammoniaque, lorsque le liquide a été chauffé jusqu'à ce que la coloration ait complètement disparu. De cette façon le sulfite de platine est maintenu en dissolution dès le commencement, et le sulfite d'argent ne se précipite après l'addition de la solution d'argent que lorsqu'on ajoute l'acide azotique, dont l'excès le redissout aussitôt.

Pour analyser les iodures insolubles, surtout le periodure de mercure, l'iodure d'argent, l'iodure de plomb, le proto-iodure de cuivre, on se sert avec avantage, d'après E, Meusel (**), de Thyposulfite de soude dans lequel ces composés se dissolvent. On prend très-peu d'eau et le moins possible du sel de soude. Dans la dissolution on précipite les métaux à l'état de sulfure avec le sulfhydrale d'ammoniaque. On évapore le liquide filtré avec une lessive de soude et l'on chauffe le résidu dans une capsule en platine jusqu'au rouge naissant, pour décomposer l'hyposulfite et le tétrathionate de soude. On dissout à chaud dans l'eau la masse fondue et l'on y dose l'iode suivant le § 145. I. b. 8. — Comme il faut une quantité notable de perchlorure de fer pour décomposer le sulfite de soude contenu dans le produit de la fusion, il

(*) Zeitschr. f. analyt, Chem., Il, 30. n Ibid., IX, 208.

410 CHAPITRE lY. ~ DÉTERMINATION DU POIDS DES CORPS. [§ 146

ne faudra pas épargner le sel de fer : il faut que le résidu dans Tapparcil distillatoire soit encore coloré en rouge-brun foncé.

L*iodure d^argent peut aussi être décomposé par fusion avec le carbonate de soude (voir la décomposition du chlorure d'argent, page 399), mais il ne Test pas par un courant d'hydrogène au rouge, ni complètement par le zinc, ou par le fer. — On peut décomposer facilement le biiodure de mercure en le distillant avec 8 à 10 parties d*un mélange del partie de cyanure de potassium et 2 parties de chaux anhydre. Appareil : fig, 84, pages 272, ah est rempli avec la magnésite {H, Rose) (*). LModure de palladium est décomposé au rouge par un courant d'hydrogène. Le proto-iodure de cuivrée! beaucoup d'autres iodures métalliques sont attaqués par l'ébuUition avec la lessive de potasse ou une dissolution de carbonate de soude. Les métaux, qui dans ce cas peuvent passer dans la solution alcaline, en seront précipités par un peu de sulfhydrate d'ammoniaque ou par l'acide sulfhydrique après avoir acidifié avec l'acide acétique.

Appendice : Dosage de l'iode libre.

Le dosage de Tiode libre est une opération importante dans la chimie ana lytique, car, ainsi que l'a montré Bunsen (**), c'est un moyen de doser toutes les substances qui en contact avec l'iodure de potassium mettent de Tiode en liberté (chlore, brome, etc.), ou bien qui en ébullition avec de l'acide chlorhydrique peuvent dégager du chlore (acide chromique, peroxydes, etc.), attendu qu'on peut déterminer le chlore produit par la quantité d'iode mise en liberté.

Parmi les différentes méthodes qu'on emploie le plus généralement pour doser l'iode libre, la première en date est celle de Schwartz (***). Elle repose sur cette réaction : 2(Na,S*0*)H-I=NaI-i-NaO,S*06. Pour l'appliquer on dissout de façon à faire un litre 24»',808 d'hyposulfite de soude pur cristallisé. 1000 ce. de cette solution correspondent à 12,685 ou 1/10 d'équivalent d'iode. On verse de cette liqueur dans la dissolution de l'iode à doser dans de l'iodure de potassium, jusqu'à ce que le liquide soit jaune clair, puis on ajpute 3 à 4 C.C. d'empois d'amidon léger et limpide, ce qui produit une coloration bleue, et l'on verse de nouveau de l'hyposulûte de soude jusqu'à décoloration.

Le seul reproche qu'on puisse faire à cette méthode très-bonne en ellemême, c'est qu'il est difficile de faire par une pesée une dissolution d'hyposulfite de soude d'une force parfaitement déterminée, parce qu'il n'est pas facile d'avoir ce sel tout à fait pur et sec ; en outre, le titre de la dissolution change, non pas rapidement, il est vrai, mais peu à peu, surtout sous l'influence de la lumière.

n Zeitschr. f. analyi. Chem., II, 1.

r) Ann. der Chem, und Pharm., LXXXYI, 26 .

(***) Traité d'analyses voluméiriquest 1853

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