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i^ÂLYSE IMMÉDIATE DES VÉGÉTAUX. 273
240. — Corps gélatineux. — Les corps gélatineux peuvent être rangés en trois catégories, ayant pour types : iâ pectose neutre et insoluble, la pectine neutre et soluble, l'acide pectique, très-peu soluble et ne formant de composés solubles qu'avec la potasse, la soude et Fammoniaque. L'un au moins de ces types se rencontre toujours dans les végétaux; nous croyons donc utile d'indiquer les procédés par lesquels on peut déterminer la matière gélatineuse, quel que soit le type auquel elle se rapporte.
250. — Acide pectique. — Il est d'ordinaire uni avec la chaux, et forme un composé insoluble qui concourt avec la cellulose à donner aux organes végétaux la rigidité nécessaire ; aussi en trouve-t-on beaucoup plus dans les côtes et dans les nervures, c'est-à-dire dans la charpente des feuilles, que dans le parenchyme. Pour l'extraire et le doser, il semblerait naturel d'épuiser d'abord la matière végétale par l'eau ; d'éliminer ensuite la ^haux, la magnésie, les phosphates, etc., par des lavages avec Tacide chlorhydrique étendu ; de reprendre, par un alcah, l'acide pectique devenu libre, et de le doser enfin dans la dissolution obtenue. Cette marche peut suffire pour sa préparation, mais elle ne convient pas pour un dosage; l'acide pectique n'est pas absolument insoluble dans l'eau, surtout en présence dès principes solubles des végétaux; une partie en serait donc perdue. De plus, l'alcali dissoudrait, en même temps que lui, des matières brunes dont il serait fort malaisé de le séparer. Nous préférons le procédé suivant :
La matière végétale, réduite en poudre, est introduite dans une allonge ou dans un entonnoir, et lavée lentement avec de l'alcool à 36°, contenant le quart de son volume d'acide chlorhydrique concentré, jusqu'à ce que le liquide fdtré ne contienne plus trace de chaux. Le lavage avec l'alcool ordinaire succède alors au lavage à l'alcool acide ^
il est continué jusqu^à ce. que l'acîde chlorhydrique soit entièrement éliminé. L'acide pectique est ainsi mis en liberté sans aucune perte. Alors, avec le jet d'une pissette, on fait tomber toute la matière dans un ballon d'un litre, qu'on achève de remplir d'eau pure aux trois quarts, et l'on y verse une dissolution tiède d'oxalate d'ammoniaque neutre, contenant au moins un gramme de sel pour chaque demi-gramme d'acide pectique à extraire ; puis, on fait digérer, vers 35**, pendant une ou deux heures. L'oxalate a la propriété, observée par Frémy, et commune à d'autres sels à acides organiques, de dissoudre l'acide pectique. La dissolution est incolore, par la raison que les matières brunes, solubles dans les alcalis., ne le sont point dans une liqueur neutre ou légèrement acide : elle se laisse filtrer aussi beaucoup mieux que les solutions de pectates alcalins. On la filtre donc et on lave le résidu. Le liquide filtré est ensuite traité par un excès de dissolution d'acétate de chaux : il s'y forme un volumineux précipité blanc d'oxalo-pectate de chaux. On pourrait en extraire l'acide pectique, en le reprenant par de l'alcool fortement acidifié par de l'acide chlorhydrique. Mais cela n'est point nécessaire, si l'on a pris la précaution de peser exactement l'oxalate d'ammoniaque, sel qui devra être pur et bien défini par une analyse préalable. Il suffit alors de recueillir l'oxalo-pectate sur un filtre taré (le filtre séché à l'étuve doit être pesé dans un étui de verre), de le laver à l'eau, puis à l'alcool, afin de faciliter sa dessiccation, et de le porter dans l'étuve de Gay-Lussac. La pesée faite après la dessiccation donne, par différence, le poids de l'oxalo-pectate. Reste à savoir combien il renferme d'acide pectique. Pour cela, on le brûle et on dose la chaux. Le poids d'oxalate d'ammoniaque employé permet de calculer celui de l'oxalate de chaux ; dans ce calcul, il faut se rappeler que l'oxalate de chaux, qui garde
ordinairement quatre équivalents d'eau à la température de 100", en perd deux au contact de Talcool, et a, en conséquence, pour formule C^O%2CaO,2HO. On calcule aussi la chaux correspondant à Toxalate, et on la déduit de la chaux totale dosée, ce qui donne la chaux appartenant k l'acide pectique : on a donc tous les éléments de calcul nécessaires pour déterminer, dans Toxalo-pectate, la matière organique autre que l'acide oxalique.
