‹ Traité d'analyse chimique quantitativeChapitre 39 sur 304 · J FILTRATION AVEC SUCCION · texte numérisé non relu

J FILTRATION AVEC SUCCION

corde cd. On chauffe au rouge à la lampe pour recuire et rendre le métal mou, puis, plaçant la pointe du cône massif au centre a et la surface tangente à la feuille de platine à peu prés suivant ad, on relève sur le cône la languette ahd, et Ton achève d'envelopper la surface conique avec la feuille de platine, en serrant autant que possible. On achève de donner la forme exacte en chauffant au rouge et travaillant à la main, et aussi en serrant fortement le métal entre les deux surfaces coniques en plâtre.

L'entonnoir en platine qui n'offre pas à sa pointe d'ouverture laissant passer la lumière est assez solide pour qu'on puisse l'employer immédiatement, sans qùïl y ait besoin d'aucune soudure.

L'entonnoir en verre, contenant le petit entonnoir en platine et le filtre en papier, est introduit par sa pointe dans un des deux trous d'un bouchon en caoutchouc, de façon que le tube dépasse debà^ centimètres. Dans l'autre trou * on fait passer un tube en verre court, courbé à angle droit et qui débouche juste au niveau de la face inférieure du bouchon. On ferme hermétiquement un ballon à fond plat avec leJbouchon et si Ton aspire par le tube, le liquide qu'on aura versé sur le filtre passera rapidement à travers le papier, et d'autant plus vite que la différence de pression sera plus grande. — Si l'on voulait filtrer avec une grande différence de pression, une fiole ordinaire ne sufQrait pas, parce qu'elle pourrait céder à l'excès de pressioi\ extérieure et se briser avec explosion : on prend dans ce cas un flacon à fortes parois. Il est bon aussi de le placer dans un vase en métal (voy. fig. 64) de forme conique; celui-ci peut recevoir des fioles de diverses grandeurs, que l'on cale avec trois bandes de drap ou mieux de caoutchouc.

Pour produire la succion on peut se servir de tout aspirateur donnant une différence de pression d'environ un quart d'atmosphère. On peut aussi disposer le système bien simple représenté dans la figure 63. Le tube fc en caoutchouc épais réunit la fiole G au flacon A., tandis que A et B sont reliés 'kussi par un semblable tube. On voit de suite qu'en ouvrant les robinets de A et de B, l'eau de A coule en B et produit dans le flacon supérieur une diminution de pression qui appelle l'air extérieur dans G à travers le filtre. La différence dépression est d'autant plus grande, que la différence des niveaux en A et B est elle-même plus grande. Les deux flacons, dont la capacité variera de 2 à 4 litres, doivent avoir des goulots de même diamètre, afin qu'on puisse les changer mutuellement, lorsque celui d'en haut sera vide et celui d'en bas plein.

Mais ce qu'il y a de plus commode est sans contredit la pompe aérohydrique, connue depuis longtemps, mais à laquelle Bunsen vient de donner une disposition qui la rend un instrument parfait. ËUe est représentée dans la figure 64, reliée à un ballon à filtre. En ouvrant le robinet à pince a, l'eau du conduit w arrive dans le tube large en verre c et s'écoule par le tube de plomb d de 8 millimètres de diamètre. Celui-ci se rend dans un trou profond de 12 mètres creusé dans la cour du laboratoire à une distance de 10 à 13 mètres (*). Le tube e soudé dans la partie supérieure de c descend

(*) Si la pompe aérohydrique est placée dans un étaf'e supérieur, il suffit de conduire le tube de plodlb presque au fond d'un vase placé dans la cave et qui porte un peu audessous de la moitié de sa hauteur un tube latéral, que l'on fait communiquer à l'aide <i'an tube de plomb avec un canal plus profond.

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jusqu'au Tond de ce dernier et a en bas uneélroiteouTerture.Ce tube e, après s'être recourbé en une seconde branche, porte latéralement un ajutage contmuniquant avec un manomètre à mercure et est réuni en ^ à une cavité h, qu'on fait communiquer par un tube en caoutchouc avec le flacon portant l'entonnoir. Le vase k a pour but de recueillir la vapeur d'eau condensée.

Fig. ei.

quand on fait les lavages à l'eau chaude. Toutes les parties sont réunies par des tubes de caoutchouc à parois épaisses et ayant 2 à 3 millimètres de iliimètre. Tout le système est fixé à vis sur une planche attachée au mur, de telle sorte qu'entre deux liens de caoutchouc il n'y ait qu'une vis pour empêcher que par le jeu du bois la tension des tubes les fasse casser.

Quand on ouvre le robinet a, la colonne d'eau qui s'écoule par d ayant plus . de 10 métrés de haut aspire l'air par le tube e entouré d'eau de tous cOtés et cet air est entraîné sous forme de bulles par la veine liquide. En donnant

nCMNIOT. UUL. (tUtRTIt. t* ^T. 0

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k l'eau qui arrive sa plus grande vitesse, on De parvient pas cependant à produire une diminution de pression considérable, raSme avec une colonne d'eau de 15 à 14 métrés, parce que le frottement de l'eau contre les parois du tube, croissanl rapidement avec la vitesse, produit le même effet qu'une contre-pression. C'est pour cela qu'on a disposé un second robinet 6 avec lequel on régie une fois pour toutes l'écoulement del'eau, de façon qu'en ouvrant en plein le robinet a on ait le maximum d'effet.

