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SULFURE DE CARBONE

DM) CS? — 76 |S2— 84,21 100,00

Ce composé, correspondant par sa formule à l’anhydride carbonique CO?, se produit par l'action directe des vapeurs de soufre sur le charbon au rouge. Il est liquide à la température ordinaire; son poids spécifique est 1,27 à + 15°; il bout vers 46°,5 et possède une tension de vapeur de 12°*%,8 de mercure à 0°, de 29°%,8 à + 20° Il est peu soluble dans l'eau (1,78 pour 1 000).

Il est utilisé comme dissolvant d’un grand nombre de substances : huiles grasses et essentielles, corps gras, éther, camphre, caoutchouc, soufre, sélénium, phosphore, iode, brome; les chlorures, bromures, iodures de soufre, de phosphore, d’arsenic et d’antimoine s’y dissolvent, tandis que les sels haloïdes des métaux et les sels oxygénés y sont à peu près insolubles.

On a souvent recours au sulfure de carbone dans les laboratoires pour dissoudre le soufre et en débarrasser les sulfures d'arsenic et d’antimoine précipités; on s’en sert aussi pour dissoudre le brome et l’iode, qui le colorent l’un en brun, l'autre en violet de teinte vive et caractéristique.

IL est employé en quantités importantes dans la culture de la vigne pour combattre le phylloxera.

Essar POUR LES LABORATOIRES. — Les impuretés que l'on peut avoir à rechercher dans le sulfure de carbone sont surtout le soufre dissous et parfois le pétrole.

On prend 10 centimètres cubes du liquide, qu'on verse dans une capsule tarée et on abandonne à l'air; au bout d’un jour, le sulfure de carbone a totalement disparu. Il peut rester de petits cristaux jaunes de soufre, que l’on pèse. Si ces cristaux

paraissent imprégnés d'un corps huileux, on les en débarrasse en chauffant à 50° pendant une heure et on pèse de nouveau. DÉTERMINATION DU SULFURE DE CARBONE DANS L'AIR. — (Gelte déterminalion s'effectue facilement en aspirant les vapeurs de sulfure de carbone mélangées à l'air dans un tube chauffé au rouge, où il y a combustion d’après la formule : ÜS2 = 60 = CO2 1 o2S02.

L'’acide sulfureux produit est reconnu et dosé par son action réductive sur l'acide iodique mêlé d’empois d'amidon. Sulfocarbonates. — Le sulfure de carbone en présence des alcalis donne des sulfocarbonates avec des carbonates. 3CS2 © 3KOH = K2003 P 2K20S 23H20.

On prépare dans l’industrie le sulfocarbonate de potassium, employé pour combattre le phylloxera, en agitant en vase clos du sulfure de carbone avec une solution concentrée de sulfure de potassium el chauffant vers 50° (Dumas).

On a proposé divers moyens pour déterminer le titre des sulfocarbonates préparés dans l’industrie.

Delachanal et Mermet se servent d’un sel de plomb, qui forme un précipité rouge de sulfocarbonate de plomb, se décomposant à l’ébullition en PbS et CS*; un courant d'air fait passer les vapeurs de CS? dans un flacon d'huile, dont l’augmentation de poids fait connaitre la proportion de C$?. Les erreurs ne dépassent pas 0,5 0/0, quand on procède avec tout le soin voulu. |

Finot et A. Bertrand se fondent sur la transformation du sulfate de zinc dissous en sulfocarbonate de zine, qu'il suffit de chauffer à 50° ou 60° pour produire une décomposition rapide. Quand la masse est devenue entièrement blanche, on balaye par un courant d’air sec et on pèse. |

On a également employé la décomposition des sulfocarbonates par l'acide arsénieux à chaud (David et Rommier), ainsi que la réaction du bisulfite de sodium ou de potassium, en recueillant CS° dans un tube gradué (Gélis et Thommeret-Gélis).

1. Bidaud, Sociélé nalionale d'Agriculture, novembre 1885, p. 651.

Müntz! a donné une méthode fondée sur la propriété connue de CS? de se dissoudre dans le pétrole, sans qu'il y ait contraction, l'augmentation de volume correspondant exactement, au volume de CS? qui a été dissous. Il suffit de mesurer cette, augmentation et de multiplier par la densité pour avoir Île poids de sulfure de carbone.

L'appareil de Müntz se compose d'un ballon de 500 centimètres cubes (fig. 79), fermé avec un bouchon de caoutchouc aussitôt après l'introduction de 30 centimètres cubes (= 42 grammes) de sulfocarbonate de commerce (d— 1,4), de 100 centimètres cubes d’eau et de 100 centimètres cubes de sulfate de zine (solution salurée à froid), ou de sulfate de cuivre, ou enfin de sulfate de plomb récemment précipité, qui rend le dégagement rapide et plus régulier. |

Le bouchon porte un long tube de dégagement terminé en pointe fine et dont la première partie est entourée d'un réfrigérant. L'extrémité du tube plonge dans une cloche graduée de 60 centimètres cubes de capacité, divisée en dixièmes de centimètre cube, où l’on a versé par avance 30 centimètres cubes environ de pétrole ordinaire. On a pris note du volume qu'il occupe.

