‹ Traité d'analyse des substances minérales (volume 2)Chapitre 28 sur 320 · Bôrrçcer, Journal für praktische chemie, CNII, p · texte numérisé non relu

Bôrrçcer, Journal für praktische chemie, CNII, p

Le gaz ammoniac donne des fumées blanches au voisinage des acides volatils (acides chlorhydrique, azotique, acétique), fumées qui résullent de la condensation des vapeurs en sels solides blancs. On les constate ordinairement, lorsqu'on approche de la dissolution chaude ou froide une baguette trempée dans l'acide chlorhydrique. C'est le plus sensible des réactifs; mais les vapeurs acides, en se condensant au contact de la vapeur d’eau dissoute dans l'air, peuvent donner lieu à une méprise. L'acide acétique donne une réaction du même genre, moins sensible, mais plus sûre.

Les sels ammoniacaux sont tous volatils ou décomposables, à une température peu élevée. Leurs dissolutions sont incolores. Ceux qui sont formés par des acides forts sont neutres aux couleurs végétales; ceux à acides faibles bleuissent le papier de tournesol rougi.

On reconnait l’'ammoniaque dans ses sels en les humectant d’eau et les broyant avec de la chaux éteinte, ou en les chautffant avec une lessive de potasse ou de soude et appliquant aux vapeurs dégagées les caractères précédents (odeur, fumées blanches). Il faut d’ailleurs chauffer peu de temps pour être sûr que l’ammoniaque dégagée ne provient pas de la décomposition par la potasse ou la soude de matières organiques azotées. Lorsqu'on a quelque doute, le mieux est d’employer pour base fixe la #agnésie qui ne décompose pas les matières organiques ; on Ja mêle à la matière et on imprègne d’eau; puis on chauffe doucement, ou bien on met la magnésie en poudre dans la dissolution et on chauffe.

Les sels ammoniacaux forment avec le chlorure de platine un précipité jaune de chlorure double (2AzH*CI.PtCI*) d’une couleur jaune citron, plus clair que le sel double de potassium et de platine, et, comme lui,composé de petits octaèdres durs. Le précipité est un peu soluble dans l’eau, surtout dans l’eau chaude. Aussi ne se fait-il qu'en liqueur très concentrée, et mieux en liqueur alcoolique.

Ils donnent, avec l'acide tartrique ou le tartrate acide de sodium, un précipité blanc de tartrate acide (AzH#.H.C{H:06),

qui ne se produit d'ailleurs que dans les dissolutions concentrées et se dissout dans l’eau et les acides.

Le phosphomolybdate de sodium produit un précipité jaune, même dans les solutions étendues de sels ammoniacaux acidifiées par l'acide azotique (Sonnenschein).

Des réactions beaucoup plus sensibles pour reconnaitre la présence de l’ammoniaque ou des sels ammoniacaux sont fournies par le bichlorure et par le biiodure de mercure.

Dans de l’eau contenant une très petite quantité d'ammoniaque libre ou carbonatée, si l'on verse quelques gouttes de bichlorure de mercure, il se fait un précipité blanc qui est du chlorure de dimercure-ammoniwum ou chloroamidure de mer-

cure :

2A7H8 + HgCl° — AzH°HeCl + AzH'CI.

Si la proportion d'ammoniaque est tellement petite que ce précipité n'apparaisse pas, on le rend visible au bout de peu de temps, en ajoutant quelques gouttes d’une solution de carbonate de potassium ou de sodium, parce qu'il se forme un composé du chlorure précédent avee de l'oxyde de mercure (AzHHgeCI + Hg0); mais il faut employer très peu des deux réactifs pour ne pas être exposé à voir se produire un préeipité Jaune d'oxychlorure de mercure.

Un se/ ammoniacal neutre, en très petite quantité, peut être mis en évidence par la même réaction, si l'on verse dans la solution quelques gouttes de bichlorure de mercure et de earbonate alcalin (Bohlig, Schæyen).

Les moindres traces d'ammoniaque ou d'un sel ammoniacal se reconnaissent aisément au moyen du réachf de Nessler, qui est une solution de biodure de mercure dans l’iodure de potassium (tome Î, p. 448).

Ce réactif très fortement alcalin, mélangé avec un liquide qui renferme de l'ammoniaque ou un sel ammoniacal, produit aussitôt un précipité brun rouge, qui est de l’odure de létra-mercure-anmonium :

2 (Hgl2.2K1) + 3 (KOH) + AzH5 — AzHg?l + 7KI + 3H20,

avec de simples traces d’ammoniaque, on voit une coloration jaune, due à Ja même réaction.

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