Après avoir réuni le flacon i au tube en caoutchouc k, on verse d'abord sur le lillre le liquide clair qui est au-dessus du précipité, puis ensuite on y jette ce dernier. Le liquide coule d'abord en filet continu, puis ensuile cd goultes qui se suivent rapidemenl. On peut remplir le filtre presque jusqu'au bord, et c'est même préférable. La pression applique le précipité en couche mince contre le papier, et de celte façon on évite les projeclions. Lorsque tout le liquide a passé, le précipité est tellement serré contre le filtre, que l'eau qu'on versera avec précaution ne le délaye plus. Pour laver on restplit avec de l'eau que -l'on verse avec précaution jusqu'à un centimètre audessus du bord du Allre : on ne se sert pas de fiole à jet, mais d'un flacon ordinaire. Le lavage terminé, ce qui arrive après avoir renouvelé l'eau de une à quatre fois, suivant la quantité de matière, on laisse parfaitement égoutter ; le filtre est à moitié sec, de telle sorte que souvent, sans dessécher davantage, on peut le mettre avec son contenu dans le creuset et le calciner ■ (voy. g tt«).Il est inutile de faire remarquer combien la ûllration se trouve abrégée par ce procédé. En outre, comme sous cette pression les précipitée

occupent moins de place, on peut prendre de plus petits filtres et on peut aussi laver complètement et avec des quantités relativement faibles de liquide

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lies précipités, qui de la façon ordinaire ne se laveraient que diRlcilement. Enfin à cet état de demi-sécheresse, les précipités se laissent Irés-factiement et com)>[élâment séparer du filtre, sans emporter des libres du papier.

Dans ce qui précède nous avons décrit la pompe complète, telle qu'elle peut servir non-seulement pour filtrer, mais pour d'autres usages (aspirer l'air sous un dessiccateur, etc.). Nous ajouterons que s'il ne s'agit que defil- ' Ireretdefaire passer un courant d'air dans un appareil à dessécher (§ tS), uaehauteurde chute de 4 à 5 métrés est suffisante. On peut alors la monter au rei-de-chaussée et sans trou de sonde; il suffît de fixer ta pompe au haut de la muraille. 11 faut simplement s'arranger pour pouvoir ouvrir ou fermer d'en bas le robinet d'écoulement. On réunit le tube aspirateur de la pompe awc un tuyau de plomb qu'on fise solidenient sur la table, comme l'indique la figure 65.

a est le tube en plomb relié à la pompe, que le tube en caoutchouc b voit au flacon A ; d est un tube en verre assez long, qui plongeant en e dans du mercure sert de manomètre. Le tube en verre /" communique avec le tube en caoutchouc g, que la pince h fixée sur la table permet d'ouvrir

FJg. 66. Fig. 67.

ou de fermer. En unissant ce tube (/ avec le ballon à entonnoir, mettant la pompe en activité et ouvrant h, la filtralion commence.

On peut encore produire sans pompe et sans flacon d'aspiration une suc- Qon sufTisanle pour filtrer, les figures 66 et 67 représentent deux dispositions d'appareils qui peuvent être utiles. Le système de la figure 66 a été

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indiilué par Weil. En aspirant en c. on Isil monter le liquide dans A à la hauteur qu'on voudra, et l'on détermine alors une flitralion par succion. Pour renforcer le filtre, on place d'abord dans l'eutonnoir le petit filtre a, puis en dedans le filtre principal b. Il faut appliquer les liltres bien exactement l'un sur l'autre, sans plis.

La disposition de la figure 66, eroplcjée par Piccard. se comprend d'elle-même. Si l'on ne donne pas à la colonne d'eau une longueur plus grande que 30 centimèlres, le filtre n'a pas besoin d'être renforcé. Toutefois il est bon de prendre toujours la précaulfon de mettre d'abord un petit filtre en dehors. Si le filtre est bien appliqué contre l'entonnoir et s'il n'y a pas de fente, la flitralion va plus vite avec ce tube recourbé (10 à 13 fois plus vite suivant Piccard). que par le moyen ordinaire. L'emploi de la suceion permet, suivant les circonstances, de laisser de cûlé les filtres en papier et d'employer l'amiante ou le verre en poudre. Lorsque les précipités doivent être séchés à une température donnée et pesés ensuite, ce procédé peut être souvent fort utile.

La flgure 68 représente un tube que j'ai souvent employé pour peser de petites quantités de sulfure d'antimoine. H y a en a de longs filaments d'asbeste- Après avoir disposé le tube, on lave avec de l'eau pour enlever les parties les plus fines d'a- Fig. 68. Fig. 69. miaiite, puis on place le tube verticalement, on

aspire en b; on chauffe un peu vers la fin pour dessécher complètement le tout. Après avoii; pesé, on Ux^ l'extrémité b dans le ballon à filtrer, on place en i un petit entonnoir, on aspire faiblement et on verse avec précaution le liquide k filtrer.

La figure 69 montre un filtre à verre pilé ou à sable, construit dans te même but par W. Gibbt et Taylor. Le tube renferme en a, de bas en haut, d'abord des éclats de verre, puis des morceaux plus petits et enfin de ta poudre fine.

■j. paéciMTinoN suivie d'une décastathih et d'usé filiratioh.

Si l'on a aiïaire à un préripilé qui, soit par sa nature gélatineuse, soit parce qu'il retient fortement les sels qui y sont mélangés, ne peut être lavé sur un filtre qu'incomplètement ou avec pein"*, on le laisse se déposer autant que possible, on jette le liquide presque clair sur le filtre, on remue le précipité avec le liquide destiné au lavage, on chauffe à l'ébullution si cela est possiUe, on laisse d« nouveau déposer, on rejette sur le filtre, et on continue jusqu'à ce que ce lavage soit achevé; on met ensuite le précipité sur le filtre, mie Jave avec la fiole à jet (voy. g «•). Celte méthgde devrait être em-

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