Dosage de la matière protéique. — On
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pèse un gramme de fourrage moulu, on dose l'azote par la chaux sodée et l'on obtient le taux pour 100 de substance protéique en multipliant le chiffre trouvé pour l'azote par le facteur 6,25.
291. — Dosage des matières grasses. — On pèse 10 à 12 grammes de fourrage moulu; on les place dans l'appareil de Schlœsing (fig. 31) et l'on épuise la masse par le sulfure de carbone, en observant les précautions indiquées précédemment pour la marche de l'appareil. Il faut avoir soin de ne pas diviser le fourrage avec le moulin au point de le transformer en poudre impalpable; en effet, à cet état la matière s'agglutine, se prend en masse et oppose une trop grande résistance au passage du sulfure de carbone. Si le fourrage sur lequel on opère est moulu avant d'être expédié au laboratoire, on obvie aux inconvénients qu'entraîne son trop grand état de ténuité en le ' mélangeant avec soin avec du verre pilé grossièrement ou du gros sable préalablement lavé et calciné. Dans tous les cas, il faut placer au fond de l'allonge un petit tampon de coton ou d'amiante peu serré. La matière grasse est presque toujours colorée en vert par la chlorophylle, qui se dissout pendant l'épuisement par le sulfure de carbone (-^). Le charbon d'os décolore cette dissolution presque instantanément.
Nous avons indiqué jusqu'ici le dosage des principes suivants des fourrages :
1*^ Eau et substance sèche ;
2° Cendres;
3° Ligneux ou cellulose brute ;
4° Cellulose ;
(1) J'ai substitué avec avantage et économie le sulfure de carfione à l'éther employé par Hennebcrg.
5» Matières proléiques ;
O** Matières grasses.
Dans la plupart des cas, ces dosages suffisent pour donner une idée exacte de la composition d'un foin, d'une paille ou d*un fourrage vert, le taux pour 100 des matières non azotées s'obtenant en retranchant, du poids primitif de Téchantillon, la somme obtenue en additionnant les quantités des divers principes immédiats fournis par l'analyse.
Cependant dans quelques cas, en vue de recherches spéciales, il importe de doser séparément les matières solubles dans l'eau, les principes extractifs, gommes , résines, le sucre, l'ammoniaque et l'acide tartrique. Je vais donc indiquer les méthodes qui permettent d'exécuter ces différents dosages. ,
292. — Détermination des matières solnbles dans Teau. — On peut avoir recours à diverses méthodes pour enlever tous les principes solubles.
1" Méthode, — Dans un vase de Bohême allant au feu, ou noieux, pour éviter l'attaque du verre, dans une capsule de platine d'un demi-litre , on place 20 grammes de fourrage séché à 70% avec 250 à 350 centimètres cubes d'eau distillée , on fait bouillir pendant une demi-heure , on décante sur un filtre à aspirateur et l'on renouvelle cette opération huit à dix fois. 11 est très-important de filtrer rapidement, en moins d'une journée au maximum, tout le liquide provenant de cette opération, afin de prévenir l'altération quelquefois très-rapide du liquide. Généralement 2 à 3 litres d'eau suffisent pour épuiser complètement, en matières solubles, 15 à 20 grammes de fourrage.
2* Méthode. — Dans l'appareil de Schlœsing, on place 10 à 15 grammes de fourrage et l'on procède absolument comme pour l'extraction de la graisse, en remplaçant Télher par de l'eau. Cette méthode a l'avantage d'exiger un
beaucoup moins grand volume de liquide ; généralement 500 à 700 centimètres cubes d'eau suJÛQsent. On peut renouveler le liquide en démontant l'appareil et en remplaçant l'eau du ballon, déjà chargée de matières solubles, par de Teau distillée.
Si Ton se propose de rechercher seulement la proportion de matières minérales et de substances azotées solubles dans l'eau, un dosage de cendrés et un dosage d'azote effectués sur le fourrage séché à 100°, avant l'épuisement, et sur le résidu, après l'épuisement, permettent d'établir par différence le taux des matières minérales et pro'téiques que le fourrage cède à l'eau.
Si l'on veut effectuer des dosages directs, on procède de la manière suivante :
293. — ^ Dosage direct des matières solubles. — Le liquide total provenant, de l'épuisement par l'une des deux méthodes indiquées plus haut estétenduàun'volwne déterminé ; supposons-le de 3 litres dans le premier cas, et d'un litre si l'on emploie l'appareil de Schlœsing.
