‹ Traité d'analyse chimique quantitativeChapitre 273 sur 304 · I. Dosage · texte numérisé non relu

I. Dosage

S'il faut doser l'hydrogène sulfuré dans un mélange gazeux, recueilli sur le mercure (*), on Tabsorbe avec une boule formée de 2 parties en poids de phosphate de plomb ordinaire précipité et 5 parties de gypse calciné. On fait avec ce mélange et de Teauune bouillie épaisse que Ton comprime autour du bout d'un fil de platine au moyen d*un moule à balles. Les boules desséchées à 100* sont trempées dans de l'acide phosphorique concentré et sont alors prêtes pour Tusage (Ludwig (**)).

S'il faut doser l'acide sulfhydrique en dissolution dans Veau, on emploiera une des méthodes suivantes.

a. Le dosage de l'acide sulfhydrique par Tiode a été employé pour la première fois par Dupasquier, 11 faisait usage d'une dissolution alcoolique d'iode. Mais comme peu à peu elle perd de sa valeur par suite de l'action de l'iode sur l'alcool, on lui préfère maintenant une dissolution d'iode dans de riodure de potassium. La décomposition a lieu suivant l'équation SH+I= S+IH. 1 équivalent d'iode (126,85) correspond à 1 équivalent d'acide sulthydrique(17). Toutefois, d'après Bunsen, cela n'est exact qu'autant que la proportion d'acide sulfhydrique dans le liquide ne dépasse pas 0,04 pour 100. C'est pourquoi, quand un liquide sera plus riche que cela, il faudra d'abord l'étendre avec de l'eau bouillie, qu'on aura laissé refroidir à l'abri du contact de l'air.

Pour mesurer de grandes quantités d'acide sulfhydrique on pourra faire usage de la solution d'iode préparée au § 1411 ; pour les dissolutions faibles de gaz sulfuré', par exemple pour les eaux minérales, on prendra une solution d'iode cinq fois plus faible, qui par conséquent renfermera environ 0'%001 d'iode par centimètre cube.

Pour obtenir des résultats exacts, il faut conduire l'expérience avec certaines précautions. On mesure d'abord ou l'on pèse une certaine quantité de l'eau sulfureuse, on l'étend, si c'est nécessaire, ainsi que nous l'avons dit, on ajoute un peu d'empois d'amidon étendu et enfin en agitant toujours on fait couler dans l'eau la dissolution d'iode jusqu'à coloration bleue permanente. On obtient ainsi le rapport entre la dissolution d'iode et l'eau sulfureuse, mais seulement d'une manière approximative. Supposons que pour 220 G. G. d'eau sulfureuse nous ayons employé 12,0 G.G. d'une solution d'iode, qui contenait 0«',000918 d'iode dans 1 G.G. (***) . On met alors dans un ballon la quantité de dissolution d'iode qui sera presque nécessaire pour un second essai, on y fait couler (****) la quantité d'eau sulfureuse mesurée ou pesée d'avance ou qu'on mesurera plus tard, on ajoute au liquide limpide l'empois d'amidon, puis

(*) Il faut éviter de laisser trop longtemps en contact avec le mercure, parce qu'il se ferait un peu de sulfure, f*) Ann. der Chem. und Pharm., CLXII, 55.

(***) Ces nombres sont ceux que j'ai obtenus dans l'analyse de l'eau de Vl^eilbach. r**) Voir Exp., n* 82

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la solution d'iode jusqu*à coloration bleue. On évite ainsi la perte d*acide sulfhydrique par évaporation et par oxydation.— Dans Texpérience citée plus haut et recommencée, il fallut 16,26 C.C. de solution d'iode pour 256 G.C. d'eau, ce qui pour 220 C.C. d'eau ferait 43,9 C.C. d'iode, c'est-à-dire 1,9 C.C. de plus qu'en ne prenant pas de précaution. — Malgré cela encore on ne peut pas regarder l'expérience comme terminée et exacte, lorsqu'on opère avec des dissolutions d'iode aussi étendues : il faut chercher combien de cette dernière est nécessaire pour communiquer la coloration bleue linale de l'analyse à un même volume d'eau exempte d'acide sulfhydrique, ayant la même température (*) et pour ainsi dire la même constitution {**) que l'eau essayée. On retranchera ensuite ces centimètres cubes de ceux trouvés dans l'analyse. Dans le cas cité plus haut, il faudrait retrancher 0,5 C.C. des 16,26 C.C. trouvés d'abord. En opérant comme nous venons de l'indiquer, les résultats sont parfaitement d'accord et exacts (Exp. n*" 82).

b. Méthode de Fr, Mohr, légèrement modifiée. — On verse le liquide contenant de l'acide sulfhydrique dans un léger excès d'une dissolution d'arsénite de soude, dont on connaît la force par rapport à la dissolution d'iode (§ iSV. 5. a.),, et on ajoute de l'acide chlorhydrique jusqu'à ce que la réaction soit franchement acide. On étend d'eau pour faire 500 G.C., on filtre à travers un filtre sec, on s'assure dans une petite portion du liquide avec de l'acide sulfhydrique que la liqueur contient encore de l'acide arsénieux, et alors dans 100 C.C, après avoir ajouté du bicarbonate de soude en poudre, on dose le reste de l'acide arsénieux. On multiplie par 5 (puisqu'on n'a opéré que sur 100 C.C, de liquide) le volume d'iode employé, on retranche le résultat du volume d'iode correspondant à la quantité d'acide arsénieux mis en contact avec l'eau sulfureuse, et la différence fait connaître la quantité d'iode qui a servi à décomposer l'acide sulfhydrique. Il faut faire attention dans le calcul que maintenant 2 équivalents d'iode correspondent à 3 équivalents de HS, car d'une part 1 équivalent ArO' décompose 3.HS pour faire ÂrS' et 3.H0, et d'autre part exige 2 équivalents d'iode pour se transformer en acide arsénique.

On ne pourrait pas analyser de cette façon des dissolutions très-étendues d'acide sulfhydrique, parce que d'abord le sulfure d'arsenic ne se déposerait qu'au bout d un temps fort long et ensuite il y en aurait toujours une petite portion qui resterait en dissolution (***).

c. On fait agir la solution aqueuse d'acide sulfhydrique sur un excès de la dissolution d'arsénite de soude, on ajoute de l'acide chlorhydrique, on laisse déposer et on dose le sulfure d'arsenic d'après le § ItY. 4. Avec des eaux assez sulfureuses, les résultats sont exacts (Exp., n* 82) ; mais si la proportion d'hydrogène sulfuré est minime, les résultats sont trop faibles parce qu'un peu de sulfure d'arsenic se dissout. Dans les analyses des eaux de Weilbach cette

(*) Ann. der Chem, und Pharm., Cil. 186.

(**) Dans le cas où l'eau à essayer renfermerait du bicarbonate de soude, je recommande de mettre aussi de ce sel dans l'eau qui servira à faire la contre-épreuve, car la présence de ce sel a de l'influence sur la production de la réaction flnale.

(***) De l'eau qui contenait 0,003 HS par litre, traitée par une dissolution d'acide arsénieux dans l'acide chlorhydrique, ne donna qu'au bout de 12 heures un précipité qu'on ne pouvait pas filtrer.

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