‹ Traité d'analyse des substances minérales (volume 2)Chapitre 169 sur 320 · APPLICATION · texte numérisé non relu

APPLICATION

Prenons comme exemple la recherche de l’iode et du brome contenus dans les cendres de varechs. Ces cendres peuvent renfermer les composés suivants :

Iodates et iodures, sulfures, sulfites, hyposulfites, chlorures, bromures, cyanures, carbonates, etc.

On fait deux opérations, en partant de 5 grammes de matière, qu'on pulvérise et lessive avec soin. On divise la solution en deux parties égales À et B.

A. Dans la première on verse un peu d'empois d'amidon, puis une solution litrée d'iode jusqu'à coloration bleue. Le volume de cette solution correspond à l'oxydation exercée par l’iode sur la totalité des sulfures, des sulfites et des hyposulfites.

On verse dans la liqueur une solution titrée d'acide sulfureux jusqu'à décoloration; s'il y avait des iodates, l’acide iodique se trouvant réduit peut-être calculé.

On distille en présence de perchlorure de fer et recueille dans l'iodure de potassium l’iode dégagé, qui comprend à la fois : celui contenu dans les cendres, celui correspondant au brome des bromures et celui qui a été ajouté sous forme de liqueur titrée. Ce dernier doit être retranché.

B. Dans la seconde moitié de la lessive on ajoute de l'ammoniaque, puis de l’azotate d'argent; le précipité fait connaître l’iode correspondant aux iodures préexistants.

On connaît par la première expérience l’iode des iodates et l’iode correspondant aux iodures et bromures réunis.

La deuxième expérience fournit l’iode des iodures.

On calcule par différence l’iode mis en liberté par le brome des bromures.

ANHYDRIDE PERIODIQUE ACIDE ORTHOPERIODIQUE

oi H5ÿ106 ou 1207.5H20 Caractères. — Cet acide se présente sous forme de prismes

rhomboïdaux, incolores, déliquescents, très solubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool et l'éther où ils se transforment lentement en acide iodique..

L'acide orthoperiodique H°10° chauffé à 100° dans le vide, se transforme en acide métapériodique H10*; au-dessous de 100° il y a dégagement de vapeurs d’iode et il reste de l'anhydrique iodique.

Les acides chlorhydrique, sulfhydrique, sulfureux. les réducteurs minéraux et un grand nombre de matières organiques le réduisent instantanément.

Ilest précipité par la solution de tannin, ce qui permet ve le distinguer de l’acide iodique.

Periodates. — Ilexiste un grand nombre de periodates. Parmi les principaux se distinguent :

Les orthoperiodates M?106:

Les paraperiodates M*I0*,

Les paradiperiodates M'PO";

Les métaperiodates MIO‘.

La plupart des periodates sont insolubles ou peu solubles dans l'eau ; ceux de potassium et de sodium, peu solubles dans l’eau froide, se dissolvent dans l’eau bouillante. Le periodate neutre d'argent est décomposé par l’eau en excès avec précipitation de periodate basique et dissolution de la moitié de l'acide periodique devenu libre.

Le chlore, en agissant sur les periodates alcalins basiques, fournit un métaperiodale, un chlorate et un chlorure :

3K1P0? + 6CI — 6KI0 + KCIO3 + 5KCI.

L'iode, dans les mêmes conditions, donne un iodate et de l’iodure :

Nafl20° + 21 — 3Nal03 + Nal.

La chaleur décompose les periodates en formant soit un oxyde, soit un iodure, soit un mélange d’oxyde et d'iodure.

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Les periodates sont réduits, comme les iodates, par l’action des acides sulfureux ou sulfhydrique, avec mise en liberté d'iode colorant en bleu l’empois d'amidon et plus tard formation d'acide iodhydrique.

L'’azotate d'argent produit, dans les dissolutions froides de periodates alcalins, un précipité jaune de periodate bibasique, et, dans les solutions chaudes (80 ou 90°) un précipité brun foncé de paradiperiodate Ag'PO9, F0 (différence avec les iodates).

Dosage de l'acide periodique. — Il se fait comme celui de l'acide iodique. Il ÿ a décomposition rapide, à la température ordinaire, de l'acide périodique en présence d’iodure de potassium et d'acide chlorhydrique :

HSI06 - 7KI - 7HCI — 7KCI —- 6H20 —L 8I.

Les 8 atomes d'iode mis en liberté correspondent à 1 molécule d’acide periodique. On les dose par l’hyposulfite de sodium, en présence d'empois d'amidon.

FLUOR FI ou F — 19

État naturel. — Le fluor se rencontre, dans le règne minéral, principalement en combinaison avec le calcium, constituant le minéral qu'on nomme fluorine ou spath-fluor; il semble même exister parfois, en faible quantité, à l’état de liberté dans ce composé!. On le trouve encore combiné à l'aluminium et au sodium (cryolithe). On le rencontre en quantités diverses dans plusieurs silicates, comme les micas, la topaze, ete. Il existe, en proportions assez constantes, dans quelques phosphates alumineux (wavellite, amblygonite, etc.), dans les phosphates de calcium (apatite, phosphorite) et dans les ossements fossiles. Enfin, on a constaté sa présence dans quelques eaux minérales et dans l’eau de la mer.

Propriétés?. — Le fluor est un gaz, dont l’odeur rappelle celle de l'ozone et de l'acide hypochloreux, de couleur jaune verdâtre, de teinte plus claire, mais plus jaune que celle du chlore. Sa densité est voisine de 1,265 (Moissan). Il se convertit, à — 185°, en un liquide jaune pâle, dont la densité est voisine de 1,14 (Moissan et Dewar).

Action sur les corps simples. — Il se combine à l'hydrogène dans l'obscurité et à froid, fournissant ainsi le premier exemple de deux corps simples gazeux, capables de s'unir directement sans l'intervention d’une énergie étrangère. Il est sans action sur

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