Trailé d'analyse chimique, I, p. 889 et
seuls sont solubles, et ils le sont d'autant plus qu'ils contiennent plus d’alcali; ceux qui ne renferment que 8 à 10 0/0 d'alcali sont à peine solubles. Traités par beaucoup d’eau, ils sont décomposés en partie; l'excès d’eau dissout l’alcali de la partie décomposée, avec une portion de la silice, tandis qu'une autre portion se dépose à l’état gélatineux. C'est un effet analogue qui a dû se produire dans le phénomène naturel de la kaolinisation des feldspaths.
S. alcalino-terreux.— Les silicates de baryum, de strontium et de calcium ne sont décomposés par l’eau qu’au bout de fort longtemps; si l'on traite par l’eau un mélange de silicate et de base libre (comme on en produit par la calcination de Ja silice et d'un carbonate, on peut dissoudre la base libre seule.
S. métalliques. — Les silicates de ce genre sont insolubles et indécomposables.
2° SILICATES MULTIPLES. — On ne peut pas dissoudre entièrement dans l’eau les silicates multiples renfermant des bases autres que les alcalis.
L'eau décompose, mais très lentement, ceux qui contiennent peu d’alcalis ou une proportion un peu forte de baryte, de strontiane ou de chaux.
Elle est sans action sur les silicates dont tous les oxydes sont insolubles.
Vapeur d’eau. — Surtout à température élevée et sous forte pres:ion, la vapeur attaque énergiquement tous les silicates, simples ou multiples, formés par des alcalis, en séparant l'acide silicique. Elle agit probablement aussi sur les silicates renfermant des terres alcalines.
Ces actions ont quelque importance pour l'explication de phénomènes naturels, mais ne sont pas utilisées pour les analyses à cause de la longue durée de temps qu'elles supposent.
Action des acides.
L'acide fluorhydrique décompose ous les silicates; l'attaque se fait à froid. Dans les analyses, on complète toujours l'action de l'acide fluorhydrique par celle de l'acide sulfurique en chauf-
flant au rouge sombre; on chasse ainsi tout le silicium et on ne conserve que des sulfates.
L'acide sulfurique atlaque un grand nombre de silicates ; on l’emploie cependant assez rarement, à cause des difficultés que peut créer sa présence.
L'acide chlorhydrique agit moins énergiquement.
L'acide azotique à encore moins d'action.
On appelle silicates facilement altaquables, ecux qui sont entièrement décomposés par l'acide azotique ou au moins par l'acide chlorhydrique. En général, ce sont ceux qui contiennent une faible proportion de silice et une forte proportion de bases.
Les acides très faibles, acétique, carbonique, n’agissent que sur les silicates alcalins et alcalino-terreux ; ils agissent très lentement sur ceux qui contiennent assez de silice pour la formule 3S10?.2\P0 (trisilicates), plus complètement sur ceux répondant à la formule Si0*.2\°0 (monosilicates). C'est ainsi, par exemple, que les eaux chargées de CO? enlèvent peu à peu la chaux au monosilicate CaSi0* ou Si0?. 2Ca0 des mortiers hydrauliques.
Action des alcalis et des carbonates alcalins.
En dissolutions concentrées, il y a attaque partielle et dissolution d’une partie de la silice du silicate; les bases en général restent indissoutes à l’état d'oxydes ou de carbonates, mélangés à la partie non attaquée du silicate.
L'énergie de ces dissolutions sur les silicates bien porphyrisés est comparable à celle de l'acide azotique étendu; elle s'exerce plus aisément sur les silicates plus acides.
L'action des alcalis et des carbonates alcalins est beaucoup plus énergique par voie sèche; nous y reviendrons en parlant de la désagrégation des silicates en vue de l'analyse complète.