‹ Traité d'analyse des substances minérales (volume 2)Chapitre 247 sur 320 · DOSAGE DE L'ACIDE ARSÉNIQUE A L'ÉTAT D'ARSÉNIATE URANIQUE · texte numérisé non relu

DOSAGE DE L'ACIDE ARSÉNIQUE A L'ÉTAT D'ARSÉNIATE URANIQUE

On peut employer pour le dosage de l’acide arsénique une méthode imitée de celle que Leconte a donnée pour l'acide phosphorique, fondée sur l'emploi de lacétate ou de lazotate acétique. Ce procédé réussit assez bien en présence des sels alcalins et ammoniacaux (Werther,.

On ajoute un excès de lessive de potasse ou d’ammoniaque ; puis on acidifie assez fortement par l'acide acétique ; il faut qu'il n’y ait aucun dépôt. On met alors dans la liqueur de l’acétate uranique et on fait bouillir ; le précipité est lavé par décantation à l'eau bouillante, puis sur le filtre. Il est verdâtre, très gélatineux et répond à l’une des formules : UO?H° AsO! 4aq ou UO?2AzH'AsO! EL » aq, suivant que l’on a opéré en l'absence ou en présence de sels ammoniacaux.

Ces deux précipités sont également insolubles dans l’eau, l’acide acétique et les sels alcalins, mais très solubles dans les sels minéraux. Le lavage est assez long, à cause de la consistance muci:agineuse du précipité, qu’il est difficile de recueillir intégralement. On sèche et sépare du filtre qu'on imprègne de nitrate d’ammonium et qu’on brûle; puis, on calcine le précipité en atmosphère oxydante. S'il est ammoniacal, 1l faut expulser peu à peu l’ammoniaque en élevant très progressivement la température, comme il à été dit pour l'arséniate ammoniaco-magnésien, ou bien on calcine dans un courant lent d'oxygène ; on obtient le composé 2(U0*)As?07,

Le précipité calciné est jaune pâle; il est un peu verdâtre, sil y a eu commencement de réduction; on lui rend sa couleur

570 ANALYSE DES SUBSTANCES MINÉRALES jaune en l’imprégnant d'acide nitrique et calcinant de nouveau, 1 partie de 2{(U0?)As?07 correspond à 0,186 de As ou 0,261 de As?20°.

Méthode volumétrique. — L'acétate uranique ou mieux l'azotate uranique (préféré parce qu'il ne se décompose pas à la lumière comme l’acétate et qu'il donne une précipitation plus prompte), est surtout appliqué au dosage volumétrique.

On l’emploie en liqueur titrée contenant environ 20 grammes d'oxyde uranique par litre et aussi peu acide que possible. Pour le litrage, on se sert d’arséniate de sodium pur en quantité exactement pesée ou d’un poids connu d'acide arsénieux pur, que l’on transforme en acide arsénique par ébullition avec l'acide azotique concentré. On verse un excès d’ammoniaque, puis de l’acide acétique jusqu’à réaction acide. On fait ensuite couler peu à peu la solution uranique en remuant avec la baguette et essayant de temps en temps jusqu’à ce qu'une goutte, placée sur une assiette à côté d’une goutte de prussiate Jaune de potasse, donne une coloration brun rouge sur la ligne de contact.

On doit recommencer l'expérience avec les mêmes réactifs et le même volume de liqueur sans arséniate, pour savoir quelle est la quantité de solution uranique nécessaire pour produire la coloration et qu'il faut, par conséquent, déduire du volume mesuré dans le dosage. Il faut, d'ailleurs, s’astreindre à employer dans tous les cas le même volume de liqueur arsénicuse.

La méthode, pour être bien satisfaisante, exigerait une complète identité de volume et de concentration des liqueurs.

Le procédé à la touche ne peut convenir en présence des métaux qui forment, comme Île cuivre, un précipité coloré avec le cyanoferrure de potassium ; on pourrait le remplacer par le procédé de Malot, fondé sur le changement de coloration qu'éprouve la liqueur contenant quelques gouttes de teinture de cochenille, lorsqu'on y verse un léger excès d’acétate uranique. (Voir p. 526.)

EMPLOI DU NITROMOLYBDATE.

Quelquefois on isole l'acide arsénique des acides et des bases

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en le précipitant à l’état d'arsénio-molybdate d'aninmonium ; cela suppose qu'il n'existe #? acide phosphorique, ni silice. On opère à peu près comme cela a été indiqué pour l'acide phosphorique, en mêlant la dissolution azotique d’arséniate à la dissolution azotique de molybdate d’ammonium ; le mélange reste limpide à froid, mais se colore en jaune ; chauffé un peu longtemps entre 80 et 100°, il laisse déposer un précipité jaune, insoluble dans l’eau et dans l'acide azotique étendu, surtout en présence d'un excès de molybdate d'ammonium. La précipitation n'est pas complète en présence d'acide chlorhydrique ou de chlorures. Ce précipité, pesé après dessication, renferme d'après l'analyse de Séligsohn : 87,666 pour cent d'acide molybdique; 6,308 d'acide arsénique; 4,258 d’ammoniaque ct 1,768 d’eau t. Mais la pesée directe sous forme d’arséniomolybdate peut occasionner de fortes erreurs, soit par l'entrainement d'acide molybdique en excès, soit à cause d’une précipilalion incomplète ; la méthode n’est donc pas à conseiller. Il vaut mieux redissoudre le précipité par l’ammoniaque et ajouter la solution magnésienne, pour peser sous forme de pyro-arséniate Mg*As?07.

DosaGE DE L'ARSENIC A L'ÉTAT DE SULFURE.

Dans certains cas déterminés, où l'on peut être certain que l’arsenic se trouve entièrement à l'étal d'acide arsénieur, 1 est possible de le doser directement en le transformant en trisulfure As?5.

A. — Supposons d'abord que la dissolution d'acide arsénieux ne renferme aucun oxydant.

On acidifie assez fortement la liqueur par l'acide chlorhydrique, puis on fait arriver un courant d'hydrogène sulfuré en évitant le contact de l'air. On chasse ensuite l'excès du réactif par un courant d’acide carbonique, continué pendant une heure environ. On reçoit enfin le précipité jaune de sulfure sur un filtre taré sec, on lave, on sèche à 100° el on pèse le trisulfure AS.

S'il restait un peu du précipité collé à la fiole où il s’est pro-

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