4. CR.,t. XCVT, p. 1430, mai 1883; Soc. d'Encourag., t. X, p. 420, septembre 1883; Encyclopédie chimique, IV, p. 75.

En agitant le ballon, on mélange les liquides et on détermine un dégagement de CO? et C$?; le gaz CO? barbotte dans le pétrole. Quand il ne se dégage plus bien à froid, on chauffe doucement le ballon, en refroidissant le tube par un courant d’eau, et on pousse jusqu’à l’ébullition pour chasser les dernières parties de CS? entrainé par la vapeur d’eau. Quand il y a environ 12 à 15 centimètres d’eau condensée dans la cloche graduée, on chauffe davantage, on arrête le courant d’eau et on retire lentement le tube de la cloche graduée, pour faire écouler tout le liquide sous l’action de la vapeur non condensée, mais sans attendre qu'il y ait échauffement de celui-ci par la vapeur d’eau.

On lit le volume total du liquide, on retranche le volume de l’eau condensée, qui se sépare très nettement au fond du tube après quelques minutes; on ajoute 0°°,2 comme correction, pour tenir compte de la mince couche de pétrole adhérente au tube, et on multiplie le volume final par 1,27, pour avoir le poids de CS. L'opération dure de trente-cinq à quarante minutes; l'erreur ne dépasse pas 0,3 p. 100 de sulfocarbonate.

Il arrive parfois, avec les sulfocarbonates très riches, qu'il se dissolve assez de CS? dans Le pétrole pour former un mélange plus dense que l’eau, et que la colonne de pétrole se trouve ainsi séparée en deux par l’eau condensée. On doit alors lire d’abord le volume total, puis incliner doucement le tube en le bouchant avec le doigt, de façon à réunir les deux portions du pétrole, enfin remettre en position et attendre un quart d'heure avant de lire le volume de l’eau qui s’est rassemblée au fond du tube gradué.

SÉLÉNIUM Se = 79

ÉTAT NATUREL

Le sélénium a été découvert par Berzélius, en 1817, dans les résidus de fabrication de l’acide sulfurique provenant d'une usine qui employait le soufre des pyrites de Fahlun (Suède).

C'est une substance rare, jouant dans la nature un rôle analogue à celui du soufre ; elle existe en petite quantité dans certains soufres natifs et dans quelques pyrites de fer et de cuivre, elle forme quelques séléniures métalliques rencontrés dans le Harz, en Norwège, au Mexique et dans la République Argentine.

Parmi les minéraux riches en sélénium, la séléniure de plomb (clausthalite) est le moins rare; on connaît aussi les séléniures de mercure (tiemannite), de plomb et de mercure (lerbachite), d'argent (naumannite), de plomb et de cuivre (zorgite), de cuivre (berzélianite), de cuivre et d'argent (eucaïrite), de cuivre et de thallium (crookésite).

Les deux sources de sélénium les plus importantes sont au- Jourd’hui, d’une part, la zorgite, que l'on rencontre en certaine quantité dans la République Argentine, et, d’autre part, les boues déposées dans les bonbonnes de condensation de l’acide chlorhydrique, qui à été fabriqué à l’aide d'acide sulfurique provenant du traitement de certaines pyrites.

PROPRIÉTÉS

Le sélénium affecte, comme le soufre, divers états allotropiques.

On peut distinguer notamment les variétés solubles dans le sulfure de carbone et les variétés insolubles :

1° Le sélénium noir, déposé par l’action de l'air sur les solutions de séléniures alcalins, identique au sélénium grenu, cristallin, obtenu par refroidissement lent du sélénium fondu ; cette variété est insoluble dans le sulfure de carbone ;

2° Le sélénium rouge amorphe, insoluble dans le sulfure de carbone, déposé par l'acide sulfureux ou par électrolyse d'une dissolution d'acide sélénieux au pôle négatif; il parait à peu près semblable au sélénium vitreux obtenu par refroidissement brusque ;

3° Le sélénium rouge amorphe, soluble dans le sulfure de carbone, obtenu par décomposition d’une solution d'hydrogène sélénié par la pile au pôle positif, ou par l’action de l'air;

4° Le sélénium rouge cristallisé, en petits grains d'un rouge foncé, produit par le refroidissement d'une solution de sélénium dans le sulfure de carbone.

Sous ces divers états, il possède des densités variant entre 4,26 et 4,79 et des chaleurs spécifiques différentes.

Le sélénium se ramollit progressivement sous l'action de la chaleur, et ne devient complètement liquide qu'au-dessus de 250°. IT n'a pas non plus de point déterminé de solidification. Il bout vers 665°, d'après Troost, en donnant des vapeurs d'un rouge brun, moins foncées que celles du soufre.

Les vapeurs de sélénium donnent, lorsqu'on les surchauffe, un beau spectre d'absorption avec bandes nombreuses dans le bleu et le violet.

Comme le soufre, il peut fournir un spectre primaire de bandes(t. 1, /ig. 51), s'observant dans la flamme du sélénium et dans celle du gaz mélangé à la vapeur de sélénium; et un spectre secondaire de lignes (#g.52?), quand on emploie la bobine.

La conductibilité électrique du sélénium varie avec la quantité de lumière qu'il recoit, propriété qui a été utilisée dans le photophone et le radiophone.

Le sélénium brüle dans un courant d'oxygène avec une amme bleu livide et se transforme en anhydride sélénieux. Chauffé sur un charbon au moyen du chalumeau, il dégage une odeur de raves pourries.

Chauffé avec de l'acide azotique, il donne de l'acide sélénieux; avec l'eau régale, il donne un mélange d'acides sélénieux et sélénique. Calciné avec du nitre, il fournit du

séléniate de potassium.

On distingue, à côté d'un sous-oxyde hypothétique, auquel

on a attribué l'odeur particulière du sélénium qui brûle : L'anhydride sélénieux SeO? et l'acide sélénieux HSe0*: L'acide sélénique HScO*.

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