Comples rendus, 21 juin 1887; Ann. des mines, 1898, I
On s'assure que le réactif est en excès, en prenant avec la baguette de verre une goutte du liquide et la déposant sur une assiette en contact avec une goutte de ferrocyanure de potassium ; celle-ci doit être colorée en brun par le sel uranique, s’il en reste dans la dissolution.
Le précipité est reçu sur un filtre, lavé à l’eau pure, puis séché et séparé du papier, qu'on brûle à part. La composition du précipité desséché à 100° est celle d’un vanadate d’uranyle et d'ammonium : Va?05.2U°0%.(AzH:?0 + H°0.
Grillé à l'air, au rouge, il perd l’eau et l’'ammoniaque contenues et prend une coloration jaune pâle. Il répond alors à la formule Va*05.2U?0% et renferme 24,22 0/0 d'acide vanadique.
Le dosage sous cette forme ne réussit pas seulement en présence des alcalis et des terres alcalines, mais aussi avec la plupart des oxydes métalliques, dont les acétates résistent à l'ébullition. Il convient notamment pour isoler l'acide vanadique des oxydes de manganèse, de zinc et de cuivre qui l’accompagnent dans un certain nombre de vanadates naturels.
Mais 1l faut observer que le sel uranique ne peut servir à séparer l'acide vanadique ni des acides phosphorique et arsénique, qui se trouvent fréquemment dans les mêmes minerails, parce qu'ils sont entièrement précipités, ni de l'acide molybdique ou de l'acide tungslique, qui sont, au moins partiellement, précipités par le même réactif.
2° Sulfovanadates.
S'il n'y a aucun autre sel fixe, on peut doser le vanadium en évaporant à sec et calcinant le résidu avec de l’azotate d'ammonium pour transformer le sulfure ou acide vanadique. On redissout dans l’eau légèrement azotique et on termine en appliquant une des méthodes précédentes.
Les sulfovanadates et les sulfhypovanadates peuvent être exactement décomposés par l'acide chlorhydrique, employé d'abord à l’état de concentration ordinaire, puis étendu d’eau lorsqu'on approche de la neutralisation ; mais il importe de n'em-
VANADIUM 193
ployer que la quantité d'acide strictement nécessaire. On laisse évaporer à froid Jusqu'au lendemain en fiole couverte, de manière à conserver une atmosphère d'hydrogène sulfuré; si l’on reconnait qu'il y a eu insuffisance d'acide et que la liqueur est encore un peu Jaunâtre, on complète la décomposition. Lorsque la liqueur parait bien incolore, on la décante et on s'assure, en ajoutant du sulfhydrate, qu’elle ne se colore nullement en brun, mais prend seulement la couleur jaune du sulfhydrate : sinon, il faudrait la décomposer une seconde fois.
La précipitation est alors complète; la coloration par le sulfhydrate est un caractère assez sûr.
On reçoit le précipité sur un filtre et on le lave aussitôt à l'eau froide. S'il a fallu précipiter en plusieurs fois, il faut avoir soin de décanter sur le même filtre, et de ne recevoir les précipités qu à la fin, pour ne pas les laisser séjourner sur le filtre. On achève aussitôt le lavage et on laisse sécher. Si l’on venait à laver une seconde fois le précipité plus ou moins desséché, l'eau de lavage renfermerait du vanadium par suite de dissolution dans l'eau de produits d’altération du sulfure.
On sépare du filtre après dessiccation, on brûle le filtre à part dans une capsule tarée; on ajoute le précipité dans la même capsule, on chauffe doucement pour brûler le soufre, on humecte d'acide azotique, on évapore el calcine en poussant jusqu'à fusion. On pèse Va*0° (44. Carnot).