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SÉPARATION DE L'ACIDE PHOSPHORIQUE ET DE BASES DIVERSES

A. Alcalis. — I. La séparation de l'acide phosphorique et des alcalis se fait aisément par l’azotate d'argent. La solution, neutre ou faiblement azolique, est additionnée d’azotate d'argent, puis de carbonate d'argent pour neutraliser. la liqueur. Le phosphate d'argent, dont la précipitation est complèle sans chauffer, est lavé avec soin, puis dissous dans l'acide azotique étendu. L'argent est précipité par de l'acide chlorhydrique et lacide phosphorique dosé dans la liqueur filtrée sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien.

La liqueur débarrassée du phosphate d'argent sert au dosage des alcalis.

[IT Dans lecas d’une solution chlorhydrique, les sels d'argent peuvent être remplacés par de l'acétate et du carbonate de plomb. Le précipité formé de phosphate et de chlorure de plomb est traité par l'acide azotique et le plomb précipité par l'acide sulfarique et l'alcool. La liqueur filtrée sert au dosage de l'acide phosphorique par la mixture magnésienne, après élimination de l'alcool par ébullition.

La liqueur, séparée du phosphate de plomb, est débarrassée par l'hydrogène sulfuré de la petite quantité de plomb restée dissoute ; elle ne contient plus que les alcalis que l'on sépare par les méthodes particulières.

HT. Si la liqueur est chlorhydrique, on peut encore ajouter du chlorure ferrique, neutraliser par l’ammoniaque, faire bouillir, séparer le phosphate et l’oxyde ferrique, puis doser les alcalis dans la liqueur filtrée.

L'acide phosphorique combiné au fer seul reste sur le filtre; on le sépare par l’une des méthodes indiquées plus loin (D, E).

B. Terres alcalines. — X. La solution azotique ou chlorhydrique est précipitée par addilion d'acide sulfurique et d'alcool. Les sulfates de calcium, strontium, baryum, sont séparés par filtration. L'alcool est chassé par ébullition et l'acide phosphorique précipité par la mixture magnésienne.

S'il n'y a que des sels de baryum, il suffira d'employer l'acide sulfurique pour en opérer la séparation préalable, on dosera ensuite l'acide phosphorique.

Il. L'emploi de l'azotale de bismuth dans les conditions indiquées plus haut pour le dosage de l'acide phosphorique (p. 519) convient très bien aussi pour opérer sa séparation des alcalis, des terres alcalines et même de l'alumine et pour le dosage ultérieur de ces bases.

IT. Magnésie. — La liqueur est additionnée de chlorure ferrique et de carbonate de baryum ; on abandonne plusieurs heures à froid en agitant de temps à autre.

L'oxyde ferrique précipité entraîne l'acide phosphorique. La liqueur filtrée contient la magnésie et la portion de la baryte qui s'est dissoute ; on y précipite la baryte par l'acide sulfurique et la magnésie par le phosphate de sodium et l’ammoniaque.

C. Alumine et oryde de fer.—X. La solution azotique reçoit de l'étain en grenaille représentant environ 6 à 7 fois le poids supposé d'acide phosphorique. On chaulfe six heures.

Le précipité formé contient de l'acide métastannique hydralé et du phosphate d'étain avec un peu de phosphate d’alumine et de phosphate ferrique. La liqueur filtrée contient la plus grande partie de l’aluminium et du fer. Elle peut encore contenir une

pelite quantité d’étain, si l'acide azotique n’est pas assez concentré. |

Le précipité bien lavé est mis en digestion avec du sulfure d'ammonium pendant deux heures. L’alumine et l'oxyde de fer entrainés avec l'acide phosphorique restent seuls insolubles, à l’état d'oxyde et de sulfure ; on les retient sur un filtre et, après lavage, on les dissout par l'acide azotique étendu et on les joint à la solution azotique des bases.

La liqueur sulfhydratée qui contient l’étain et l'acide phosphorique est précipitée directement par la mixture magnésienne.

Il. L'emploi du molybdate d'ammonium dans les conditions indiquées plus haut (p. 531) donne de bons résultats. Cependant ia séparation des oxydes d'avec l'acide: molybdique est assez pénible et même incomplète dans certains cas.

D. Bases précipitables au moyen du sulfure d'ammonium.— 1. La solution chlorhydrique est additionnée d'acide tartrique, de sel ammoniac, d'ammoniaque et de sulfure d’ammonium. Après repos, on retient les sulfures sur un filtre et l’on additionne la liqueur de mixture magnésienne pour doser le phosphore. Le précipité, redissous dans l'acide chlorhydrique, puis reproduit par l’'ammoniaque et un peu de mixture sert au dosage du phosphore.

Les bases débarrassées d’acide phosphorique sont séparées les unes des autres par les méthodes ordinaires. Cette façon d'opérer ne convient pas en présence du nickel qui se sépare incontplètement.

IT. En présence du nickel et de la plupart des métaux, on peut avoir recours à la précipitation de l'acide phosphorique par l’étain, suivant la méthode décrite plus haut (p. 536).

E. Bases précipitables par l'hydrogène sulfuré. — La solution chlorhydrique est traitée par un courant d'hydrogène sulfuré; les métaux précipités à l’état de sulfures sont recueillis, lavés, puis séparés et dosés.

L'acide phosphorique est déterminé dans la liqueur à l’aide de la mixture magnésienne, avec les précautions d'usage.

F. Toutes les bases à l'exception de l'alumine (et de l'oxyde mercurique). —4a solution azotique placée dans une capsule de platine est additionnée de mercure métallique, puis chauffée au bain-marie jusqu'à évaporation complète. Il doit rester une petite quantité de mercure libre. On reprend par un peu d’eau et on renouvelle l’évaporation jusqu’à disparition complète de toute odeur d’acide azotique.

En reprenant une dernière fois par l’eau chaude, l'acide phosphorique reste complètement insoluble avec de l’azotate basique de mercure et un peu de mercure métallique. Si la solution primitive contenait du fer, il s’en trouverait une petite partie dans ce résidu insoluble. Les autres bases passent dans la liqueur; on les sépare en utilisant les méthodes connues.

Pour déterminer l’acide phosphorique insolubilisé, on attaque le résidu par un mélange de carbonates de sodium et de potassium en chauffant d'abord lentement pendant une demi-heure sous une hotte à fort tirage, puis portant au rouge vif. On reprend par l'eau chaude après refroidissement de la masse fondue. On filtre, s’il y a lieu, pour séparer l’oxyde de fer entrainé et, après sursaturation de la solution par l'acide chlorhydrique,on précipite par l’ammoniaque et la mixture magnésienne (Rose).

G. Métaux proprement dits. — L'emploi des méthodes électrolytiques présente de sensibles avantages pour la séparation de l’acide phosphorique et de divers métaux, qui peuvent être déposés par le courant, tels que l’antimoine, l’étain, le cuivre, le cadmium, le nickel, le cobalt, Le zinc et le plomb.

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