‹ Traité d'analyse des substances minérales (volume 2)Chapitre 16 sur 320 · Bull. de la Société chimique de Paris, 1866, t. V · texte numérisé non relu

Bull. de la Société chimique de Paris, 1866, t. V

et on acidifie par l'acide sulfurique pur ; puis on ajoute 1 ou 2 gouttes d'iodure de potassium au dixième ou 1 centimètre cube de la solution étendue au centième.

PremER Essar. — S'il se fait à froid une coloration jaune ou rouge, on peut supposer la présence de l'eau oxygénée ou celles des nitrites ou des hypochlorites.

DeuxièME Essar. — On n'ajoute l'iodure qu'après avoir fait bouillir le liquide pendant deux ou trois minutes et laissé refroidir. Alors la coloration est l'indice de la présence d’eau oxygénée.

Troisième Essai. — L'absence de coloralion à froid et l’apparition de la coloration jaune, lorsqu'on chauffe, signalent aussi la présence de l’eau oxygénée.

QuarriÈME Essar. — S'il n'y a de coloration ni à froid, ni à chaud, il pourrait y avoir absence de corps oxydants ; mais on peut aussi supposer que l’eau oxygénée est en trop faible quantité pour se manifester par la coloration du liquide; on ajoute alors au liquide froid une grosse goutte de chloroforme, et on agite ensemble pendant cinq ou six minutes, à la température de 50°; s'il y a tant soit peu d’eau oxygénée mettant l’iode en liberté, la goutte de chloroforme se colore en rose.

A. Bach? a indiqué un autre réactif très sensible de l’eau oxygénée : c'est un mélange de bichromale de potassium et d'aniline, auquel on ajoute un peu d'acide libre. L’aniline est facilement transformée par un peu d'acide perchromique, en une matière colorante violette ; telle est précisément la réaction que l’on cherche à produire au contact de l’eau oxygénée. Mais, comme on peut craindre une oxydalion de l’aniline par l'acide chromique lui-même, mis en liberté par l'acide étranger, il convient d'employer à cet usage de l'acide oxalique très étendu, avec lequel la coloration de l’aniline ne se produit que dans un temps incomparablement plus long.

On prend donc 5 centimètres cubes d’une solution contenant 0%°,03 de bichromate de potassium et 5 gouttes d’aniline

1. Encyclopédie chimique : Eau oxygénée, par M. Edme BourGoix, p. 132. 2. Comptes Rendus,2% décembre 1894, p. 1218.

par litre: on les verse dans une éprouvette, on y ajoute 5 centimètres cubes de la solution à essayer et 1 goutte d’une solution à 5/100 d’acide oxalique. S'il y a de l’eau oxygénée, il se fait une coloration rose violacé, tandis qu’un essai à blanc sur 5 centimètres cubes du réactif et 5 cenlimètres cubes d'eau pure avec | goutte de la solution oxalique reste incolore.

D'après l’auteur, la réaction comnence à être perceplble, quand la solution à essayer renferme 0$',00072 d’eau oxygénée par litre, soit 1/1.400.000 environ. Le tannin en diminue la sensibilité. L'acide nitreux et les autres composés oxygénés de l’azote sont sans effet sur le réactif. Mais il est, au contraire ainsi que l'aniline elle-même, coloré par les hypochlorites ou par l'acide hypochloreux mêlé de chlore, produit par l’action de l'acide chlorhydrique sur un chlorate.

Page 1