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Ann. des Mines, 1856. IL, p

CHLORE 301 DOSAGE DU CHLORE LIBRE (seul ou en présence de chlorure)

Le chlore libre ne peut pas être entièrement précipité par addition directe d’azotate d'argent; car il se produit un mélange de chlorure et de chlorate (Rose) :

GEI -- 3Ag20 — 5AgCI -L AgCIO5

L'addition préalable d'ammoniaque donnerait un mélange de chlorure, hypochlorite et chlorate (Schænbein).

1°On peut doser le chlore libre en déterminant la quantité d'acide sulfurique formé, quand on met la dissolution en présence d'acide sulfureux ou d’hyposulfite de sodium :

SO? + 2H20 + 2CI — H?S0' +2HCI Na?S203 —- 5H20 — 8CI — 2NaHS0* + 8HCI

L'acide sulfureux ou les sulfites sont d’un emploi difficile à cause de leur grande altérabilité à l'air. Il est, en général, préférable d'employer l'hyposulfite de sodium.

On en ajoute un léger excès à la dissolution de chlore dans

un flacon fermé à l’émeri, on chauffe quelques instants, toute odeur de chlore disparaît. On décompose alors l'excès d'hyposulfite par ébullition avec de l’acide chlorhydrique, on filtre pour séparer le soufre et on dose l’acide sulfurique à l’état de sulfate de baryum.

100 parties de BaSO* correspondent à 30,47 de CI si l’on a employé un sulfite, et à 60,94 si l’on a employé un hyposulfite.

On peut aussi, dans le dernier cas, déterminer l’hyposulfite restant par une solution titrée d’iode en présence d'amidon.

100 de Na?$°20% employés correspondront à 210,37 de CI.

1° II est plus commode de doserle chlore libre par la méthode volumétrique de Bunsen (iodométrie). On fait agir la dissolution ou bien le gaz dégagé par la chaleur sur de l’iodure de potassium en excès, mis en dissolution dans l’eau. Le chlore déplace l’iode, atome pour atome :

CI + KI = KCI + I.

Puis on dose l’iode mis en liberté, par exemple au moyen de l’hyposulfite de sodium en présence d'empois d'amidon.

Mélange de chlore libre et de chlore combiné. — Le chlore libre est dosé volumétriquement par l’iodure de potassium. Le chlore total est déterminé en ajoutant à une partie aliquote du liquide une dissolution d'acide sulfureux, puis un peu d’acide azotique et de chromate de potassium pour transformer l'excès d'acide sulfureux, enfin précipitant le chlore par l’azotate d'argent.

On peut aussi séparer le chlore libre de la dissolution du chlorure par distillation dans un petit ballon portant bouchon en caoutchouc non sulfuré. Le chlore est mis en présence d’une solution d'acide sulfureux à l'abri de l’air; l'acide sulfurique formé est précipité par le chlorure de baryun :

100 de BaS0' correspondent à 30,47 de CI.

CHLORURES DÉCOLORANTS

Ces composés, qui sont employés très utilement pour l’hygiène publique ou privée comme désinfectants, souvent aussi mais non sans inconvénient pour la blanchisserie comme oxydants ct décolorants, se préparent dans l’industrie en faisant agir à froid le gaz chlore sur des dissolutions étendues de polasse ou de soude (eau de Javel, eau de Labarraque) ou sur de l’hydrate de chaux (chlorure de chaux). Ils dégagent très aisément du chlore libre sous l’action des acides même très étendus. Leur action est égale à celle du chlore, qui a été employé dans la préparation. Ils ne renferment pas de chlorates, en général, mais se comportent comme des mélanges de chlorures et d’hypochlorites. Leur valeur commerciale dépend essentiellement de la quantité de chlore qu'ils peuvent fournir, quantité qui varie avec les soins et avec la durée d'exposition

a l'air.

ESSAIS CHLOROMÉTRIQUES

L'emploi très répandu des chlorures décolorants, principalement du chlorure de chaux, a nécessité de bonne heure l'emploi de moyens rapides pour en apprécier exactement la richesse.

Ces procédés, aujourd’hui nombreux, portent le nom de procédés chlorométriques.

Depuis Gay-Lussac et suivant sa proposition, on a conservé, en France, l'habitude de taxer le chlorure de chaux d'après le nombre de ses degrés chlorométriques; on désigne par ce terme le nombre de litres de chlore gazeux supposé sec, à 0° et sous la pression de 0",760, que peut donner 1 kilogramme de chlorure de chaux.

Il serait plus conforme à l'usage, qui a cours pour les autres essais quantitatifs, d'exprimer la richesse d’un chlorure d’après le nombre de centièmes de son poids de chlore libre qu'il peut fournir. C'est la notation qui a prévalu en Angleterre et ailleurs, non seulement dans les laboratoires, mais même dans le commerce.

IL importe de pouvoir passer facilement d’une notation à l’autre. C’est à quoi l’on arrive aisément, sachant que le litre de chlore sec, à 0° et 0",760, pèse 35°,18.

En effet, si un chlorure de chaux a x degrés chlorométriques français, cela signifie que :

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