C. — ANALYSE DE LA CHAUX DESTINÉE AD CHAULAGE
151. — Dosage, de la chaux libre. — Les dosages de l'eau, de l'acide carbonique et du résidu insoluble dans les acides se font d'après les méthodes précédemment décrites.
Voici le seul moyen connu pour déterminer la chaux libre, dans une chaux brute.
On prend la chaux cuite qu'on broie rapidement si elle est frittée et iqu'on réduit en poudre très-fine si elle est fondue (mauvaises conditions pour l'emploi agricole). On pèse rapidement 2 à 3 grammes de la poudre bien homogène et on les introduit dans un flacon d'une capacité de 150 à 200 centimètres cubes. D'autre part, on prépare une solution, moyennement concentrée, de nitrate d'ammoniaque dans l'eau; on la fait bouillir pendant longtemps pour chasser tout l'acide carbonique qu'elle peut contenir, puis on introduit la liqueur encore chaude dans le flacon, qu'on ferme avec un bon bouchon de liège. On agite le mélange pendant quelques minutes de manière à faire réagir le nitrate d'ammoniaque sur la chaux et l'on prolonge ensuite, plus ou moins, le contact des matières, suivant l'état d'agrégation de la substance. Le précipité doit toujours être plus ou moins gélatineux. On laisse déposer; on décante rapidement av^c un siphon et l'on remplit le
flacon avec de l'eau bouillie. On décante de nouveau et l'on répète cette opération jusqu'à Ce que tout le nitrate de chaux ammoniacal étant enlevé, on puisse sans inconvénient jeter sur un filtre le résidu de l'attaque par le nitrate d'ammoniaque. On lave encore le résidu à l'eau distillée chaude. Puis on verse dans le liquide filtré de l'oxalate d'ammoniaque en excès. Toutes ces opérations doivent être faites, autant que possible, à l'abri du contact de l'air, afin d'éviter que l'acide carbonique de l'atmosphère, se combinant avec l'ammoniaque de la dissolution, ne donne avec la chaux, du carbonate qui se mélangerait au silicate. D'un autre côté, il faut éviter de trop prolonger les. lavages, parce que les silicates de chaux, formés au contact, d'un excès de base, se décomposent assez facilement par l'eau pour qu'on puisse craindre l'action de ce liquide sur ces matières. Enfin il faut avoir soin de traiter immédiatement par l'oxalate d'ammoniaque toutes les eaux de lavage, de peur que le carbonate d'ammoniaque qui pourrait se former ne donne des cristaux très-durs de carbonate de chaux,, qui adhèrent aux vases et qu'on ne peut en détaciier qu'avec Tintervention d'un acide.
Le poids du résidu de l'oxalate de chaux calciné fait connaître le taux de la chaux vive.
Si l'on veut pousser plus loin l'analyse, on dose la magnésie et les alcalis par les méthodes précédemment décrites. Quant au silicate restant sur le filtre, il est soluble dans les acides, où il se prend en gelée, et s'analyse par le procédé décrit à l'article matières silicalées,