II. — SUPERPHOSPHATES. PROSPHO-GUANO. CDANO DISSODS, ETC
211. — Nature diverse de ces engrais, — L'industrie livre aujourd'hui sous des noms divers, des matières phosphatées d'origines différentes, traitées par l'acide sulfurique et dont une partie plus ou moins considérable de l'acide phosphorique est devenue soluble , soit dans l'eau (PhO' soluble), soit dans le citrate d'ammoniaque (phosphate bibasique de chaux, d'alumine, de fer, etc.).
Il y a deux cas principaux à considérer dans l'analyse des superphosphates : les uns, préparés avec des poudres d'os, du noir animal, du guano, du phosphate précipité provenant de la dégélatinisation des os, ne renferment que des traces de phosphate de fer ou d'alumine, négligeables dans presque tous les échantillons de ces provenances ; les autres, obtenus avec des copr«lithes, des phosphorites ou des phosphates minéraux d'origines diverses, contiennent presque toujours des quantités de fer et surtout d'alumine qui obligent à recourir à une méthode spéciale. — Nous allons décrire successivement les procédés applicables à ces deux classes de superphosphates.
Il y a aussi lieu de doser l'azote ammoniacal et l'azote organique dans les superphosphates d'os, les guanos dissous, le phospho-guano, qui en renferment des quantités variables, mais dont on doit tenir compte à raison de la plus-value qu'ils donnent à l'engrais phosphaté.
Presque toujours, dans l'analyse d'un superphosphate, il faut doser l'acide phosphorique sous ses trois formes de combinaison, savoir : 1° acide phosphorique soluble dans
l'eau; T acide phosphorique soluble dans le citrate d'ammoniaque et insoluble dans Teau (acide phosphorique rétrogradé, phosphate bibasique de chaux et phosphate de fer); 3** enfin, acide phosphorique insoluble dans l'eau et dans le citrate, mais soluble dans les acides minéraux étendus.
1*' cas. — Supetyhosphates exempts d'alumine et de fer. — Après avoir mélangé aussi intimement que possible, l'échantillon envoyé pour l'analyse, on en pèse exactement 20 grammes qu'on triture ensuite, avec précaution, dans un mortier en présence d'une petite quantité d'eau (50 à 60 centimètres cubes)*. On décante dans un vase jaugé de 1000 centimètres cubes et on répète la trituration avec l'eau jusqu'à ce qu'on ^il mis en suspension dans le liquide tout le superphosphate complètement pulvérisé- On lave le mortier et l'on réunit avec soin les eaux de lavage à la solution obtenue dans le broyage ; on étend à 1000 centimètres cubes, en remplissant le flacon jusqu'au trait; on bouche hermétiquement et l'on agite vivement le tout, à plusieurs reprises, pendant un quart d'heure ou 20 minutes. Il est inutile de prolonger davantage le contact de l'eau avec le superphosphate : en tout cas, on ne doit jamais le laisser durer au delà de deux heures.
On filtre alors le liquide et lorsqu'on a versé tout le contenu du flacon sur le filtre, on réunit avec soin, sur ce dernier, le résidu insoluble. On enlève alors la solution filtrée et l'on continue à laver le résidu insoluble jusqu'à ce qu'il ne cède plus rien à l'eau : 200 à 300 centimètres cubes d'eau suffisent en général pour atteindre ce but. On jette cette eau de lavage, l'opération étant destinée seulement à enlever la solution d'acide phosphSrique soluble qui imprégnait le résidu. On dessèche avec précaution le résidu insoluble, on le détache du filtre et l'on en prend exactement le poids. On mélange intimement le résidu en
le broyant dans un mortier. Nous reviendrons tout à l'heure à Texamen de cette matière.