‹ Traité d'analyse des matières agricolesChapitre 38 sur 127 · XI. — DOSAGE DE L'ACIDE CHLORHYDRIQUE · texte numérisé non relu

XI. — DOSAGE DE L'ACIDE CHLORHYDRIQUE

81. — Principe de la méthode. — On a souvent besoin d'éliminer l'acide chlorhydrique au début d'une analyse, par exemple lorsqu'on veut appliquer la méthode de H. Sainte-Claire Deville, fondée sur les différences d'action de la chaleur h l'égard des nitrates (voir XII, Ana-

(*) Cours inédit da Conservatoire des arts et métiers.

DOSAGE DE l'aCIDE ClfLOKU^ÛRl^^M'l'.'VOJ:

lyse des silicates) : en pareil cas, on peut transformer les chlorures en nitrates, par l'acide nitrique en excès ; mais s'il faut doser le chlore, on est obligé d'avoir recours à un sel d'argent, et d'ajouter ainsi au moins une filtration, souvent une évaporation, à toutes les manipulations que les matières analysées devront subir pendant le cours des séparations. Il est cependant possible d'éviter la précipitation par l'argent dans la dissolution même des matières, si l'on arrive à distiller de l'eau régale, sans aucune perte des vapeurs, à l'aide de quelque appareil dans lequel le liège ou le caoutchouc, substances dont on ne peut guère se passer quand on veut arrêter toute fuite de corps volatils, sont préservés de l'attaque violente des vapeurs chloronitrées. Le chlore sera dosé toujours parle nitrate d'argent, dans les produits distillés, mais non plus en présence des autres matières, et l'on sera fidèle à cet excellent principe de l'analyse, d'après lequel il faut, autant que possible, séparer les corps, en mettant à profit leurs caractères physiques, avant d'avoir recours pour les isoler aux réactions qui exigent l'introduction de substances étrangères fixes. Le procédé suivant, dû à Schloesing, permet de réaliser ces conditions.

82. — Description de l'appareil. — L'appareil en question (fig. 12) peut être établi d'une manière bien simple : la matière, liquide ou solide, est introduite dans un ballon, B, dont le col a été rétréci vers son milieu ; on y verse de l'acide nitrique pur, en évitant de mouiller l'extrémité du col, et Ton ferme avec un bouchon porteur de deux tubes : l'un, a, descendant jusqu'à la naissance du col, chargé de porter les vapeurs d'eau régale dans un récipient, D, entouré d'eau froide ; l'autre, faisant communiquer B avec un autre ballon, C, où l'on fera tout h l'heure bouillir de l'eau pure. Le tube a est de diamètre assez large pour que les projections du liquide en ébuUi-

: 1^:;: j-'/méihodes "ofeNÉRALEs d'analyse. lion retombent et ne soient point entraînées; pour )a même raison, il est incliné rie a' en a" vers le ballon B ; il se termine par un rétrécissement a'", qui a pour effet

d'empêcher les absorptions : sans cette précaution, si l'ébullition en B devenait intermittente, les produits distillés, remontant sans gène et très-vite dans le tube a'" a", menaceraient constamment d'absorption. Enfin le tube « doit occuper presque en totalité la section rétrécie du col. L'extrémité a'" doit être, dès le début de la dis-

DOSAGE DE l'aGIDE GHLORHYDRIQUB. 103

liilation, noyée dans de Teau pure et froide, ce qui assure l'entière condensation des premières vapeurs.

On chauffe en même temps B et C, mais on dispose les flammes de manière que Tébullition de C précède de de quelques instants celle de 6. La partie du col de B comprise entre le bouchon et le rétrécissement, est constamment remplie de vapeur d'eau ; et Técoulement de celte vapeur par un passage circulaire étroit est un obstacle infranchissable pour les vapeurs régaliennes; les deux vapeurs prennent d'ailleurs le môme chemin en ff, et vont se condenser ensemble en D. Quand on veut arrêter l'opération, on éteint d'abord le feu sous B, on enlève le récipient D , on retire le bouchon de B, et on éteint sous C. Le courant de vapeur d'eau préserve si bien le liège, qu'après un grand nombre d'opérations, on y voit à peine une légère teinte jaune.

En général, on est averti que le chlore est entièrement expulsé par la distillation même, qui devient irrégulière quand cesse la production des gaz au sein du liquide ; il convient cependant, avant de terminer, de remplacer D par un autre récipient pour mettre à part les derniers produits et y constater l'absence du chlore.

Lorsqu'on opère sur des dissolutions, il peut arriver que l'acide nitrique, trop affaibli, n'agisse pas immédiatement; en pareil cas, la concentration de l'acide se produit avant la réaction chimique. Quant aux quantités d'acide nitrique à employer, il est clair qu'elles varient selon la capacité du ballon et le volume déjà occupé par la dissolution des matières si l'on a affaire à des liquides ; on s'arrange d'ordinaire de manière à ce que le ballon soit à moitié plein quand la réaction commence ; à partir de ce moment, on distille au moins la moitié du liquide.

Il est presque superflu d'ajouter que Schlœsinga vérifié l'exactitude de ce procédé par des dosages faits sur des

104 MÉTHODES GÉNÉRALES d'aNALYSE.

quantités connues de chlorures purs, ceux de sodium et de potassium.

Page 1