Détermination des principes immédiats
— Les méthodes décrites précédemment pour l'analyse des fourrages bruts s'appliquent très-bien à l'examen des graines des diverses plantes, avoine, orge, mais, millet, etc., qui entrent dans l'alimentation du bétail ; dans ces produits on dose l'eau, les cendres, la matière protéique, l'amidon et la cellulose bruts, par les procédés indiqués plus haut : je ne m'y arrêterai donc pas ; je me bornerai à rappeler que l'état de division de la matière soumise à l'analyse a une grande importance. Il faut donc, à l'aide du moulin et du mortier, réduire en poudre fine (tamis de 0,001 de maille) la substance à analyser^ Après l'avoir desséchée et avoir déterminé, une fois pour toutes, sa teneur en eau, on la broie, la tamise et la renferme dans des flacons bien bouchés. L'incinération des graines présente plus de difficulté que celle du foin, de la paille, etc.; on commence par carboniser lentement, dans un creuset de platine fermé, un poids déterminé de la graine k analyser ; lorsque la matière est devenue noire (il est préférable d'opérer sur les grains entiers avant trituration au mortier ou au moulin), on la porte dans l'appareil décrit § 12 et l'on achève l'incinération dans un courant lent d'oxygène, en observant toutes les précautions indiquées au § 13.
300. — Dosage des principes solubles dans Teau. — Dans certains cas, il est nécessaire de séparer et de doser les principes solubles à froid dans l'eau, tels que albumine, dextrine, sucre, matières minérales, etc. Voici comment il faut procéder. On prend 10 à 15 grammes de la matière pulvérisée, on la triture dans un mortier en ajoutant progressivement de petites quantités d'eau distillée froide; lorsque le broyage est complet, on décante le
liquide trouble qui surnage la matière et Ton int^odtiïl celle-ci dans l'appareil à déplacement de Schlœsing (voir fig. 3i , p. 259) qu'on alimente avec de l'eau distillée bouillie et refroidie. On enlève ainsi assez rapidementles substances solubles dans l'eau/ On filtre ensuite le liquide, si cela est nécessaire, sur le filtre à succion qui a déjà reçu l'eau provenant de la trituration dans le mortier. On réunit les liquides provenant des deux traitements et l'on en mesure exactement le volume.
On fait trois parts égales de ce liquide. Dans la première on dose la substance sèche et les matières minérales en évaporant à sec, au bain-marie, le taux des cendres.
Le second tiers de la liqueur est concentré à consistance de vapeur au bain-marie; vers la fin de l'évaporation, on additionne le liquide d'un peu de plâtre, on dessèche à iOO° et dans le résidu on dose l'azote par la chaux sodée.
Le dernier tiers du liquide est partagé en deux parties égales : dans Tune on dose directement le sucre avec les précautions que j'indique à V Analyse des betteraves; l'autre partie est chauffée à 108** dans un flacon bouché au contact d'acide sulfurique étendu (voir § 256); on dose ensuite le sucre dont le taux représente la somme du sucre existant dans le liquide et du sucre provenant de la transformation de la dextrine, etc. En retranchant du poids total de sucre ainsi trouvé, celui du sucre dosé dans la -précédente opération et multipliant par 0,90 la différence trouvée, on connaît le poids de la dextrine.
On éprouve souvent de la difficulté à obtenir des liqueurs limpides et à filtrer les liquides résultant de certains produits : vinasses, etc. L'addition en quantité convenable de tannin ou de gélatine, employés simultanément avec l'acétate de plomb, permet de clarifier les liqueurs et de les filtrer assez facilement sur les filtres à succion. Il faut avoh* soin de maintenir toujours un excès d'acétate de plomb
dans les liqueurs où Ton veut rechercher le sucre et la dextrine, afin d'assurer la séparation complète du tannin ou de la gélatine ajoutés, Facide tannique se, dédoublant, comme on le sait, sous Tinfluence de la chaleur et de Tacide sulfurique, en sucre et en acide gallique.
301. — Dosage de Tamldon. — Le procédé décrit § 256 s'applique parfaitement au dosage de Tamidon dans les farines, h la condition qu'on ait préalablement séparé le gluten. Pour cela, on lave^ sur un filtre, 2 à 3 grammes de farine, d'abord à l'eau pure, puis avec de l'alcool chargé d'acide sulfurique, enfin de nouveau à l'eau distillée ; on perce ensuite le filtre et l'on réunit dans un matras toute la substance qu'il contenait; on lave, on enlève les fragments de papier et l'on traite les 100 ou 150 centimètres cubes de liquide, tenant en suspension l'amidon, comme il est dit au § 256. On dose le suicre formé; on multiplie par 0,90 le poids de sucre trouvé, et l'on a ainsi le (aux de l'amidon contenu dans la farine.
III. ^ BETTERAVES A SUCRE. — BETTERAVES FOURRAGÈRES TDRNEPS. — SORGHO. — CANNE A SUCRE, ETC.