PROCÉDÉS DE DESSICCATION
1"* Dessiccation à l'air libre, à la température ordinaire; ^ Dessiccation à froid, dans le vide sec plus ou moins complet ; 3^ Dessiccation à l'étuve de Gay-Lussac (97* à 98^); 4^ Dessiccation à Tétuye à gaz ; 5** Dessiccation à l'ctuve à huile.
6"* Dessiccation dans un courantgazeux au-dessus de lOO.
5. — Dessiccation à l'air libre. — On place la matière (plantes, sols), ordinairement divisée en petits fragments, dans une étuve à air chauffée à 105* ou 110°. Lorsqu'elle a perdu son eau, on l'étalé sur de grandes feuilles dé papier dans un local clos et on l'abandonne à elle-même pendant quelques heures; elle reprend à l'air une certaine quantité d'humidité, à peu près constante pour chaque substance, dans des conditions moyennes d'état hygrométrique de l'air. On la place ensuite dans des flacons qu'on bouche hermétiquement. C'est ce qu'on désigne sous le nom de matière séchée à l'air. (Voir Analyse du 8ol,et des fourrages.)
6. — Dessiccation à froid dans le vide. — Le procédé le plus commode consiste à remplir une cloche .de verre à double tubulure, de 4 à 5 litres de capacité, avec de l'acide carbonique sec. Cette cloche, rodée à sa partie inférieure, est graissée convenablement et placée sur une plaque de verre dépolie, à la surface de laquelle elle adhère parfaitement. On a disposé une capsule remplie de chaux vive récemment calcinée, surmontée d'un triangle sur lequel repose un verre de pendule où se trouve étalée la substance à dessécher et préalablement pesée si l'on veut y doser l'eau. Après avoir expulsé tout l'air emprisonné sous la cloche par le passage du courant d'acide carbonique sec, on prolonge le dégagement de gaz assez longtemps pour être certain que toute la cloche est pleine d'acide carbonique; on ferme alors les deux tubes qui
traversent la douille de la cloche. Dans un temps trèscourt, la chaux a absorbé tout Tacide [carbonique et il s'est produit dans la cloche un vide très-suffisant pour hâter le départ de Teau contenue dans la substance à analyser. La vapeur d'eau ainsi produite est absofbée à son tour par la chaux vive, et Ton arrive assez rapidement à dessécher complètement, sans le concours de la chaleur, une substance altérable à une température supérieure à celle de l'atmosphère. Dans certains cas, on place, à côté de la capsule renfermant la chaux, un vase à fond plat contenant de l'acide sulfurique concentré, ce qui accélère considérablement la dessiccation de la matière.
7. — Dessiccation à ICX)*. — Quand Teau contenue dans la substance à dessécher peut être expulsée à 100°, on se sert de Tétuve de Gay-Lussac, qu'il est inutile de décrire ici. Pour l'alimentation de cette étuve, on doit rejeter l'emploi de l'eau ordinaire, car les incrustations qui se formeraient sur le double fond, épais de 0",005 à 0"',OiO seulement, pourraient occasionner des explosions. La température intérieure de l'étuve de Gay-Lussac ne dépasse pas 97° à 98°, la nécessité de laisser circuler l'air dans l'étuve et l'action refroidissante de la porte s'opposant à ce qu'on puisse atteindre la température de 400°.
8. — Dessiccation au-dessus de lOO^. — Dans le cas où une température supérieure à 100° est nécessaire, on a recours à l'étuve à l'huile, qui permet d'atteindre 250° environ. Il est indispensable d'adapter un thermo-ré2:ulateur à cette étuve, ou, tout au moins, d y plonger un thermomètre par l'orifice ménagé à cet usage. On peut également se servir d'une étuve à air chaud, si l'on a de grands volumes de matières à dessécher, bois, fourrages, etc. Le thermo-régulateur placé à l'entrée du gaz est également d'un excellent usage dans ce cas.