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DOSAGE DU FLUOR

Nous examinerons successivement les moyens de dosage de l'acide fluorhydrique dissous, des fluorures solubles et des fluorures insolubles.

Acide fluorhydrique en dissolution. — S'il se trouve seul, on peut employer le procédé acidimétrique, c’est-à-dire verser dans un volume mesuré de l'acide à essayer, placé dans un vase de platine, une solution titrée de soude ou d’ammoniaque, jusqu'à changement de couleur du tournesol ou de la phtaléine du phénol. Le tournesol, la curcuma, le lacmoïde et l'acide rosolique sont aussi de bons indicateurs pour cet acide.

Le dosage peut s'obtenir également en mêlant l'acide avec un poids connu de litharge récemment fondue et porphyrisée, laissant agir plusieurs heures dans un creuset de platine taré, remuant de temps en temps, puis évaporant doucement et chauffant peu à peu jusqu'au rouge sombre. On détermine l'augmentation de poids À de la litharge, où une partie de l'oxygène a été remplacée par une quantité correspondante de fluor. En désignant par x le poids de fluor, on a naturellement :

Lorsque d’autres acides (azotique, chlorhydrique), peuvent se trouver avec l'acide fluorhydrique dans la dissolution, il faut opérer autrement : saturer un volume déterminé au moyen d’une solution étendue de carbonate de sodium ajoutée peu à peu jusqu'à léger excès ; faire alors passer dans une fiole, chauffer et ajouter une solution de chlorure de calcium, qui produit aussitôt un précipité blanc de fluorure de calcium mêlé de carbonate. On lave par décantation en faisant plusieurs fois bouillir avec de l’eau pure, afin de purifier le précipité et de lui donner de la consistance. On le recoit alors sur un filtre, puis on sèche, brûle le papier et porte lentement au rouge dans un creuset de platine. On écrase la matière calcinée, on la traite par de l’eau et un peu d'acide acétique,

dans une capsule de platine ou de porcelaine, on évapore à sec, au bain-marie, jusqu’à disparition d'odeur acétique, on reprend par l’eau chaude pour enlever l’acétate de calcium, on fitre, lave, puis sèche, calcine et pèse le fluorure de calcium CaF*.

On peut contrôler le résultat en transformant le fluorure en sulfate CaSO®* qu'on pèse. Le rapport des poids doit être tel

que :

CaF? 57,35 CaSOï 100

Fluorures solubles. — La méthode qui vient d’être exposée en dernier lieu peut être appliquée au cas des fluorures en dissolution, moyennant quelques précautions particulières.

L'addition de carbonate de sodium en excès détermine la précipitation plus ou moins complète des bases autres que les alcalis; le précipité devra donc être bien lavé, une première fois avant et une seconde fois après dessiccation à 100°, afin de lui enlever les sels solubles qui l’imprègnent.

Il peut rester dans la solution, avec le fluorure alcalin, des bases non précipitées par le carbonate alcalin seul, mais susceptibles d'être entraïnées dans le précipité de carbonate et de fluorure de calcium. Il importe de s'assurer s’il n’en reste pas dans le précipité desséché et traité par l'acide acétique. Il faudra, pour cela, après avoir pesé le fluorure de calcium, plus ou moins pur, le transformer en sulfate de calcium, peser de nouveau et comparer les poids; ils doivent répondre à la relation :

DIAACARE ESS DCS OH TIO0

Fluorures insolubles, mais décomposables par l'acide sulfurique. — 1° Fluorures anhydres. — Si l’on a affaire à un fluorure anhydre, on le dessèche, puis on en prend un poids P réduit en poudre fine, on le traite par l'acide sulfurique concentré et, peu à peu, on chauffe jusqu’au rouge sombre, pour expulser le fluor. On fait sur le résidu le dosage exact du métal ou des métaux M. La différence P — M est Le poids cherché du fluor.

Si la calcination conduit à des sw/fates bien neutres, on peut les redissoudre, doser l'acide sulfurique et calculer le fluor correspondant, ce qui permetde ne pas tenir compte des pertes auxquelles peut donner lieu la silice. Un exemple assez fréquent se rencontre dans les échantillons de spath-fluor (fluorure de calcium) mêlés de barytine ou de quartz; la transformation par l'acide sulfurique donne, après calcination, du sulfate de calcium avec le sulfate de baryum ou avec une partie seulement du quartz, l’autre partie ayant été volatilisée sous forme de fluorure de silicium. En dissolvant le sulfate de calcium par l'eau et déterminant le poids du sulfate dissous ou celui de l'acide sulfurique de ce sulfate, on calculera aisément le poids correspondant de fluor :

CaF? __ 57,35 dar F2 47,5 CaSOi 100 CE SOS 400 2° Fluorures hydratés. — La présence de l’eau combinée

dans les fluorures rend le dosage incertain ; car la vapeur d’eau dégagée sous l'influence de la chaleur décompose partiellement la plupart des fluorures; il peut y avoir perte d'eau, d’acide fluorhydrique et même d’autres fluorures volatils. On atténue, mais on n'empêche pas entièrement la perte des éléments autres que l’eau par le mélange préalable avec de l’oxyde de plomb porphyrisé. Il y a donc incertitude sur le dosage réel de l'eau et, par suite, sur celui du fluor, qui s'obtient par différence.

3° Dans les fluorures insolubles, qu'ils soient anhydres ou hydratés, mais entièrement exempts de silice et de silicates, on peut doser le fluor en le dégageant, à l’état d'acide fluorhydrique, dans un appareil en platine, tel que celui qu'ont employé Jannasch et Rôttgen !.

Fluorures insolubles, avec ou sans silicates. — Berzélius a donné une méthode générale pour la recherche du fluor, applicable même dans le cas où il serait associé à du quarlz ou à des silicates.

On peut supposer, par exemple, que la matière à essayer contienne, avec le fluor et la silice, de l’alumine, de la chaux,

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