ACIDE FLUORHYDRIQUE
HElou HR "20 = Pl, 5 Propriétés. — L'acide fluorhydrique anhydre est un liquide
incolore, bouillant à 19°,4. Sa densité est 0,988 à 15°. Il répand à l'air humide d'abondantes fumées blanches.
Un hydrate répondant à la formule HF + 210 distille à 120°; c’est un liquide incolore, fumant à l'air.
Il est décomposé à la température ordinaire par tous les métaux, sauf le mercure, l'or, l'argent et le platine.
Les métalloïdes, sauf le bore et le silicium amorphe, n'ont pas d'action sur lui.
L'acide hydraté réagit sur la silice en produisant de l’eau et du fluorure de silicium.
S102 + 4HF —2H20—+ SiF'.
Cette propriété permet de distinguer l'acide fluorhydrique de
tous les äutres acides.
FLUORURES
Action de la chaleur. — Les fluorures secs sont généralement indécomposables par la chaleur; plusieurs sont très fusibles: quelques-uns sont volatils et distillables, comme ceux de titane, d’arsenic, ou les perfluorures de manganèse et de chrome.
Action de l'eau. — Les fluorures volatils sont décomposés par l’eau à la température ordinaire ; les autres sont décomposés peu à peu, mais incomplètement, en général, dans la vapeur d'eau, avec production d'acide fluorhydrique.
L'eau dissout aisément les fluorures alcalins, en général, et ceux d'aluminium, d'antimoine, d’étain, de bismuth, d'argent, ainsi que les sesquifluorures de manganèse, de fer, de chrome, de molybdène, de vanadium, d'uranium.
Le fluorure de lithium est très peu soluble; on peut considérer comme insolubles dans l’eau, mais solubles en présence d'acide fluorhydrique en excès, les protofluorures de manganèse, fer, zinc, cadmium, cuivre et ceux de baryum, strontium et calcium.
Les fluorures de plomb, de magnésium, d'yttrium, de cérium, sont insolubles même avec un excès d’acide fluorhydrique.
Action des acides. — Les fluorures solubles sont les plus facilement attaquables par les acides ; ainsi le fluorure de potassium est attaqué par l'acide acétique, et, si l'expérience se fait dans un verre, celui-ci est dépoli en quelques heures à température ordinaire.
Les fluorures insolubles obtenus par précipitation sont presque tous dissous rapidement par les acides azotique, chlorhydrique et mème acétique.
Si l’on opère à froid, en liqueur très étendue, il y a simplement dissolution. Si l’on chauffe, il y a décomposition partielle, surtout par l’acide chlorhydrique. Il faut avoir soin de n'employer que l'acide azotique, lorsqu'on est obligé de chauffer, même doucement, pour dissoudre un fluorure sans perte de gaz fluorhydrique. Les fluorures précipités sont attaqués, à froid, par l'acide sulfurique ; il y a action vive, si l'acide sulfurique est concentré.
Les /luorures naturels ne sont, en général, attaqués par l'acide sulfurique qu'à l’aide de la chaleur (à 50 ou 60°, quelquefois même à l'ébullition). Les acides phosphorique et arsénique agissent à peu près comme l'acide sulfurique, mais avec un peu moins d'énergie.
Action des alcalis et carbonates alcalins. — Par ébullition prolongée avec un de ces réactif, il y a décomposition des fluorures ; mais, en général, elle reste incomplète.
Par fusion au creuset d'argent (1 partie de fluorure, 4 parties
d'alcali ou de carbonate alcalin) et reprise par l’eau, on dissout tout ou presque tout le fluorure alcalin; mais il peut y avoir quelquefois perte avec les carbonates alcalins. On a constaté que la décomposition est facilitée par la présence de l'acide silicique. L'attaque des fluorures devient alors complète ; aussi fait-on l’attaque en ajoutant pour la fusion une quantité un peu forte de quartz, bien que l’on rende plus difficile ainsi le dosage du fluor, qu'il faut ensuite séparer de la silice.
Réactions des fluorures alcalins en dissolution. — Les sels de calcium produisent un précipité blanc, très volumineux, qui reste longtemps en suspension et traverse partiellement le papier, lorsqu'on cherche à le filtrer. Ce précipité est, d'ailleurs, à peu près insoluble dans l’eau, mieux encore dans l'alcool, et très peu soluble dans les sels alcalins et ammoniacaux. Il est soluble à froid dans l'acide fluorhydrique et dans l'acide ue l'acide acétique le rend encore plus difficile à filtrer qu'après précipitation en liqueur neutre.
Les sels de baryum et de strontium donnent des précipités blancs, également difficiles à filtrer, à peu près insolubles dans l’eau, un peu moins dans les sels ammoniacaux.
Les sels de magnésium forment un précipité blanc, insoluble dans l’eau, mais partiellement soluble dans les sels de magnésium et dans les sels ammoniacaux.
Le précipité formé par les sels de lithium est blanc, gélatineux, un peu soluble dans l’eau, plus insoluble en présence d’ammoniaque et de fluorure d’ammonium.
Le précipité de fluorure de cérium est blanc, un peu volumineux, mais facile à rassembler et insoluble dans l’eau seule ou légèrement acidifiée par l’acide fluorhydrique ou par l’acide acétique ; il est insoluble dans l'acide azotique étendu.
L'azotate de plomb forme un précipité blanc, gélatineux, difficile à filtrer, même après repos prolongé, et un peu attaqué par l'acide acétique.
L'azotate mercureux donne un précipité Jaune de fluorure mercureux, soluble dans l’eau, mais entièrement soluble dans un excès du réactif. Cette solubilité a même pu être utilisée pour