On évapore avec soin dans une petite ca|)sule de platine 200 ou 100 centimètres cubes de la liqueur limpide; quand le liquide est pres.que complètement à sec, on place la capsule dans un petit têt contenant (ju sable, et l'on achève la dessiccation à 100° ; on porte le tout sous le récipient de la machine pneumatique, au-dessus de l'acide sulfurique, et l'on pèse quand le sable est refroidi. On renouvelle celte opération eh chauffant chaque fois à 100°, jusqu'à ce que la balance n'accuse plus de changement dans le poids de la capsule. D'ordinaire deux ou trois pesées consécutives . suffisent pour atteindre ce résultat.
Une simple proportion donne alors le taux pour cent des matières solubles dans l'eau.
294. — Dosage des cendres des matières solubles et de l'acide carbonique. — On incinère avec
précaution le résidu de Tévaporation des matières solubles; le poids du résidu donne le taux des cendres. Sur 600 milligrammes à 1 gramme de ce résidu, on dose Tacide carbonique par la méthode ordinaire.
295. — Dosage des matières protéiques solubles. — Dans une capsule de platine, on évapore 1000 ou 500 centimètres cubes ; lorsque Tévaporation touche à sa fin, on ajoute peu à peu une petite quantité de sulfate de chaux, préalablement calciné, et Ton dessèche, à 95®, la masse pulvérulente bien mélangée. On l'introduit ensuite dans le tube à chaux sodée et Ton dose l'azote par la méthode ordinaire.
296. =— Dosage du sucre de glucose, de canne et des matières gommeuses. — Un litre de dissolution aqueuse est évaporé rapidement dans une capsule de platine; la fin de Tévapo ration se fpit au bain-marie et dans un appareil à vide, si c'est possible. On reprend le résidu encore humide par de l'alcool à 85° et l'on fait bouillir au bain-marie ; on décante qt l'on répète le traitement par l'alcool jusqu'à ce que le liquide mis en contact avec le résidu reste incolore, On étend d'eau l'alcool filtré et l'on chasse l'alcool par évaporation au bainmarie. Quelquefois il est nécessaire de décolorer la solution aqueuse restant dans la capsule. On dose le sucre total par la liqueur cupro-potassique et par l'interversion, comme nous le verrons plus loin (j^nalyse des betteraves et des pommes de terre). — Le résidu insoluble dans l'alcool est formé des matières gommeuse»; on le dessèche à 100^ On le pèse et l'incinère avec précaution. La différence entre le poids du résidu sec et le poids des cendres trouvé correspond à l'acide peclique, pectose, etc.
297. — Dosage de l'ammoniaque et de l'acide nitrique. — Il peut y avoir une partie de l'azote de la matière qu'on examine à l'état de nitrate et d'ammoniaque.
On dose ces deux composés par les méthodes indiquées dans l'analyse des engrais. Pour le dosage de l'ammoniaque, on concentre la liqueur aqueuse en présence de quelques gouttes d'acide sulfurique et l'on dose l'azote par la méthode de Schlœsing. Pour l'acide nitrique, il faut concentrer le liquide primitif de manière à le réduire, au bain de sable, à un volume de quelques centimètres cubes qu'on introduit dans l'appareil Schlœsing.
Dans quelques cas rares, il y a intérêt à faire l'analyse élémentaire du fourrage ou des divers résidus obtenus, par les traitements par l'eau, l'alcool ou l'éther. On y procède par la méthode précédemment décrite (§§ 15 et suivants).
298. T~ Liqueur titrée de coralline. — J'aMndiqué, page 205, la préparation du tournesol destiné aux dosages alcalimétriques, mais j'ai omis de signaler un réactif trèssensible et qu'il est facile d'obtenir à l'état de pureté. Je vais réparer cette omission.
Schulze et Mârcker ont recommandé l'emploi de la coralline pour apprécier exactement la neutralisation d'une liqueur acide, par la baryte hydratée. Voici comment on obtient ce réactif :
On chaufife entre 140° et 150" une partie et demie (en poids 7^',5), par exemple, de phénol avec une partie (5 gr.) d'acide oxalique et une partie (5 gr.) d'acide sulfurique concentré. Si le phénol est incolore, l'acide rosolique obtenu peut être employé sans autre purification.
Pour employer l'acide rosolique, on le dissout dans l'alcool et l'on neutralise la liqueur avec précaution par l'addition de potasse en dissolution.
Quelques gouttes de cette teinture ajoutées à la baryte donnent à ce liquide une coloration rouge intense, qui devient jaune pâle pour la moindre trace d'acide en excès.
ANALYSE IMblÉDIATE DES FOURRAGES. 319