Méthodes indirectes
Il y en a naturellement beaucoup : mais en général on n'emploie guère 6 que la suivante.
La potasse d'avec la soude.
On transforme les deux alcalis en sulfates neutres ou en chlorures (§§ 99 .
•8), on les pèse, on dose la quantité d'acide sulfurique (§ tst) ou de chlore (§ 141), et on calcule avec cette donnée les quantités de potasse et de soude (voir plus loin c Calcul des analyses », § tOO) (*).
Le dosage indirect de la potasse et de la soude ne peut guère s'appliquer que lorsque le mélange renferme des quantités notables de ces deux bases. Dans ce cas il se recommande surtout par la promptitude avec laquelle se fait l'analyse, si dans les chlorures pesés on dose le chlore par les liqueurs titrées (§ 141. 1.b.).
Appendice au premier groupe : Séparation de la lithine d'avec les
autres alcalis.
7 Pour séparer la lithine d'avec la potasse et la soude, on peut, outre les méthodes indirectes, faire usage de deux procédés réels de séparation.
a. On traite les azotates ou les chlorures, après les avoir desséchés à 120% par un mélange de volumes égaux d'alcool absolu et d'éther anhydre, on laisse digérer au moins 24 heures en agitant de temps en temps (les sels doivent être parfaitement pulvérisés), on jette rapidement sur un filtre, on ferme l'entonnoir avec une lame de verre et on lave plusieurs fois le résidu avec le mélange alcoolique. D'une part on analyse les nitrates ou chlorures de potassium et de sodium qui sont restés non dissous, d'autre part on analyse l'azotate ou le chlorure de lithium dissous, en distillant le liquide et en transformant le résidu en sulfate. — Par ce moyen on a toujours un poids un peu trop considérable de lithine, parce que les sels de potasse et de soude, surtout les chlorures, ne sont pas tout à fait insolubles dans llalcool éthéré. — Si Ton voulait obtenir du procédé toute l'exactitude qu'il peut comporter, après la distillation on ajouterait au résidu d'azotate ou de chlorure de lithium impur une goutte d'acide azotique ou d*acide chlorhydrique suivant le sel, puis de l'alcool éthéré, on réunirait le résidu nouveau au résidu principal et on transformerait le chlorure ou l'azotate de lithine en sulfate. Si les sels qui doivent être traités par le mélange d'alcool et d*éther ont été chaufiés au rouge, même faiblement, il se forme par l'action de l'eau sur le chlorure de lithium, de la lithine caustique et par suite du carbonate de lithine avec l'acide carbonique de l'air : il faut, d'après cela, avant de faire digérer, ajouter quelques gouttes d'acide azotique ou d'acide chlorhydrique. — La séparation des chlorures alcalins par le moyen de l'alcool et de l'éther a été employée pour la première fois par Rammelsberg (**), et plus tard par Jenzch (***). Elle ne donne toutefois que des résultatls approximatifs, car le sel de lithine obtenu par l'évaporation de la solution alcoolique ne paraît jamais pur quand on l'examine au spectroscope (Diehl*^*^).
(*) n y a d'autres procédés indirects pour doser la potasse et la soude, entre autres celui de Stolba (Zeitschr. f. analyt. Chem., II, 397), et celui de F. Mohr (loc. cit., VII, 173). n Pogg. Ann., LXVI, 79.
C**) Pogg. Ann., av, 105.
(****) Ann. d. Chem, «. Pharm., CXXI, 97.
S'il fallait analyser des sulfates, il faudrait d'abord les transformer en azotates ou en chlorures, pour que la séparation puisse se faire avec l'alcool et l'éther. On y anive le mieux avec les sels de plomb. Voir (2). On ne réussit pas avec le sulfate de lithine en le chauffant au rouge avec le sel ammoniac, pas plus qu'en précipitant l'acide sulfurique avec un sel de baryte (ou de strontiane), parce que le sulfate de baryte en se précipitant entraîne beaucoup de lithine (Diehl).
b. On pèse les alcalis ensemble, le mieux sous la forme de sulfates, et o l'on dose la lithine à l'état de phosphate, suivant le § iOO. Si la quantité de lithine est relativement faible» on transforme les sulfates pesés
en chlorures (7), on sépare d'après les méthodes données au § tOO la plus grande partie de la potasse et de la soude par l'alcool, puis on dose la lithine (Mayer) (*).
c. On peut doser indirectement la lithine à côté de la potasse ou de la " soude et arriver à des résultats plus exacts, en opérant d'abord suivant a. On évapore à siccité la dissolution alcoolique de chlorure de lithium contenant encore un reste de chlorure de potassium ou de sodium, on chauffe modérément, on pèse, on dissout dans de l'eau, on dose le chlore dans la solution et on calcule la proportion de lithium et potassium ou de sodium. — Bunsen (**) employait aussi ce procédé
au dosage indirect de la lithine en présence de la potasse et de la soude, en précipitant avec le chlorure de platine la potasse dans le liquide séparé par filtration du chlorure d'argent et débarrassé de l'excès d'argent. Il ne faut pas oublier ici que suivant Jenzsch (***) le chlorure double de platine et de potassium obtenu dans ces circonstances n'est pas pur, mais renferme de la lithine et semble être un mélange de chlorure double de platine et de potassium et de chlorure double de platine et de lithium.
D'après ce que nous avons dit à la fin du n" (7), on comprend qu'on né pourra pas mesurer indirectement la lithine dans un mélange de sulfate de lithine et de potasse ou de soude, en pesant le mélange et en dosant l'acide sulfurique précipité avec un sel de baryte.
On fera la séparation de la lithine d'avec l'ammoniaque comme celle de la potasse et de la soude d'avec l'ammoniaque, suivant (4) et (5).
D Ann. der Chem. und Pharm., XCVIII, 193. n Ann. der Chem. und Pharm., CXXIl, 348. O Pogg, Ann., CIV, 102.
462 GIUPITRE V. — SÉPARATION DES CORPS. [g 153
DEUIUÈME GROUPE Baryte. — Strontiâne. — Chaux. — Magnésie.
I. Séparation de» ox%de$ du deuxième groupe d'avec ceux du premier.