La feuille de tabac, telle qu'on l'emploie en manufacture, ne contient pas de corps gélatineux autre que l'acide pectique ; 5 grammes de matière suffisent pour un dosage.
251. — Pectose. — Supposons, comme nous venons de le faire pour l'acide pectique, que cette substance soit le seul représentant des corps gélatineux dans une substance végétale. On sait qu'elle n'est pas altérée, à froid, par l'acide chlorhydrique, et qu'elle se convertit rapidement en acide pectique, à la température de l'ébuUition, en présence d'un alcali. Il semble donc que le procédé le plus simple pour la doser serait d'épuiser la substance par l'acide chlorhydrique étendu, de reprendre, à chaud, par une dissolution alcaline, et de la déterminer sous la forme d'acide pectique. Ce mode d'opérer présenterait, dans la plupart des cas, de graves inconvénients : 1° l'alcali dissoudrait les matières brunes qu'on ne saurait éliminer ; 2^ sous la double influence de la chaleur et d'un alcali ^ la pectose peut se transformer partiellement en acide métapectique qu'on ne pourrait doser en même temps que l'acide pectique; 3° sous les mêmes influences, Famidon^ si répandu dans les tissus végétaux, se résoudrait en matière amylacée diffusible, qu'on ne pourrait plus séparer de l'acide pectique, et qui serait entraînée avec lui quand on le précipiterait. Nous évitons toutes ces complications en opérant de la manière suivante :
La substance (5 à 10 grammes) est broyée et mise dans un ballon de 250 centimètres cubes, où Ton verse ensuite environ 150 grammes d'alcool à 36° : on calcine au rouge naissant 1 gramme de bicarbonate de potasse ; le carbonate neutre est dissous dans peu d'eau et versé sur ralcool. Puis on chauffe le tout vers 75°, pendant une demi-heure, en ayant soin d'agiter fréquemment. Le ballon doit être surmonté d'un long tube pour condenser la vapeur d'alcool. Par cette opération, la pectose est intégralement convertie en acide pectique; mais l'amidon est préservé par l'alcool de la désagrégation que la chaleur et les alcalis lui font éprouver dans l'eau. Après filtration, la substance ainsi traitée rentre dans le cas déjà examiné, où le corps gélatineux est exclusivement à l'état d'acide pectique. Ce procédé a été appliqué avec plein succès aux substances très-riches en amidon, telles que la pomme de terre.
252. — Pectine. — Braconnot a montré que celle substance est convertie instantanément en acide pectique, en présence d'un alcali, même très-dilué. Cette conversion
' s'opère également quand la substance est chauffée dans l'alcool rendu alcalin. Rien n'est donc plus facile que de ramener la détermination de la pectine à celle de l'acide pectique.
Examinons maintenant le cas où les corps gélatineux affectent plusieurs états dans une même substance végétale.
253. — Acide pectique et pectose. — On traitera d'abord la matière, comme il a été dit, en vue d'extraire et de doser l'acide pectique. La pectose n'est solubilisée ni par l'alcool chlorhydrique, ni par la dissolution d'oxalate d'ammoniaque. Elle résistera donc parfaitement aux traitements. Une fois l'acide pectique éliminé, on convertira la pectose en acide, en chauffant la substance avec de l'alcool alcalinisé, et on procédera à un deuxième dosage de cet acide par la méthode indiquée plus haut.